C’est un cri, c’est un chant, Bye Michel Sardou

Texte par @marion_Mdm et Illustration par @t0adscroak

Ce matin, la France s’est réveillée dans le froid, le gris et la brume et a appris la tragique nouvelle : un de ses chanteurs populaires était mort dans la nuit, la laissant orpheline de sa pensée novatrice et rafraichissante. Michel Sardou, l’incroyable auteur des « Lacs du Connemara», qui a fait un retour en force cet été avec une version modernisée de son tube « Femme des années 80 » en faisant danser toute la jeunesse en polo de France sur les dance-floors des discothèques au mois d’août est mort cette nuit, vraisemblablement d’une crise cardiaque.  Selon la rumeur, cet infarctus serait dû à la vision apocalyptique d’une France à mise à feu et à sang par le mouvement social, ou bien à l’ingestion d’un hamburger Quick de provenance Hallal.

Illustration par Toad pour voir son site tu clique sur l'image

Partout en France les hommages se multiplient : Florent Pagny s’est le premier exprimé sur sa mort, regrettant un chanteur engagé dont il s’est lui-même inspiré dans sa croisade contre les impôts et sa récente sortie contre ces jeunes qui ne parlent plus français, et aurait dit « Michel m’a tout appris » avant de fondre en larmes. Nicolas Sarkozy a avoué que les disques de Michel étaient ses disques de chevet et a instauré le jour de sa mort comme férié pour les années à venir, il a également annoncé que son tube « Les ricains » serait désormais au programme des classes de troisième, dans un devoir de commémoration.

Michel, je me permets de l’appeler Michel, car il était comme un père spirituel pour la pensée moderne, nous laisse orphelins de 40 ans de musique, sa musique, celle qui nous a fait danser, du mariage de la cousine Jeanne au weekend d’intégration de Sup de Co Rouen.

Il y a eu Michel l’américain, pour qui si les ricains n’étaient pas là nous serions tous en Germanie. Il y a eu Michel l’africain, qui, oui monsieur, a fait la colo, Dakar, Conakri, Bamako, où il avait la belle vie, au temps béni des colonies. Il y a eu Michel, l’amoureux, pour qui courait la maladie d’amour, ou encore Michel le positif, qui était pour, oui, tellement pour.  Je retiens aussi Michel l’amoureux des femmes, qui de 1980 à 2010, trouvait qu’il ne fallait pas laisser des créatures aussi fragiles travailler, car elles ont plus besoin de l’amour d’un homme que d’un métier qui les paie mal.

Michel, chanteur cosmopolite et engagé, tu es parti trop tôt. La France avait encore besoin de toi, nous t’attendions sur des sujets comme l’atroce pillage que subissent les grands artistes avec Internet et le piratage, sur la pénurie d’essence qui empêche d’honnêtes gens d’aller travailler et d’écouter ton œuvre dans leur voiture, sur la réforme des retraites, ou encore sur la peur croissante  que des gens  comme nous avons de nous faire braquer dans la rue en allant acheter une baguette de pain. Michel, toi seul aurait été capable de nous faire rire et chanter sur tous ces sujets graves. Ah, Michel pourquoi es-tu parti?

Le BDE de HEC a décidé d’aller déposer un pull saumon sur ta tombe, Benjamin Lancar a lancé l’idée d’un nouveau lipdub sur l’air des « Bals Populaires » en ton hommage et un certain Emery D. compte chanter « Femme des années 2010 » à ton enterrement, et sa version sera disponible dès le lendemain sur toutes les plateformes de téléchargement légal.

Au revoir Michel, tu nous manqueras.

Marion

www.mondedemarion.info

t0ad

http://telex.blog.lemonde.fr

www.unsitesurinternet.fr

12 commentaires

  1. Je suis traumatisé. Je pense renoncer à avoir des enfants. Qu’ils puissent vivre dans un monde où Michel Sardou n’est plus là me paraît totalement inconcevable.

    RIP Michel Sardou. Sans toi, les soirées dansantes des Jeunes Pop ne seront plus jamais les mêmes.

  2. Je suis tristesse. Tristesse, bien sûr, car Michel nous a quitté prématurément. Jean-Yves (c’est comme cela que je me plaisais à l’appeler dans l’intimité, encore que je me demande à présent si je ne confonds pas avec mon doberman à qui j’essaie tant bien que mal d’apprendre la langue de notre tout aussi regretté Führer), Jean-Yves, donc, laissera dans nos coeurs meurtris le glas final d’une France perdue, et ses nombreux orphelins le pleureront longtemps.

    Cependant, je suis également joie. Joie et allégresse, en effet, de voir devant nos yeux ébahis renaître la flamme passionnée et contestataire qui lui était si chère.

    Marion, merci de faire revivre un tant la passion de Sardou.

    Merci, et bravo.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>