Un samedi soir sans mon boss…

Il est deux heures pour la seconde fois cette nuit. Ma montre est cassée, et je suis seule dans mon lit.

Il y a une heure, alors qu’il était déjà 2h00, j’étais dans ce bar branché de la rue de Berry.

 Après avoir enchaîné trop de Mojitos pour fêter l’anniversaire de Vaness, je me suis retrouvée à moitié vautrée sur le bar, à rouler une pelle d’adolescente à un mec de 10 ans de moins que moi, juste parce qu’il avait un piercing à la langue.

Je lui ai dis un truc du genre :
– Hey, mais t’as un piercing toi… ? C’est cool, fais voir…
Il m’a regardée l’air mi-inquiet mi-amusé. “Sorry, i don’t speak french…”
Ma veine.
Reconnexion de tous mes neurones encore exploitables, peu nombreux :
– Hum.. You have got a piercing on your tongue ! c’est cute… Show me your tongue pour voir !
Là, il a tiré la langue, définitivement amusé. Il a fait glisser son bijou le long de ses dents blanches, avec une dextérité assez excitante, et moi, dans mon ivresse, je me suis entendue lui demander :
– Waoh, can i kiss u to see if it is good kissing a man with a piercing…

Je n’ai pas eu le temps de finir ma phrase que je me suis retrouvée avec sa langue dans la bouche, comme aspirée. Dans l’élan, j’ai cogné ma montre sur le comptoir, et elle s’est arrêtée. Il était deux heures. Le baiser de mon étranger avec son petit bout de métal qui me taquinait la langue m’avait violemment échauffé l’esprit. 
Et j’aurais volontier fini la nuit avec lui, si mes copines n’étaient pas venues me récupérer au bar, consternées par l’attitude de leur amie trentenaire qui emballe goulûment un petit touriste teenage imbibé de bière…
Pas marrante mes copines.

Ça, c’était il y a une heure, quand il était deux heures…

Après, il y a eu le taxi, France Info, l’envie de vomir parce que trop bu, et enfin, la recherche de mes clefs dans mon sac… Devant ma porte… Assise dans l’escalier… Puis allongée sur le palier…

Foutues clefs, foutue vie et foutu chat qui ne m’accueille même pas. Sert à rien celui là.
Envie d’Alexandre… Tellement banal.
Alors, j’ai retiré mes talons, et encore titubante, j’ai attrapé mon sextoy rangé dans le tiroir de ma table de nuit. Tellement banal aussi.

J’ai laissé tomber ma robe, mon soutien-gorge, et j’ai commencé à faire couler l’eau de mon bain, tout en nettoyant cet excès de maquillage qui me ressemble si peu.

Puis, j’ai attrapé le pommeau de douche et me suis allongée dans ma baignoire, dans un fond d’eau, chaude et apaisante.
 J’ai fermé les yeux pour faire finir Alex à moi, pour m’inventer une nouvelle histoire…
Où sommes-nous ? Qu’est-ce que je porte ? Qu’est-ce qui poussera mon boss à se jeter sur moi… ?
Ça y est. Je nous vois, nous sommes sur le tapis rouge de son bureau.

Je lui ai apporté des factures à signer. Je me tiens debout à côté de lui. Tandis qu’il s’emploie à relire les documents, je passe ma main dans mes cheveux pour me dégager les yeux, et fais maladroitement tomber le stylo qui servait à les retenir en chignon. Tout en me baissant pour le ramasser, je fais un mouvement qui laisse apercevoir le haut de mes bas. Un détail dentelé qui n’échappe pas au regard d’Alex. Nous nous regardons, gênés. Je suis tétanisée. Il se penche alors sur moi. Je pense alors qu’il veut m’aider à me relever, mais il me bouscule en arrière, et m’allonge sur le sol.
Il se place au-dessus de moi, me dominant. Là, il remonte davantage ma jupe et commence à introduire sa main entre mes cuisses, jusqu’à ce que ses doigts atteignent le satin brûlant de la culotte humide.
J’écarte les jambes et m’enfonce doucement mon jouet, tout en continuant de l’imaginer lui, au-dessus de moi, avec sa cravate qui me chatouille le nez. Je dirige un filet d’eau chaude sur mon clitoris, et commence à le titiller du bout des doigts. C’est tellement bon de l’imaginer me prendre de toute sa force sur ce tapis rouge. Je saisis des deux mains le coin de son bureau pour résister à la violence de ses coups.
Je veux que ce moment dure le plus longtemps possible, mais c’est trop tard…
Je sens déjà l’orgasme raisonner dans tout mon corps, et le plaisir s’échapper sous mes spasmes et mon souffle court.
C’est fini. La sensation d’Alex en moi vient de s’évanouir.

Je sors de ma baignoire, enfile mon peignoir, m’allume une clope, et regarde mon iPhone juste au cas où, l’idiote.

Tiens, il est deux heures. Pour la deuxième fois cette nuit.

Crédits Photo : Lobbiaz

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5 commentaires

  1. Miaaaaaaam ! Putain je suis au boulot, putain je suis au boulot, putain je suis au boulot ;)))
    Merci Emma encore une fois de plus y’a pression sous caleçon lol mais c’est la classe ton style

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