(Pétasse de) parisienne : mode d’emploi – Episode 1 – Le métro

Tu viens de ta campagne, t’es montée à Paris pour bosser et tu crois que tu vas te fondre dans le décor.

Tu te fourres le doigt profond dans l’œil, Heidi, on t’a reconnue nous, parisiennes de souche.

Parisienne : une race d’exception menacée par le venue dans la capitale de pièces rapportées du fin fond de la province qui pensent pouvoir acquérir la nationalité française comme ça, car oui « parisienne » c’est une nationalité vu que Paris c’est la France.

Et comme le dit Sarko faut un minimum connaître les bases du pays dont tu veux devenir citoyen. Sa langue, ses valeurs, ses coutumes.

Alors si tu veux espérer obtenir un jour le privilège de devenir parisienne quelques règles de base.

On pourra pas dire après que la parisienne est pas sympa, en tout cas elle aime filer ses tuyaux, ça la met en valeur.

Episode 1 : dans le métro

Tu n’achètes pas des tickets, c’est ringard. Tu devras te procurer un pass Navigo, une merveille de technologie qui soi-disant fonctionne même à travers l’épaisseur de ta poche ou de ton sac à main. C’est pas vraiment vrai mais tu t’en fous. Tu le mettras dans ton sac (un 24h de Gérard Darel mais on t’expliquera ça plus tard) de préférence jamais au même endroit comme ça tu oublies où il est. Conséquence : tu frotteras avec agacement ton sac côté gauche, côté droit, de gauche à droite comme si y avait un code-barres intégré. Surtout prends ton temps. Cette technique n’a d’intérêt que si une queue de parisiens agacés commence à se former derrière toi. S’ils ruminent, l’air exaspéré, qu’ils en viennent aux insultes, c’est gagné.

Tu peux ensuite faire mine de le chercher directement dans ton sac le satané pass qui ne passe pas vraiment à travers un sac de filles.

Une fois sur le quai tu ne montes pas au hasard dans une rame, ça ne se fait pas. Tu réfléchis à ton itinéraire. Le changement à place d’Italie sur la ligne 6 direction Etoile c’est la 3ème porte du 2ème wagon et pas ailleurs. Si tu arrives de la ligne 6 à Nation et que tu veux prendre la 2 direction Dauphine tu prends le sens interdit et tu suis pas tous ces moutons qui se tapent un gros détour en prenant la correspondance officielle. *

T’as autre chose à foutre qu’abîmer ta nouvelle paire de Gaspard Yurkievich (ça aussi faudra t’expliquer).

Une fois dans le wagon tu t’assois, tu t’en branles des autres. Et même si des pieds doivent être écrasés, des mains broyées, des petites mamies bousculées. Et surtout tu ne te lèves pas quand il y a du monde. Les autres, ils sont pas aussi fatigués que toi. T’as qu’à voir ils marchent pas avec des talons de 15 cm et ils vont pas passer une journée aussi éprouvante que la tienne à courir les ventes privées (ça aussi faudra t’expliquer, décidément t’as encore beaucoup de choses à apprendre Laura Ingalls). Si des gens ont le culot de te faire une réflexion désobligeante t’as qu’à monter le son de tes écouteurs, si tu te sens tu peux les insulter mais je pense pas que tu sois mûre pour ça encore.

J’oubliais un truc que vous, bouseux, adorez faire c’est dire « bonjour » en montant dans le métro. Ah ça les provinciaux de merde, on vous reconnaît à 3 km, et pas seulement à cause de l’odeur de bouse de vache que vous rapportez du salon de l’agriculture sur la ligne 12. D’ailleurs va comprendre pourquoi vous êtes prêts à payer plus de dix euros pour entrer dans une ferme alors que vous pouvez le faire chez vous. Vous nous faites bien marrer quand même.

Vous parlez fort, vous rigolez, vous dites bonjour aux gens, vous respirez la joie de vivre. Tout ce qui nous débecte. Le sourire est interdit, la politesse prohibée.

Une fois assise tu sors ton magazine, si t’en as pas c’est encore mieux : tu lis celui de ton voisin. Si au passage tu pouvais lui foutre des miettes de pain au chocolat dessus te gêne pas… oui « pain au chocolat », « chocolatine » tu oublies, ça fait plouc… ce que tu es encore.

Oui, tu manges un pain au chocolat, t’as pas eu le temps de petit déjeuner, c’est has been le p’tit dej. Dans l’autre main ton tumbler Starbucks (tu sais pas ce que c’est ? bah cherche,  google c’est pas pour les chiens) avec ton thé acheté chez Mariage Frères dedans.

Une fois que tu es arrivée à ta station pile poil devant le couloir de la correspondance officielle ou officieuse tu cours en bousculant les gens. Comment ça t’es pas pressée ? Comment ça t’es pas en retard ? D’une : tu te dois d’être en retard, t’as pas que ça à foutre d’être à l’heure, de deux, même si t’es pas en retard (faudra y travailler) tu cours tu t’en fous et me demande pas pourquoi c’est comme ça.

J’trouve que tu poses un peu trop de questions, si tu veux tes papiers Heidi va falloir la fermer et m’écouter.  La prochaine fois je te parlerai de la banlieue, pour ça aussi faut des papiers.

*trajets établis sous contrôle du grand Beth Din du métro

22 commentaires

  1. Vraiment bon article.
    Sur cet épisode en tout cas, je reconnais bien la mentalité parisienne et l’éducation que cette ville m’a fournie durant 24 ans !
    Je fais partie des gens qui s’énèrvent dans la file derrière le tourniquet quand la fille fait du repassage sur le scan Navigo.
    Bon le truc c’est que je n’en ai jamais vraiment croisé une qui dure suffisamment longtemps pour que tout le monde l’insulte. J’attends ça avec impatience.

    Alors je sais pas si j’ai un gêne bouseux quelque part, mais quand je cogne quelqu’un je dis « pardon » … et après je me parle tout seul en disant « pourquoi c’est moi qui m’excuse?! »
    Ça m’est arrivé pas plus tard que ce matin, et j’arrive pas à guérir.
    Any clue?

    (oui, le parisien aime bien caser quelques mots d’angliche ça fait fash’ & glam’)

  2. Et si d’aventure tu croises des gamins dans une rame, ne manifeste aucun signe d’attendrissement s’il-te-plait, ça risquerait de trahir tes origines de bouseuse mal dégrossie. Lève plutôt ton sourcil impeccablement épilé en signe d’irritation. En cas d’humeur vraiment vacharde, tu peux aussi enfoncer l’un de tes 15 cm dans une de leur start-rites. Mais dans ce cas, retiens-toi ab-so-lu-ment de présenter tes excuses… ça ruinerait tous les efforts que tu as déjà fournis.

  3. Les provinciaux ont l’air beaucoup plus sympas que les parisiens en effet, en tout cas c’est la première chose qu’on ressent en lisant la chaîne de messages (!). Ça respire la sympathie et ça donne vraiment envie de se connaitre. Pas du tout négatifs ni complaisants comme les parisiens moyens, aucune haine, pas du tout en train de pourrir les autres, plein de bons sentiments, de bonne humeur. Love boat!
    (wow!)
    Une Lyonnaise

  4. Je suis Lyonnais mais je constate que je suis une parfaite parisienne aussi ^^

    Seule exception : indulgence et légère politesse avec les veilles de chez vieille et les tout perdus de chez tout perdu.

    Sinon no compassion – no smile – no stress! Je connais toutes les astuces pour éviter tous ces gens qui me font chier ds mon monde & qui me font perdre mon temps qui est précieux!

  5. @saab B. : le net est un vrai bonheur pour les gens qui portent des jugements à l’emporte pièce et qui ne savent pas lire… et dsl de te décevoir mais sur que je serais pas seule ;)

  6. Et si on connait des vrais parisiens ne répondant à aucune de ces caractéristiques (Si si j’vous jure, ça existe!!! Et croyez moi, je suis la première étonnée) se doit-on de les dénoncer???
    (Bien sûr, ça reste une question, je ne suis pas en faveur de la délation…)^^

    Sinon, J’adore, j’adhère… Et j’en veux encore!!

  7. la vraie parisienne ne prend pas le métro, elle se déplace en joli vélo pour ne pas abîmer ses pierre hardy. Parfois, elle oublie où elle a garé son vélo la veille…

  8. ouais j’avoue j’ai fauté sur le Gérard Darel mais certaines parisiennes espèrent tromper leur monde en continuant d’en porter…
    Pour le téléphone je pense qu’il y aurait un billet à faire seulement sur ce sujet là…
    l’épisode 2 arrive très bientôt
    merci pour vos messages

  9. Miss Precious: Excuse-moi ô Miss Precious de savoir lire, et d’avoir lu ton commentaire sans discerner une once de second degré dans ton propos…

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