(Pétasse de) parisienne : mode d’emploi – Episode 5 – La drague

Par @lisepressac Si t’as un minimum suivi t’as pas besoin de (re)(re)(re)(re)lire ça mais si tu débarques bah lis l’intro c’est mieux pour toi Laura

Tu viens de ta campagne, t’es montée à Paris pour bosser et tu crois que tu vas te fondre dans le décor.

Tu te fourres le doigt profond dans l’œil Heidi on t’a reconnue nous, parisiennes de souche.

Parisienne : une race d’exception menacée par le venue dans la capitale de pièces rapportées du fin fond de la province qui pensent pouvoir acquérir la nationalité française comme ça, car oui « parisienne » c’est une nationalité vu que Paris c’est la France.

Et comme le dit Sarko faut un minimum connaître les bases du pays dont tu veux devenir citoyen. Sa langue, ses valeurs, ses coutumes.

Alors si tu veux espérer obtenir un jour le privilège de devenir parisienne quelques règles de base.

On pourra pas dire après que la parisienne est pas sympa, en tout cas elle aime filer ses tuyaux, ça la met en valeur.

Illustration de @cylk34

Episode 5 : la drague

Pendant que tu te ridiculisais au milieu de la piste, bah oui y a pas d’autres mots à l’espèce  de choré que tu viens de faire, à mi-chemin entre Ilona et René la taupe, ce sur quoi vous vous éclatez pendant les soirées organisées dans la salle des fêtes de Bessines-sur-Gartempe.

Tu as malgré tout attiré le regard d’un garçon, enfin d’un être masculin, t’as pas non plus tiré le gros lot. Avec ta gueule et tes pommettes roses de campagnarde tu peux pas t’attendre à grand-chose. Le gars a tenté une approche, de là à parler de drague il y a un énorme fossé.

Le gars il a tenté sa chance avec toi parce qu’il s’est pris des vents de partout toute la soirée. Ca s’appelle la dernière chance, le tout pour le tout de 3h du mat’, très répandu en boîte (ce que vous appelez discothèques chez vous ça s’appelle des boîtes chez nous et ça a des noms plus classes que vos macumbas en tous genres). Il a essayé une provinciale pour la simple et bonne raison qu’une parisienne ne se fait pas draguer. Et drague encore moins. Comment elle fait pour choper ? tu me diras. C’est un grand mystère. En fait y a toujours des ratés à une règle. Parfois la parisienne lâche prise, elle sourit, elle est sympa, avenante et répond à l’appel des phéromones. T’emballe pas. Tu verras pas ça souvent. C’est aussi fréquent qu’une éclipse de lune. Ca se compte en décennies. Une parisienne ne sourit jamais. Plus qu’un principe une philosophie de vie. Elle n’est pas agréable, te regarde de haut et n’accepte pas les compliments. Elle cherche l’entourloupe, le coup foireux, juge le parisien mal intentionné. Soit il a juste envie de niquer soit c’est un pari entre potes. Cela arrive, oui. Il y aurait aussi beaucoup à dire du parisien. Vous dans vos campagnes vous analysez pas la situation c’est votre problème. Vous offrez vos cuisses à tout va sans poser de questions. Alors que la parisienne prend du recul. « Il a dit qu’il me trouvait jolie, je sui sûre qu’il ment, même si je sais que je suis hyper jolie. Il m’a dit qu’il avait très envie de moi, tu parles, mon cul c’est du poulet (oui c’est une expression de chez nous qui n’avons jamais vu de poulet en vie) même si franchement je serais un mec j’aurais eu aussi grave envie de moi. » Et le raisonnement peut se poursuivre à l’infini. Un garçon ne peut pas être sincère et il ne sait pas draguer. Comment elle voudrait se faire draguer alors la parisienne ? Tu sais que tes questions sont de moins en moins connes, Samantha !

La parisienne elle voudrait se faire draguer sans se faire draguer. Elle voudrait déjà en être à l’étape d’après. Celle où elle a pas couché le premier soir, parce que ça se fait pas, et qu’elle se contente de soupes de langues avec un garçon joli, intelligent, drôle et pas fauché.

Ouais elle est exigeante la parisienne. Mais du coup les trois quarts du temps elle est célibataire. Mais sache que c’est toujours volontaire, jamais subi. Non mais tu crois quoi, si elle est seule c’est que personne lui arrive à la cheville. Elle se plaint de se faire draguer par des mecs lourds, de tomber que sur des connards. La parisienne mérite mieux que les parisiens, le problème c’est que y a que ça alors elle s’en contente. La chope à Paris c’est dans 99% des cas un malentendu.

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8 commentaires

  1. Vraiment … merci du fond du coeur.
    Je viens de comprendre que mon problème résidait surtout en le fait que j’habite en plein Paris, que je ne sors qu’à Paris et que je ne drague que des Parisiennes.

    Et bien sûr, j’te l’donne en mille … j’ai déjà pécho une Samantha :/

    Bref j’aime.

  2. « si franchement je serais un mec j’aurais eu aussi grave envie de moi. »
    On dit si j’étais un mec. La parisienne ne sait pas s’exprimer correctement ?

  3. @Léa : vous n’avez pas senti le langage parlé, il faut entendre « même si, franchement, je serais un mec… », ou alors « même si… franchement… je serais un mec… », merci pour votre leçon de grammaire, la parisienne apprécie. Bien à vous.

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