confession d’un troll dragueur // fan de toi

Par @trollator

L’engouement pour les LT en « open space » me poussait à sortir et à passer la demi-journée dans un bar.

J’emportais le dernier numéro de Playboy France, un journal plus grand (évidemment), mon laptop et du liquide et je me dirigeais vers un bar que j’apprécie, vers Filles du Calvaire. Je me félicitais moi-même de cette trouvaille. Une journée remplie d’activités identiques : lecture, écriture, internet, tweets, drague, « clash » que ce soit avec des veaux qui se prennent pour des canidés ou des « femmes », des puceaux planqués derrière des avatars vintage et pour lesquels 140 caractères sont un effort intellectuel et grammatical trop poussé mais qui se la jouent grands seigneurs…

Tout cela dans un espace propice aux rencontres en tout genre, où on vous sert le café avec le sourire, où on comble vos appétits à tout moment et sans autre effort que votre main à la poche. D’après mes souvenirs, la serveuse de l’après-midi avait un cul d’enfer. Cette pensée me fit afficher un sourire malgré moi au moment où je posai le pied entre les portes automatiques du milieu de ce double autobus.

Je me repris aussitôt, repensant que j’avais trouvé certains jeudis soirs des fréquentations douteuses à l’endroit : une troupe de puceaux qui riaient et parlaient fort, affichant, malgré un manque de classe certain, l’aisance de ceux qui marchent sur le toit du monde avec un message unique à transmettre, des geeks à la pomme d’Adam en saillie, la voix vibrant encore comme en pleine mue et dont l’assurance vient du clan qui les entoure.

Mais j’en étais presque sûr, ces blanc-becs ne venaient dépenser l’argent de papa que certains soirs… Je ne changeais donc pas de plan. En arrivant je me posais au fond du rade, histoire d’avoir la vue sur qui entre et sort mais de ne pas être non plus dérangé par les allers et venues.

Au bout d’une heure, une portion de frites maison et trois cafés, j’aperçus une très jolie femme entrer. Elle se dirigea vers moi, s’assit à la table d’à côté mais en face de moi, si bien qu’elle faisait face au mur. Étrange. Elle me regardait et ne tarda pas à lâcher, puisque j’étais affairé à mon laptop : « vous twittez ? » Son sourire était grand et franc, un brin de stress qu’elle ne pouvait pas faire cacher au rictus de sa bouche qui tremblotait. Ses traits étaient fins, ses doigts aussi. Elle était très jolie. Des yeux d’un bleu anthracite profond, brune, naturelle. Décolleté sur un pull en laine épaisse, harmonie parfaite des couleurs de la tête aux pieds, même les boucles d’oreilles. J’étais pris de cours. Elle avait l’air de savoir où elle allait.

« Vous êtes @herosordinaires, j’ai lu votre dernier tweet vous aviez activé la géolocalisation exprès pour qu’on puisse vous trouver et éventuellement vous rencontrer, voilà, je suis là, j’aimerais beaucoup pouvoir vous aider. » J’essayais de répondre que j’étais content de sa démarche mais elle m’interrompit. « Je sais qui vous êtes, enfin vos autres profils, je suis une grande fan de l’humour décalé faussement troll de @trollator et du côté chic à la limite du trash de @lobbiaz, vraiment je… je… j’aimerais tant… je suis émue d’être ici. J’aimerais vous poser des questions mais je risque de vous ennuyer. Je veux surtout aider. »

J’essayais de la rassurer mais elle reprit dans un élan de stress : « je connais tout ce que vous avez produit et écrit. J’ai lu tous vos textes même les premiers sur l’ancien herosordinaires.com et ils sont largement sous estimés » a partir de là je parlais très peu. J’affichais le plus souvent des rictus de contentement. J’étais flatté et l’impression de posséder cette femme avant même d’avoir fait quelque démarche que ce soit m’enivrait. Une fan, une groupie du troll. Oui elle avait l’air clairement plus attachée au troll qu’aux wayfarers, le pouvoir des mots sans doute, même de mauvais goût. Elle continuait de parler et dans ma tête des fantasmes germaient : je me voyais chanteur de rock maudit, beau gosse sur une scène, le premier rang plein de petites chattes trempées. Je souriais encore plus.

Je ne me souviens pas du tourbillon qui nous amené chez elle, nous avions pris quelques verres, c’est certain mais pas tant. Elle me cita mes textes les plus obscurs

« Vous vous êtes au moins posé la vertigineuse question de savoir si quand un twittos meure il voit tous ses tweets défiler devant ses yeux sur fond de lumière blanchâtre aveuglante ? » syllogismes de l’egotrip, paragraphe 11, alinéa 8 petit c.

J’étais toujours bluffé quand elle commença à me sucer. Je n’avais même pas eu à l’y faire venir, d’aucune manière. C’était mon du. Elle se mit à genou devant moi qui me tenait assis, puis plus à quatre pattes, cul tendu et releva sa jupe au-dessus de ses fesses. Elle tira ma main à son cul, voulait mes doigts. Puis elle me fit tenir sa tête en passant ma main dans sa nuque. Elle tira de sa poche un petit appareil photo numérique et me demanda de la photographier en action, de la filmer même… je le fis sans réfléchir, après tout, on ne saurait pas que c’était moi. Elle s’agitait dans tous les sens. On aurait dit qu’elle faisait un marathon, qu’elle avait un déroulé du plan cul comme certaines font des plans de table. Elle me tira dans le salon, se mit à quatre pattes et colla sa joue contre le parquet. « Viens, prends-moi !!! » A peine je me plaçais derrière elle qu’elle saisissait ma main pour que je la caresse en même temps. Elle savait exactement ce qu’elle voulait. Les images se brouillaient dans ma tête. Elle se releva et me fit la prendre debout contre un mur. Elle me regardait dans les yeux intensément mais dès que je voulais la regarder à mon tour, elle fuyait, comme gênée. Des souvenirs peu clairs semblaient me revenir mais non identifiés. Des impressions sans contexte. Elle sentit que j’allais venir, donnait des coups de bassin plus petit mais plus appuyés. Au moment crucial elle se mit à genou et me demanda de jouir entre ses seins, « ils sont chauds »… j’obtempérais.

Après une courte toilette, elle revint avec un thé, fit brûler du papier d’Arménie et s’assit à mes côtés sur le canapé, elle mit sa tête sur mes genoux et sanglota en essayant de le cacher. Sa respiration était forte. Elle me dit que c’était bien, vraiment bien. Le lendemain, un tweet qui était passé totalement inaperçu dans le cul de la baleine affirmait : « @trollator m’a fait vivre toutes les confessions en une soirée »

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*