Une arrivée triomphale

Qui n’a jamais rêvé d’un lundi matin idyllique, où tout se goupille dans la continuité d’un week-end délicieux. Vous les voyez les petits oiseaux qui gazouillent, les hippopotames qui roulent des mécaniques avec leur gros popotin, en fond sonore se susurre « c’était un petit jardin, qui sentait bon le Métropolitain » quand vous pénétrez avec délicatesse la bouche…métropolitaine.

TROP DE BISOUNOURS TUE LE BISOUNOURS

Que nenni, vous êtes impatient d’arriver au travail, signe que la journée est placée sous les plus beaux auspices.

Personne ne pénètre (faut que j’arrête avec ce verbe) votre rame à la Station St Lazare, un sublime Ave Maria a chassé Dutronc de votre tête et vous vous dites, que aujourd’hui, c’est votre journée.

IT’S YOUR FUCKING DAY HONEY

Alors vous acceptez de prendre votre quotidien gratuit à la sortie de la bouche, une sortie sans effort car l’escalator vous honore. Le vilain qui faisait son malin, s’obstinait à rester en panne, mais aujourd’hui il a accepté, que vous le fouliez des pieds. (Et oui on peut le fouler d’autre chose…)

Votre journée se déroulant en rime, vous ouvrez votre quotidien pour se plonger dans l’horoscope qui vous prédit un amour au zénith et une journée … Yéménite ?

« Rooooh c’est bon, les autres mots en « ite » que j’utilise d’habitude n’étaient pas appropriés à une journée. »

IT’S A BEAUTIFUL DAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAY

J’arrive au travail A L’HEURE et ce depuis fort longtemps. J’ai eu le plaisir dans la rue d’avoir croisé un candidat de confession intime à qui j’ai fait la bise pour le remercier de m’avoir fait rire lui et sa « Renault 25 tribute aux loups des montagnes ».

L’ascenseur est en panne ? Bien sûr que non, je suis d’ailleurs le premier à bénéficier de son service. Ce n’est pas aujourd’hui que je musclerai mon booty avec Monsieur Escalier.

BON ALORS, QU’EST-CE QU’ON ATTEND ?

J’allais glisser ma grosse clef dans la fente quand (ceux qui ont bloqué sur le début phrase ont le droit de quitter ce site) quand mon boss m’ouvre avec un sourire « Risolien » (vous voyez le sourire de Philippe Risoli quand une vielle dame trouvait le juste prix d’un fer à repasser qu’elle avait acheté la veille, le même).

–         Bonjour Pierre-François, un café ?

BANG BANG YOU SHOT ME DOWN

Je me sens tellement bien que je lui demande d’aller me chercher un sucre en plus lorsqu’il m’apporte mon petit noir (je ne parle pas d’un stagiaire, merci).

Je lance alors mon écharpe qui vient épouser la forme du porte manteau avec délicatesse et classe. Pourquoi appuyer sur le bouton « ON » de mon ordi, il a préalablement été allumé par ma collègue qui me propose mes gâteaux préférés pour accompagner mon café tout dux (je n’ai pas oublié le « o », pour une fois que le latin me sert).

JE VOUS DEMANDE DE VOUS ARRETER

Mes Prince à la mousse de lait engloutis, le devoir m’appelle, la fenêtre Outlook s’ouvre et 6 mails sont dans le compteur.

Le premier est une vidéo beaucoup trop drôle de mon frère qui ne me parle plus depuis 12 ans, avec ces mots : « c’était de ma faute, je suis vraiment désolé, t’es vraiment un mec incroyable ».

Le Deuxième mail est de mon ex qui ne m’a pas envoyé de vidéo mais le même message, et une photo…

Le Troisième est de mon boss, qui veut m’inviter déjeuner au Meurice au sujet de je ne sais quelle promotion méritée…

Le Quatrième est ma newsletter « Salut les Zouzous ». (Oui je sais, c’est une bonne journée mais faut pas déconner non plus)

Le Cinquième est le retour client de ma dernière proposition de spot TV pour leur campagne 2011. Ils ont adoré et me veulent pour 2012 et 2013. Voir jusqu’en 2025 mais le Directeur s’excuse de ne peut être plus être présent à cette date.

Le Sixième est encore un mail de mon frère avec un scan de son relevé de compte. Il est heureux de m’avoir transféré ses économies depuis 10 ans, avec en copie « Tu les mérites plus que moi. »

IMAGINE NO POSSESIONS, I WONDER IF YOU CAN

–         Ça vous dérange si je mets un peu de musique dans le bureau ?

–         Au Contraire Pef, on aime ce que tu écoutes

Le signal de départ pour la disco des Doors est donné, Alabama Song ouvrant le bal.

« Driiiiiiiiiiiing »

–         Oui ?

–         Pef, cette aprem’ l’agence ferme, ils vont couper l’électricité pour brancher je ne sais quelle merde au 6ème, on ne va pas pouvoir travailler, le boss donne son aprem’ à tout le monde.

–         Ah… ?

–         Oui et j’oubliais aussi, ce mois ci on a un carnet de tickets resto en plus, je ne sais pas pourquoi. Je crois qu’il est cadeau.

SHAKE SHAKE SHAKE, SHAKE YOUR BOOOOTY

“This is the end” n’étant pas prête d’arriver, je check mon téléphone portable. Le message non lu provient de la jolie Bretonne avec qui j’ai passé mon week-end, une jolie brune qui n’est pas adepte du port du soutif durant la journée dominicale.

Je n’ose vous conter l’après-midi par peur de vous faire pleurer

3 commentaires

  1. Je te l’ai deja dis de vive voix. Mais j’ai envie d’officaliser ca ! MERCI Pef pour ce megasourire ressentit ce matin la a la lecture de l’article !

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