Les conseils Méga-cons de Camille en matière de sexualité

Par Camille

Il y a des jours agréables, comme ceux où @Mégaconnard sur twitter, aka Jérémy pour les intimes me dit « j’aimerai bien avoir des articles avec des signatures du web à l’ouverture de mon site ». Moi, toujours bonne poire « tu veux qui comme contact ? » lui, toujours flatteur « mais toi ». Ah. Bon. Ca me plait bien comme concept d’être une signature du web.

Voici donc en avant première pour megaconnard.com, les conseils mégacons de Camille en matière de sexualité. Pour bien faire les choses, je vous propose trois conseils.

1) N’écoutez aucun conseil (même les miens), à la limite ceux de votre partenaire

Proche du paradoxe d’Epiménide, « n’écoutez aucun conseil » est un conseil stupide, à la fois trivial à suivre et impossible à tenir. De fait, si vous l’écoutez, vous ne l’écoutez pas et réciproquement si vous ne l’écoutez pas, vous l’écoutez. Vous admettrez, j’espère, chers lectrices et lecteurs, que je fais dans la connerie de haute volée.

En matière de sexualité, il faudrait surtout apprendre à n’écouter que soi, son corps, sa respiration, ses sensations… Eventuellement, je veux bien admettre qu’il faut aussi écouter les conseils de sa ou son partenaire si vous vivez une sexualité à deux, voire de ses partenaires si vous vivez une sexualité à plus que deux.

Pour le reste, personne n’a à vous dire si vous faîtes trop long ou trop court parce que d’un/e partenaire à l’autre, la notion de « trop long » ou « trop court » changera. Parce que si vous avez besoin de 23 minutes et 32 secondes pour jouir, et que vous détestez la pénétration, tout conseil pour vous expliquer pourquoi la pénétration qui dure 2 minutes et 53 secondes est parfaite sera stupide.

Personne n’a à vous dire pourquoi vous devriez adorer la pénétration anale que vous soyez un homme ou une femme mais surtout un homme parce que ça stimule la prostate et le point G masculin, personne n’a à vous dire pourquoi vous êtes bizarres de refuser la fellation… c’est votre corps, soyez fermes là-dessus.

Vous avez le droit d’être curieux mais vous avez aussi le droit de ne pas l’être.

Vous avez le droit d’être polyamoureux mais vous avez aussi le droit d’être fidèle et heureux.

Il devrait y avoir des droits imprescriptibles du baiseur à la façon des droits imprescriptibles du celui du lecteur de Pennac. Il y aurait, à mon sens :

– le droit de ne pas faire de sexe et d’arrêter quand on veut

– le droit de se masturber

– le droit de ne pas jouir

–  le droit de ne pas hurler, de ne pas parler

– le droit d’utiliser des objets et accessoires

– le droit de changer de position

– le droit de faire du sexe n’importe où (enfin soyez prudents)

– le droit d’essayer des choses nouvelles

– le droit aux fantasmes les plus étranges

– le droit de garder pour soi ses fantasmes

2) Mentir

Comte-Sponville ouvrait son petit traité des grandes vertus par la politesse, qu’il définit comme la plus petite des grandes vertus, reprenant à sa façon la maxime de François de la Rochefoucauld « l’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu ». Dit autrement, les moralistes du passé le savent : mentir est une qualité qui évite de froisser autrui. Il vaut mieux être « poli », « hypocrite » et dire à un/e partenaire que vous l’adorez et que vous n’êtes pas en forme aujourd’hui plutôt que de lui avouer que ses trois kilos de trop vous paralysent et que vous la ou le reverrez après son régime.

En matière de sexualité, je ne saurai que trop vous encourager au mensonge. Le mensonge est la seule façon de garder à la fois l’usage des droits imprescriptibles du baiseur et de préserver l’ego de votre partenaire.

Il ne s’agit pas de mentir en promettant de vous marier ou en jurant fidélité à un coup d’un soir, on n’est plus au XVIIIème siècle.

Il s’agit de mentir pour ne pas pourrir d’un coup votre susdit coup d’un soir.

Prenons un exemple. Claude et Dominique sont dans un lit en position du missionnaire. D’un coup, Dominique dit « tu me sens là » et bien, Claude devrait éviter de répondre « pas trop non » parce que l’ego de Dominique se sentirait très mal et leur partie de jambe en l’air risquerait l’arrêt immédiat. Claude pourrait dire diplomatiquement « ça te dit une levrette ?».

L’autre mensonge quasi-obligatoire, c’est lorsque votre partenaire vous demande de raconter vos fantasmes ou pose des questions inquisitrices sur votre masturbation… Il faudrait qu’il ou elle comprenne qu’être votre partenaire de sexe ne lui donne pas le droit de fliquer votre sexualité.

Si vous fantasmez dru sur la pervenche qui vous a mis 1000 euros de PV la semaine dernière, il y a un risque léger mais réel que votre partenaire vous traite de pervers !

Les fantasmes, l’imaginaire, ne sont pas la réalité et ne regardent que vous. Quand quelqu’un demande à savoir, le plus souvent, il ou elle va projeter ses propres fantasmes… ce qui peut marcher sur un malentendu donc n’en dîtes surtout pas trop. Si vous avez envie de jouer, et que votre partenaire est très agréable à regarder, racontez quelques fantasmes classiques qui l’exciteront juste ce qu’il faut. C’est une forme de politesse.

3) Être imaginatif… dans la limite du respect de chacun et de la loi.

Enfin, la sexualité est une des dernières zones de plaisir et d’exploration infinie que l’on peut avoir adulte, seul(e), avec quelqu’un qu’on aime (ou pas), qui peut s’essayer gratuitement, un terrain de jeu comme il n’en existe nul autre (sous réserve de bonne santé of course)… Le festival x-plore s’occupe précisément de stimuler l’imagination, les sens en action (l’odorat, la vue, le toucher, l’ouïe, le goût) et tout ce qui pourrait vous titiller. Osez donc imaginer des sexualités bizarres, osez rêver, osez essayer, ne serait-ce que pour savoir ce que vous n’aimez pas.

Bon évidemment, si vraiment vous avez envie de relation avec un chien, on a un problème avec le consentement. Vous vous limiterez donc au fait que le chien vous prenne s’il en a envie mais soyez conscient que l’inverse est impossible, c’est sous le coup de la loi contre la torture sur animaux.

De même, ne tentez pas d’obtenir le consentement d’un mineur, c’est illégal.

La limite du respect de chacun inclut le consentement bien sûr, cela inclut également de se protéger (oui je suis une pub vivante pour le préservatif, le meilleur moyen de faire du sexe sans risquer sa santé), y compris pour des rapports bucco-génitaux.

Cet article touchant à sa fin, je me dis que des conseils méga cons, il y en a un nombre infini mais que finalement tous les conseils en matière de sexualité sont forcément cons en vertu de mon conseil numéro 1 et de l’intimité de la chose. Je vous laisse dénouer les fils de ces nœuds gödeliens, pendant ce temps là, je vais faire du sexe.

http://blogs.lexpress.fr/sexpress/

@camille_69

 

17 commentaires

  1. très bon article, plein de bon sens, et beaucoup plus facile à lire que le Théorème d’incomplétude de Gödel.

    Sinon, comment fait-on pour devenir une signature du web ?

    Il faut coucher?

  2. @Palaume bien sûr qu’il faut coucher, sinon comment tu fais pour écrire? bon, puis tu connais encore mon adresse et j’ai toujours un rends qui t’attend jusqu’à ce qu’il ne t’attende plus 😉
    L’autre solution pour devenir une signature du web est peut-être d’écrire souvent et d’avoir un vil flatteur dans ses relations.

    @Lauvergnate 🙂 c’est très gentil 🙂

  3. … …
    Il est vrai que le titre du billet est ici très important (sourire) et ta réflexion souligne bien la « vastitude » des aspirations de chacun en matière de sexualité, et que les quêtes de chaque individu sont multiples en fonction des périodes de leurs vies, leurs humeurs, leurs personnalités, des rencontres qu’ils ont faites etc…
    Je ne vais pas partir dans un commentaire interminable (merde c’est raté !) ce que j’ai déjà fait ici, mais juste soulever le fait que je ne suis pas tout à fait d’accord avec : « Les fantasmes, l’imaginaire, ne sont pas la réalité et ne regardent que vous. »
    Tu conseilles (je sais bien avec légèreté, c’est une remarque personnelle et non une critique que je fais ici) de ne pas trop en dire. Je pense au contraire qu’il ne faut rien refouler de ce côté là, ne pas hésiter à en parler (voire même très directement ) échanger avec des ami(e)s et sa, son ou ses partenaires. Les fantasmes et l’imaginaire en matière de « cul » d' »amour » de « sexe de »sexualité » appelons ça comme on veut, sont intimement liés au côté cérébral de la sexualité si important et essentiel pour atteindre l’excitation et le plaisir ultime, s’épanouir …
    Ne pas en parler pourrait être le meilleur moyen de nier ou ne pas aller vers ce qui nous attire, nous excite. Ne pas en parler serait le meilleur moyen de se créer des frustrations. Et une vie sexuelle épanouie dans un couple (ou pas) c’est quand même « sympa » (clin d’œil) pour l’épanouissement personnel.
    Je pense que tu parles peut être d’une première fois avec quelqu’un, dans ce cas là oui… Effectivement il a une pudeur naturelle sur ses fantasmes etc… Il faut le temps de découvrir l’autre … Découvrir ce qu’il a dans le ventre et dans le tête … Parfois il ne faut pas de temps, on se « check » très vite. Il faut peut être savoir poser les bonnes questions et avoir une faculté behavioriste (je me la pète ! hihi), sensuelle de se « brancher  » sur l’autre .

    Enfin bref , les fantasmes, l’imaginaire sont ce que j’appelle « les trucs auxquels tu penses quand tu te branles » et là tu touches un truc essentiel car ce sont les stimulus de ton excitation (ce ne sont pas forcément des choses compliquées ou perverses etc…) , ils sont essentiels au plaisir, à une sexualité épanouie.
    Tout ça pour dire que à « Les fantasmes, l’imaginaire, ne sont pas la réalité et ne regardent que vous. »… Je réponds « Les fantasmes, l’imaginaire sont une réalité en matière de sexe et ne regardent pas que vous ».
    (Bla bla bla… Je stoppe hein ? 😉

    Je me relis et je me marre car je trouve ce commentaire beaucoup trop sérieux pour le SuperTwitto que je suis… Mais bon… Je cliquerai dans une minute sur « Poster le commentaire » quand même !
    Finalement, en donnant des conseils en matière de sexualité on peut vite se sentir « Méga-con »et pas vraiment utile car tout ça est si propre à chacun… Alors bravo Camille pour ce billet de haute voltige !

    Ma bite et moi retournons à nos tweets « méga cons » dans le monde merveilleux de notre compte twitter c’est quand même vachement plus méga simple…

    @SuperTwitto

  4. @SuperTwitto je ne parle pas seulement d’une première fois. La plupart du temps, les gens qui te demandent tes fantasmes attendent que tu leur parles des leurs. Lis le premier livre de Karin Bernfeld dont le titre m’échappe à l’instant. Elle raconte son expérience d’animatrice minitel rose, c’est intéressant mais il n’est évidemment pas question pour elle de raconter ses vrais fantasmes.

    Dans la vraie vie c’est pareil, si tu commences à dire que tu trippes sur l’idée d’être pris par un chien, tu as 95% de chances d’être jugé et mal jugé, 4% de chances de te retrouver avec un procès au cul, 0,9% de chance pour qu’on t’écoute sans jugement et 0,1% de chances pour qu’on te réponde « ah j’ai un copain qui a un chien qui pratique ça régulièrement » ou « moi aussi c’est mon fantasme » et de pouvoir échanger. TU me diras, évidemment ce 0,1% de chances là peut se tenter. (les pourcentages sont de mon inspiration et n’ont aucun fondement scientifique)

    Le nombre de mecs qui se font traiter de pervers finis lorsqu’ils demandent à leur femme une fellation encore de nos jours c’est flippant… ou de nanas qui se font traiter de putes parce qu’elles fantasment sur un autre homme que le leur… Non vraiment, je maintiens mon idée (qu’il ne faut pas écouter comme le dit mon premier conseil), ne pas dire c’est fantasme me parait une bonne façon de les faire fonctionner.

    On peut parler de sexe avec plein de gens et que ça alimente tes fantasmes, tu peux en dire certains mais à mon avis, pas tous et surtout pas avec qqun avec qui tu envisages de faire qqchose. Sauf relation très approfondie, plutôt BDSM où le fantasme sert effectivement à alimenter les mises en scène et la sexualité mais là encore même si les questionnaires qu’on trouve sur le net sont très fournis, ils laissent je pense une part à l’imaginaire qui fait que les protagonistes vont y trouver leur compte avec des malentendus de partout.

    Je suis adepte de la phrase « l’amour ça peut marcher sur un malentendu »

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