Bière, baise et romantisme

J’ai toujours été relativement sceptique à voir des amis serveurs/barmen et assimilés me conter moults aventures endiablées avec de sombres inconnu(e)s que je ne rencontrais jamais: Les Arlésiennes des comptoirs. Celles qui vous draguent jusqu’au bout de la nuit et disparaissent dans les brumes de vos gueules de bois, laissant derrière elles comme unique souvenir un mégot fumant au filtre rougi par une bouche délicatement maquillée.

Je suis passé de l’autre coté du zinc depuis 9 mois déjà. J’enserre d’une main ferme cette pompe à bière telle un vit empli de vigueur, jongle avec les single malt et leurs vapeurs enivrantes, le roi du kir cassis, c’est moi.

La légende de l’Arlésienne du comptoir est donc bien réelle, tout comme les numéros de téléphones griffonnés fébrilement sur les sous-bock Duvel, une certaine idée du romantisme de troquet. Soyez-en convaincus, être serveur confère une activité sexuelle supérieure à celle des pom-pom girls de Sciences Po pourtant réputées actives.

Le temps est venu de rompre la loi du silence. Nous, barmans, sommes plus désirés que des rock stars, sachez-le. Le rideau de fer abaissé et nos salles se transforment en backstage pour groupies. Hordes hystériques à l’idée de voir nos bras musclés se saisir d’un fût afin d’abreuver ces gorges suaves assoiffées de vices.

Je les connais vos regards coquins dans l’encolure de ma chemise quand j’essuie lascivement la table de mon torchon humide, je sens vos culottes s’enflammer comme ma cigarette fumée tel un roi devant mon rade. Maître des lieux, vous succombez plus vite que les glaçons qui fondent dans vos Cosmopolitan.

Je sens vos regards détournés sur mes fesses quand je vous frôle tenant mon plateau d’une main experte, un sourire mutin en ma direction mettant un terme à vos conversations. Ne me croyez pas dupe, je sais assouvir vos viles intentions peu catholiques. Grand bien m’en fasse j’ai arrêté de fréquenter les offices pour y préférer vos couches.

Cible facile que la clientèle d’un bar. Venues pour s’amuser cette multitude de jeunes filles en fleurs, prêtes à se laisser butiner après trois cocktails.

J’ai succombé, chemin faisant, à un confrère. Craquer pour la barmaid, je suis vraiment  un mec facile.

Illustration trouvée ici

7 commentaires

  1. Bien écris, je rejoins @missprecious69 dans son commentaire. Tu redonnes aux étudiant(e)s fauché(e)s, nightclubbers passionés par l’autre côté du zinc,… Toute la fierté qu’ils méritent. Sans barman, moins de gueule de bois !

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