un chien aux abois, toute ta meuf à moi

Certains jours tout nous tombe dessus. On ne se laisse pas guider par l’entrain mais par une lassitude qui sait que si elle se recroqueville sur elle-même, c’est au pied d’un mur de déprime qu’on finira.

Cette fatigue est souvent non expliquée d’ailleurs. Elle est comme sa propre cause et c’est en cela qu’elle nous terrasse divinement.

Dans ces jours de possession intense, je me laisse vite aller à toutes les propositions qui pourraient me tirer hors de chez moi. J’accepte le premier verre proposé en DM, si la photo de profil convient un minimum. Et encore, j’avoue, ma faiblesse me pousse même à croire que c’est la photo qui n’est pas terrible, que la fille sera plus belle que le carré qui la cache si bien.

« Un de ces 4, comme today, toi et moi on pourrait prendre un thé… je viens justement d’en acheter j’en ai chez moi ».

On attire généralement mon attention en rivalisant de rock and roll et d’attitude et c’est ce qui me plait mais aujourd’hui la torpeur me faisait me projeter dans l’ambiance cosy d’un intérieur accueillant, chaleureux. Je me vois déjà gémir en inhalant un parfum de papier d’Arménie, ou repartir avec quelques sablés maisons, un tupperware… un doggy-bag pour remercier un doggy-style.

Je n’ai jamais cherché l’image d’une mère dans les femmes que j’ai possédées mais je me serais laissé aller entre les seins felliniens d’une femme aussi généreuse qu’une grand-mère des campagnes, chaleureuse. Et puis cette tweepie attire mon attention sur le fait que le thé ne se boit pas dans un lieu public, c’est un plus.

Je me mets en route. Je prends le bus parce que ce n’est pas loin. Sur le chemin j’allume mon smartphone et je recompile les infos et les impressions, essayant de faire la part des choses entre les deux d’ailleurs. Je suis à peu près certain d’aller chez une fille qui ne sera sans doute pas très jolie, ni même bien faite, mais qui sera généreuse, rassurante. Même si je ne sais pas de quoi, je sens que ça va me consoler.

Elle me sert effectivement un thé qu’elle sort d’un emballage neuf. Je commence à me demander depuis quand elle a prévu tout ça ou si c’est un hasard pour elle que ça ait marché. C’est quand même moi le prédateur, oh ! Passons…

Elle me fait la conversation et me parle de « lui » : monsieur est prétentieux, toujours à faire semblant d’être dans mille projets avec des gens connus, qu’il lui fait irrémédiablement penser à un des personnages de Fred dans le SAV, celui qui croit connaître tout le monde. Elle m’explique que son succès sur twitter lui a fait prendre un boulard qui n’a d’égal que les insultes qu’il profère envers ceux qui osent se mettre dans son e.chemin. Je l’écoute. J’écoute toujours dans ces moments là.

Vos femmes ont souvent besoin de ce premier passage à l’oral avant le second.

Elles ont l’impression de se dédouaner, de vous faire payer. Et moi je me sens comme le justicier, le héros ordinaire du sexe. Mon super pouvoir n’est pas sous ma ceinture, non, il est dans l’approbation que je mets dans le sourire qui leur fait prendre confiance. Le reste n’est que triste factualité.

Elle continue et la description qu’elle fait de monsieur est de plus en plus chargée. Soit elle est hystérique, soit c’est le dernier des connards. Elle va jusqu’à me donner les détails d’une anatomie peu favorable, contre exemple de pas mal d’idées reçues sur les blacks et les métisses. C’est au bord des larmes qu’elle éclate de rire en me disant qu’en elle-même elle nomme son sexe « sa dreadlocks de trop »…

Les choses prennent une drôle de tournure. J’ai très envie de demander qui est ce monsieur mais mes règles me l’interdisent. Quand on joue le jeu que je joue, on doit se fixer des règles et les respecter sinon, c’est la fin de la tranquillité.

C’est mal parti. Je suis là, assis sur un canapé assez chic dont les arrondis rouges du dossier sont confortables, dans une ambiance tamisée. De ma main je caresse les reliefs qu’offrent les dessins découpés sur le velours – comme des motifs de plantes herbacées imaginaires et de symboles royalistes. Sur  le mur sont peints en trompe l’oeil des rideaux de théâtre, pour cette comédie qui me touche malgré moi. Comme si je sentais la présence malfaisante du concubin honteux.

Les parfums du thé se mêlent effectivement à ceux des restes d’encens et tout est rassurant, tout est comme je l’avais imaginé ou presque. La douce, dont la générosité n’est pas que sous-jacente, dont le sein est si chaud, sous son physique un peu enrobé mais très assuré, est en train de pleurer, à moitié allongée, la tête sur mon genou. Et je la console.

Ce ne sera pas pour aujourd’hui. C’est certain. Elle insiste pour que je revienne le lendemain et je lui promets dans un premier temps par compassion.

Je suis en train de me laisser aller, mon esprit rêvasse par la porte fenêtre entrouverte qui donne sur le rez-de-jardin, ma main caresse ses cheveux. Elle pleure et continue de parler de lui en insultant cette « petite bite qui n’est que le nègre d’un gota qui a bien changé ». Je me suis mis sur pilote automatique.

Tout va alors très vite. La clef a tourné dans la porte d’entrée, je me lève d’un bon. Elle me regarde atterrée en indiquant la sortie sur le jardin par gestes, elle s’agite, reprenant conscience de la réalité.

Les deux dernières images qui me restent sont visuelle : elle se dépêchant de tomber ses habits pour faire semblant de prendre une douche; et sonore : ça tambourine sur une porte alors que je m’éloigne et je crois distinguer le prénom hurlé « ChAAaarles » mais je ne suis pas sûr d’avoir bien entendu.

Le lendemain, je suis retourné chez cette tweepie et j’ai fait l’amour passionnément à ce corps rond, chaud et accueillant. J’ai joui sur ses seins en pensant : « un chien aux abois, toute ta meuf à moi. »

15 commentaires

  1. C’est quoi cette manie de jouer à « qui à la plus grosse? »
    Il y a peut-être des fautes, le faire remarquer Ok, après je ne vois pas l’utilité d’en faire tout un fromage, on s’éloigne du sujet.

    @Trollator J’ai bien aimé ton billet et je ne critiquerais pas les fautes si il y en a, en faisant beaucoup moi même.

    bisou!

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