Oups.

Par @romainnichel

Je vous rassure tout de suite, je ne suis pas de nature à tolérer l’impolitesse.  Je punis l’incivilité, je crache sur les gens irrespectueux et je maudis profondément la méchanceté gratuite.  Je suis plutôt du genre à manier le verbe et à m’amuser avec les expressions très imagées que nous offre le français. Un Devos sous-cultivé en somme, mais qui respecte la langue et les bienséances. C’est déjà ça.

Seulement, il m’arrive parfois, par maladresse ou simplement par mégarde, de tenir des propos qui peuvent blesser mes interlocuteurs. Les mots je les aime, et bien souvent ceux-ci ne me le rendent pas. En cette période de fêtes où l’on a enchaîné les rétrospectives, voici la mienne, la rétrospective de mes pires boulettes 2010, où simplement ce qu’il ne faut jamais dire :

–          Dire à un paraplégique que son excuse ne tient pas debout.

–          Dire à son directeur de clientèle chauve que l’on a perdu la compétition agence d’un cheveu.

–          Dire à son meilleur ami que sa femme a bon goût, et pas que pour la décoration.

–          Dire à son cousin qu’en fait, c’est le fils de son oncle.

–          Dire à son collègue non voyant que l’on en verra jamais le bout.

–          Dire comme en fredonnant du Menelik à son traiteur chinois « Tout baigne » quand il me sert son poulet saté.

–          Dire à son ami obèse qu’on le trouve gonflé lorsque l’on trouve sa remarque déplacée.

–          Dire à son professeur estropié que l’on trouve son cours bancal.

–          Dire à la mère de Giuseppe d’arrêter de faire la fine bouche quand aux prétendantes de son fils.

–          Dire à ma voisine musulmane dans le métro qu’elle arrête de se voiler la face quand à la qualité du service public.

–          Dire à la dame de ménage qu’elle peut se brosser pour avoir son dimanche.

–          Dire à propos de Jean-Luc Delarue, son patron, qu’il a la gueule enfarinée lorsqu’il arrive à 12h au travail.

–          Dire à un gitan que j’ai un coup de pompe, j’ai jamais couru aussi vite de ma vie.

–          Dire à une Berlinoise farouche qu’on a l’impression de parler à un mur lorsqu’elle refuse mes avances.

–          Dire au paraplégique de tout à l’heure, qu’il est mis à pied à cause de son excuse bidon.

Et moi dans tout ça ? J’ai tout perdu. Ami, travail, collègue, sex appeal, femme de ménage et même le traiteur chinois ne veut plus me servir. Je promets de faire attention en cette année 2011, mais pour l’instant, les maux ont remplacé les mots.

3 commentaires

  1. Bonjour, bon article. Moi même non voyant , j’utilise le logiciel Jaws pour naviguer sur internet. Je suis parfois bloqué. Il y a quelques temps je me suis lancé comme objectif de créer un site internet sur les recettes de cuisines, comme quoi même si rien n’est simple tout est faisable.

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