J’ai mis l’amour de coté comme une ficelle de string

Dans le catalogue de l’amour, je ne suis pas à la page.
Si l’amour était aussi accessible que dans les publicités de dentifrice, ton sourire serait la lueur de mes matins, je te dirais « Je t’aime » aussi souvent que « Bonjour ».
L’eau de rose serait l’encre de mon stylo, celui qui te dessinerait ma flamme, une flamme tellement ardente qu’à sa lecture elle te ferait transpirer des yeux.
A mon cœur qui saignerait, tu serais le seul sparadrap. L’amour est aveugle, le mien ne verrait plus que toi.
Et puis tant pis, je t’achèterais un cadeau à la St Valentin, après tout, toutes les fêtes sont commerciales, non ? Même ton anniversaire fait vendre !
Si un jour tu venais à me larguer, je tenterais un énième « come-back », façon Michael Jackson. Mais si tu venais à partir tu emporterais mon cœur avec toi et tu me verrais plus tard, allongé sur un lit d’hôpital, la cage thoracique à l’air, attendant une greffe d’organe.
Moi, philosophe ? Peut-être… Mais ce qui me rapproche le plus de Descartes, c’est que je cogite – quand je pense à toi… je fais les cents pas. Je stresse depuis que j’ai fait ta connaissance, les cigarettes s’enchainent, et aujourd’hui j’ai assez de goudron dans les poumons pour que tu puisses construire l’autoroute qui mènera vers mon cœur. Mais comme sur chaque autoroute, il y a un péage !

Mes sentiments, telle la femme saoudienne, ont besoin d’une révolution pour être dévoilés.
Tu veux que je te fasse part de mes émotions ? Tu veux que je me livre à chaud… mais je ne suis pas une pizza !
Petit à petit, tu voudras m’uriner dessus, et tu voudrais que je sois positif ? Mais je ne suis pas un test de grossesse.
Il faut que je prenne mes distances avec l’amour. Il me serre trop fort, son 90D m’étouffe et ses talons-aiguilles me transpercent le cœur.
Et tant pis si je me répète, mais les hommes ont mis l’amour de coté, comme une ficelle de string, depuis qu’il les accueille les jambes ouvertes

De nos jours, les jeunes, hommes ou femmes, marquent d’une empreinte digitale les endroits intimes de leurs conquêtes « amoureuses ». Les filles ont grandi, elles ne sucent plus… leur pouce. Elles ont pour modèle Paris Hilton ou Lolo Ferrari et diront que l’amour a un arrière-gout de latex. A leur tour, les garçons prétendront que c’est un sport qui muscle les poignets.

Aujourd’hui le meilleur endroit pour faire connaissance n’est plus un café, c’est plutôt MSN ou FACEBOOK, on peut y dire tout et n’importe quoi, pourvu que cela soit suivi d’un « lol ». « C’est quoi ta position préférée ? looool ». Tout se fait à distance, c’est la génération Bluetooth. Les flirts commencent sur FACEBOOK. Le sexe se poursuit par webcam et tes descendants finissent dans un mouchoir au fond d’une poubelle.

A une époque où passer l’aspirateur est motif de rupture dans un couple, où le silicone devient une denrée rare, les querelles amoureuses aboutissent à une séparation et s’il y avait eu des avocats à l’époque d’Adam et Ève, j’aurais pu dire que tous les mariages finissent par un divorce. Alors Céline Dion aura beau chanter toute sa vie… l’amour, tout comme une prostituée vierge, n’est pas fait pour durer.

Il faudra bien plus que de la petite monnaie pour franchir les péages sur l’autoroute de mon cœur.

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