Les enfants sont formidables

La famille, c’est beau, c’est tendre, c’est rassurant, c’est plein de ces petits moments qui se gravent dans notre mémoire, des instants parfumés à la vanille, shortcuts avec enfants qui babillent, rient et grandissent en douceur. Parfois, un effluve, une musique, ou une simple nostalgie font ressurgir ces moments uniques. Retour sur des images familiales inoubliables:

L’ado, à l’époque encore bébé, braille dans son lit. Son papa fait semblant de dormir et de ne rien entendre, en s’imaginant que, mue par l’instinct maternel, je vais courir consoler l’enfant. Ce en quoi il a tort. L’instinct maternel était en option, j’ai pas pris. Je l’éjecte du lit à grands coups de pieds en lui expliquant tendrement: “Qu’on me foute la paix, je veux dormir”.

La petite princesse vient de naitre, toute ronde et rose. Son frère, émerveillé par tant de grâce, se penche sur le berceau, tente de l’étouffer avec un coussin et la trouvant trop résistante à son goût, passe au plan B: la mettre à la poubelle. On la récupère in-extremis, coincée entre le 5ème et le 3ème étage.

Vacances bucoliques chez les grands-parents, le Sud de la France, les champs de tournesols, la mer pas loin, tout ça. Très très joli. Arrivée sur les genoux, après avoir passé quelques heures à courir après ces sales gosses dans l’aéroport (non mes amours, on ne part pas en soute avec les valises, on descend du tapis roulant), les avoir empêché de s’entretuer pendant le vol, et de s’étouffer avec des cacahuètes (vous avez pas un somnifère pour enfants? Bon alors pour adultes? Ah non? Et pour chevaux?)

La grande maison campagnarde, les champs à perte de vue. La petite dérape sur le rebord de la piscine après s’être faite Pearl-Harbouré par un essaim de guêpes psychotiques, formidable occasion de passer la nuit aux urgences, son frère fait une indigestion parce qu’il a refusé de croire que douze steaks c’est un peu trop. Par contre, il n’a suffit que d’un chocolat pour découvrir, à la grande joie collégiale, qu’il y est allergique grave.  La maison de campagne se révélant trop dangereuse, surtout pour le PC du grand-père, soumis à rude épreuve (le PC hein. Bon, le grand-père, accessoirement mon père ce héros, aussi). Départ pour 3 jours au bord de mer.

Coquillages et crustacés (oursins surtout, succès garanti entre les doigts de pied, pince à épiler et à hurler), le doux bruissement des vagues ( – Dis moi ma chérie, c’est pas ton fils qui dérive là-bas sur le matelas pneumatique? – Dis-moi ma chérie, tu serais pas une mère complètement irresponsable?  – Dis-moi maman, tu veux pas me lâcher la grappe, j’élève mes enfants COMME je veux et je les laisse se noyer SI je veux), la douceur du soleil (c’est normal les cloques? Je lui ai pourtant mis de la crème solaire indice 450), les nuits estivales (coups de soleil + piqures de moustiques= Little Elephant Man).

Tous ces moments d’harmonie familiale, où on passe ensemble les petits moments du quotidien, comme les courses (non, mon poussin, je ne t’achète pas des chips, tu viens de t’enfiler un paquet de Pepito. Tu arrêtes tout de suite tes caprices! Tu te lèves! Tu m’entends? Ah non, monsieur, je ne sais pas à qui il est cet enfant! Quelle éducation!), les promenades dans le parc (mon cœur, on ne mord pas les chiens, on n’assomme pas les vieilles dames au râteau et on ne fait pas du pédalo sur les cygnes), les fêtes de famille (Quel bruit? Ah ça? C’est le petit que j’ai enfermé dans l’armoire, comme ça on sera plus tranquilles. Mais non, pas de souci, je lui ai laissé des sandwichs)

Parfois encore, on se souvient avec émotion des premiers succès scolaires (dont étonnamment le lancer de casserole à la tête de directrice de maternelle ne fait PAS partie – dommage il avait un certain avenir), et puis en grandissant, les premiers succès parascolaires (Le poste de police de quel quartier? Mais je ne comprend pas Mr l’inspecteur, la semaine dernière j’ai parlé avec votre collègue pour cette histoire de vol de portable…Ah…usage de stupéfiants…Ah, pas le même dossier…ah ah, comme il est diversifié et créatif cet enfant Mr le Commissaire, vous me donnerez l’adresse du juge qui s’occupe des vols à main armée, on ne sait jamais, autant être prête), les premières randonnées ( Mon pauvre petit chéri, tu t’es cassé la jambe, comme c’est fâcheux. Bon, et ben ton papa va bien s’occuper de toi, moi je vous laisse, je pars faire de la plongée en Polynésie),  puis les premiers voyages (Mais tu fais QUOI en Thaïlande? Tu m’as dis hier “Je sors avec mes copains en ville et je dors chez machin”).

En cas de divorce, les enfants modernes, à qui on expliqué que c’est pas du tout leur faute (Euh, si un peu quand même non? Le stress, le manque de sommeil, tout ça, ça mine un peu la libido) et qu’on ne regrettera JAMAIS d’avoir épousé leur papa (Ouais, c’est ça! Vachement crédible) ne sont pas du tout traumatisés et vivent sereinement cette période de changement (si on exclut le refus total d’ouvrir un manuel scolaire pendant au moins deux ans, la petite sœur passée à la machine à laver -programme 30º + Soupline + essorage- la période gothique-dépressif-Charles Manson et le régime Nutella/chips/chamallow).

Au souvenir de tous ces bons moments passés en famille, je suis toujours saisie d’un inextinguible sentiment de fierté, auquel s’ajoute un frisson de pur bonheur.

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