(Pétasse de) parisienne : mode d’emploi – Episode 7 – Le shopping

Si t’as un minimum suivi t’as pas besoin de (re)(re)(re)(re)(re)(re)lire ça mais si tu débarques bah lis l’intro c’est mieux pour toi Laura

Tu viens de ta campagne, t’es montée à Paris pour bosser et tu crois que tu vas te fondre dans le décor.

Tu te fourres le doigt profond dans l’œil Heidi on t’a reconnue nous, parisiennes de souche.

Parisienne : une race d’exception menacée par le venue dans la capitale de pièces rapportées du fin fond de la province qui pensent pouvoir acquérir la nationalité française comme ça, car oui « parisienne » c’est une nationalité vu que Paris c’est la France.

Et comme le dit Sarko faut un minimum connaître les bases du pays dont tu veux devenir citoyen. Sa langue, ses valeurs, ses coutumes.

Alors si tu veux espérer obtenir un jour le privilège de devenir parisienne quelques règles de base.

On pourra pas dire après que la parisienne est pas sympa, en tout cas elle aime filer ses tuyaux, ça la met en valeur.

Illustration de @cylk34

Episode 7 : le shopping

Pour le réveillon j’ai toléré ton haut à paillettes acheté à l’Auchan de Noyelles-Godault mais c’est bien la dernière fois et parce que j’avais pas eu le temps de reprendre ta culture vestimentaire de zéro. Oui parce que là faut tout revoir, va falloir que tu dises adieu à Kiabi, la Halle aux chaussures et C&A et à toutes ces enseignes qui n’ont jamais passé la frontière province/Paris type Cache-Cache (une marque qui sévit dans l’ouest de la France, je me suis renseignée : tu la trouves dans chaque rue commerçante, dans la seule rue où il y a des boutiques, c’est dire si chez vous la mode c’est limitée dans tous les sens du terme).

Le centre commercial ne sera bientôt qu’un lointain souvenir, une parisienne ne mettra jamais un orteil dans ces temples de la consommation pour banlieusards dont c’est THE sortie ultime du week-end. Un tour au centre commercial, un déjeuner chez McDo avec en prime un sunday caramel, un dessert c’est permis parce que c’est samedi (ça devrait s’appeler un saturday en fait mais comme vous parlez pas anglais on peut vous faire avaler n’importe quoi). Tu vas dire adieu à tout ça même si c’était ton spot de drague quand t’avais 14 ans, je sais c’est dur…

Pour le shopping on va y aller progressivement comme t’es pas habituée. D’abord tu vas aller boulevard Saint-Germain puis tu seras mûre pour la rue de Rennes puis la rue du Four, la rue des Francs-Bourgeois et enfin la rue de Passy mais là tu peux pas encore t’y aventurer  t’as pas le look baby.

Pour savoir à quelles marques tu as droit j’ai créé pour toi un moyen mnémotechnique… un moyen pour que tu t’en rappelles quoi dans ta petite cervelle de moineau Leslie.

Tu es désormais une biatch (avec un B) de parisienne tu peux donc t’habiller chez Bash, Bel Air, tu es une salope (avec un S) tu as donc droit à Sandro, Sud Express et aussi un peu une connasse (avec un C) et une poufiasse (avec un P) donc tu cours chez Comptoir des Cotonniers et Les Petites.

Et c’est pas parce que le magasin porte ton nom que tu dois t’y précipiter, suis mon regard Jennyfer.

Jennyfer elle a jamais rien créé, en revanche Isabel Marrant et Tara Jarmon si.

Tu pourras aussi acheter des fringues chez Zadig et Voltaire (aucun rapport avec ton vague souvenir littéraire de seconde) même si tu constateras que ton haut va boulocher au bout de deux lessives. Tu cherches pas la qualité mais la marque alors oui tu paies ton haut trois fois plus cher que chez Pimkie pour qu’il rétrécisse trois fois plus vite. Les habits sont faits pour durer le temps d’une mode, quelque part ça te rend service, pas le temps de faire de faute de goût puisque ton haut s’est déjà autobiodégradé.

Dans quelques jours c’est les soldes d’hiver, c’est toujours le deuxième mercredi de janvier, je te parle de Paris, pas de ta Lorraine où vous croyez être avant-gardistes. Sauf que nous les soldes on les a déjà faites pendant les ventes privées, si t’es pas journaliste t’as au moins une pote journaliste ou une copine qui te refile le plan. Si t’es une bonne parisienne tu as au moins reçu tes invitations en dix exemplaires dans ta boîte mail.

Tu te rends au lieu dit à l’heure dite et peu importe la pluie et l’attente tu fais la queue comme toutes les autres connasses de parisiennes, deux heures s’il le faut même s’il est tard et que t’as pas que ça à foutre parce que si justement t’as que ça à foutre ! A l’intérieur tu te bats pour le haut que toutes veulent, même si c’est pas ta taille et que t’aimes pas la couleur, tu achètes pour le plaisir d’acheter et surtout pour celui de voir la gueule dégoûtée de l’autre poufiasse qui aurait pu tuer pour ce top (c’est de l’anglais, ça veut dire haut).

Il a quoi de si spécial ce haut tu me diras comparé à celui que tu as repéré chez H&M et qui a strictement la même gueule ? Mais tout putain ! Parce que tu l’as grave mérité, que tu as lâché un paquet de billets pour l’avoir et surtout que d’autres pétasses de parisiennes ont pas besoin de voir l’étiquette dans ton dos pour savoir qu’elles veulent exactement le même sans même savoir pourquoi. Enfin là je te parle de l’ultime classe parisienne, y a encore du chemin Marjorie, et va me jeter ce cache-cœur à fleurs merde !

http://www.lisepressac.com/
https://twitter.com/LisePressac

6 commentaires

  1. Je connaissais pas le « cache-cœur ». Maintenant je suis culturé, merci Google.

    Bon article, bien que je ne sois pas extra sensible aux soldes et à la mode 🙂 dixit le gars qui s’habille que chez Celioclub.
    (Je sais, c’est le bas de gamme du classe masculin, mais mon budget t’emmerde).

    Immense déception néanmoins, que de ne pas avoir lu une seule ligne sur ces jeans de beaufes avec une rosas à paillettes sur la cuisse, que l’on voit uniquement portés sur trois types de personnes :
    – des mendiantes de l’Est dans le métro parisien, quand elles sont pas en robe
    – des adolescentes ou des mères cas-soc’ sur TF1 (genre dans le Grand Frère)
    – Marjorie.

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