Tous mes voeux!

Mes chers Internautompatriotes,

L’année 2010 s’achève. Pour nous, elle a été rude. C’est la raison pour laquelle je veux penser d’abord à ceux que la vie en ligne a durement éprouvés, ou à ceux qui ont perdu leur accès sans en être réellement responsables, à ceux qui sont victimes d’injustices, ou à ceux qui doivent affronter les attaques personnelles ou adressées à l’encontre d’un être cher.

Pour tous les internautes francophones, cette année a été difficile. La crise économique et financière mondiale est venue ajouter son lot de peines et de souffrances sur un combat que nous sentions déjà de tous les instants. Chacun d’entre vous en subit ou subira les conséquences, même si tous ne s’en aperçoivent pas encore. Cette crise a servi de porte-étendard à la création de taxes étranges ou à des réflexions biaisées, sur les enjeux de notre petite nation numérique. Les « box » déposées sous le sapin, les taxes Google ou le remaniement du statut de jeune entreprise innovante laisseront des traces profondes dans le tissu économique local. Elles ont planté aussi les prémices d’un tissu régulatoire, qu’il est de notre devoir de combattre à chaque instant comme une banderille plantée en nos flancs.

Face à ces enjeux, je mesure la responsabilité qui est la mienne. Cette responsabilité je l’assumerai, et ferai en sorte que vous soyez tous prémunis et garants d’un Web libre et non muselé. Afin que notre pays sorte plus fort de cette épreuve. Depuis que les difficultés sont apparues je ne vous ai jamais rien caché et j’ai agi en conséquence. C’est mon devoir. Je l’ai accepté.

La France a exigé des changements pour tenter de moraliser Internet : que soient sanctionnés durement les excès de la websphère qui ont scandalisé à juste titre l’opinion publique hors ligne, les patrons de multinationales et les gouvernements mis en cause. Qu’ils soient inacceptables ou non, tous les excès ont été logés à la même enseigne. Le législateur a tremblé. Il a ouvert la boîte de Pandore de la future censure.

La France a décidé de redonner au réseau une dimension plus humaine, et dès lors plus canalisable, plus contrôlable, plus manipulable. @Pedobear a servi d’épouvantail. Il était loisible de sanctionner sans créer de nouveau statut juridique du web. LOPPSI2 est passée. Nous obtiendrons des résultats lors du prochain sommet de l’ACTA et à l’occasion pourquoi pas, d’une grande fête à l’occasion de la fermeture des sites miroirs Wikileaks, au nom de la morale ou de la raison d’Etat, donné dans une garden party quelconque.

Les difficultés, mes chers internetopatriotes, nous devons mettre tout en œuvre pour les affronter. A condition d’être solidaires les uns des autres. Nous ne laisserons pas les plus fragiles se débattre seuls dans les pires difficultés numériques. Dans l’épreuve, la solidarité internationale du web doit jouer. Désormais, chaque Français qui prendra conscience qu’une application utilisant le web en univers fermé, qu’une offre internet augmenté, ou qu’une fermeture de site pour cause terroriste sans décision de justice est déjà une attaque aux libertés numériques individuelles sera encouragé, valorisé, et devrait être récompensé.

Pour nous en sortir chacun fera des efforts. Et renoncera certes parfois à des facilités. Car de cette crise doit naître un monde nouveau auquel nous devons nous préparer en réfléchissant plus, en investigant davantage, en remettant en cause des réformes qu’il n’est pas question de laisser continuer car ces décisions peuvent s’avérer vitales pour notre vie en ligne à venir. Il ne faudrait pas que ces modèles tentent des géants industriels qui aujourd’hui n’osent pas certaines pratiques par peur de nous braquer, nous voir fuir et avec nous leurs recettes publicitaires.

La crise numérique nous obligera à changer avec plus de célérité et plus profondément. Cette crise est une épreuve. Il faut que mes chers compatriotes vous vous en rendiez compte. Elle est aussi un sacré défi. Ce défi là, nous le relèverons ensemble. Vous pouvez compter sur moi.

Nous avons des atouts considérables. Il y a dans l’Internet quand il est rassemblé assez d’énergie, d’intelligence, de codeurs et de courage pour que nous continuions ensemble à avoir confiance dans l’avenir, même quand celui-ci semble obscurci. Nous allons sortir renforcés de cette crise. Julian Assange ne sera pas arrêté, le data journalisme sera considéré comme une nouvelle forme d’intérêt général. L’internet ne sera pas enfermé dans une boîte. Il restera libre et neutre. Du fond de mon dual core je présente à chacun d’entre vous, par bits interposés ma meilleure e-card pour 2011.

Vive le web, vive la France!

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