Comme un protagoniste belge de Confessions Intimes


On a tous un ami un peu spécial, que l’on verrait bien dans une émission en deuxième partie de soirée sur TF1 le vendredi soir.

Je me suis toujours demandé si TF1 recrutait des comédiens pour « jouer » ces rôles ou si tout simplement, la misère de la France d’en haut (comprenez la géo localisation des individus filmés) jouait le rôle d’un révélateur terrible de la perte de notre langue chère à Molière.

ALLÔ LE MONDE

(oui je sais)

Il y a peu de semaines de cela, j’ai croisé un individu de cette espèce qui m’a peiné. Sa veste en velours violet ne cachait pas un tribal en relief blanc sur ses épaules musclées. Une délicate et précise coupe mulet mettait en exergue une volonté farouche d’affirmer son appartenance à son club de tuning tatoué sur sa main droite. « The Fucking Panthers ».

GRAOU

J’ai croisé cet individu dans ce bar que je nomme le Grand Chelem réunissant toutes les disciplines de l’élite française (bar-PMU-Rapido). Quand il pénétra l’endroit (et quel endroit) exigu et odorant que forme ce mignon troquet typiquement XIXe (arrondissement). Je vais vous compter ce dialogue entre lui et le gentil barman se nommant Pierrot. Un dialogue qui m’a fait souffrir, beaucoup souffrir. Trop ? Plus l’habitude de trainer en Bourgogne…

Tout commence quand il se fit remarquer avec ce cocktail ravageur, réservé aux James Bond à la retraite. Plus très classe mais avec beaucoup de bon sens.

UN PICON BIÈRE SIOUPLET

Le ton est donné, le barman, se retournant avec la difficulté due aux abdos Kro trop développés, se saisit de son arme blanche pour se faire respecter de la bête.

TU VEUX DES CAHUÈTES AVEC ?

Devant la violence des propos, je recule un peu pour ne pas prendre de risque. L’auditoire est conquis,  une rixe s’annonce et la foule en délire s’échauffe  les pouces afin de décider de l’issue du combat.

TU VEUX PAS ME DEMANDER SI JE VEUX MON PICON DANS UN VERRE AUSSI

Mon front est brûlant. L’irradiation est trop forte, les rayons gammas à base de sueur transpercent n’importe quelle chemise autour de moi. L’atmosphère devenant trop moite, j’engloutis mon diabolo menthe de manière plutôt virile. Entendez sans laisser de goutte sucrée couler sur mon menton, sucré aussi.

C’EST TOI LE VERRE

La salle se tait  retenant son souffle. L’attaque est lancée. Le destroyer  lâche son tomahawk. Le temps s’écoule paisiblement en attendant l’impact fatidique. La réponse sera brève et n’attendra pas le décompte des blessés pour être cinglante.

T’ES PLUS VIF QU’UNE 205 GTI  DIS-MOI

Les armes chimiques sont de sortie. Un cessez-le-feu n’est plus envisageable. Je me lance dans la récitation de mon « Je vous salue Marie » qui j’espère aura raison de mon futur dans ce bar qui sera je le crains, mon tombeau.

JE SUIS PLUS RAPIDE QU’UN SANGLIER ATTACHÉ A MON PARE-BUFFLE

Un genou à terre, la déflagration est trop prononcée. J’ai peur d’avoir perdu mon ouïe lors de l’impact. Mon odorat m’ayant lâchement  abandonné quand le monstre usa de son aérophagie technologiquement développée pour mettre la salle dans sa poche de respect.

ME DIS PAS ÇA, SI J’AURAIS EU ÉTÉ A LA CHASSE, J’AURAIS PAS VU.

Restant de marbre, j’attends mon jugement dernier. Je sens  paisiblement que l’enveloppe de mon corps me quitte. Je revois ma mère m’apporter le goûter quand mon frère et moi nous nous exercions à imiter les jongles de Marcelo Sallas sur le mur de la maison. Elle me souriait avec tout l’amour qu’elle possédait, possède et possédera. C’est dans ces moments fatidiques que le complexe d’Œdipe refait surface.

HEIN QUOI ? J’AI PAS COMPRIS CE QUE T’AS DIT.

La défense a flanché, touchée par un attaquant trop bien préparé. Le nombre ne fait pas forcément la force, la détermination est la clef de tout combat.

« La vie c’est simple. Tu fais des choix, et tu ne regardes pas derrière. » [Fast&Furious 3]

J’AI DIT…j’ai dit…. ALLEZ SERS-MOI, TU VEUX PAS ME CHAUFFER MA MOUSSE AVEC TOUT LE TEMPS QUE TU PRENDS

Une main au sol, le pouls faible, j’ai une pensée pour mes proches, ma famille ainsi que mes amis. Mes amis qui sont partis parfois trop tôt, qui n’ont pas la chance d’avoir vécu cette vie dont j’ai eu la chance de jouir. Le Requiem de Wolfgang commence à résonner et raisonner dans mes oreilles. Requiem aeternam dona eis, Domine: et lux perpetuat luceat eis.

TU M’ÉTONNES MON HERVÉ, TOUJOURS PAS PLUS HAUT QUE LE BORD ?

Te decet hymnus Deus in Sion, et tibi reddetur votum in Jerusalem:

Exaudi orationem meam,ad te omnis caro veniet. Requiem aeternam dona eis,

Domine, et lux perpetua luccat eis.

TOUJOURS. JE REVIENS, JE VAIS ALLER LIBÉRER MANDELA

Cette sensation de chaleur qui s’empare de moi me rappelle mon tout premier souvenir. Allongé sur le canapé dans la chambre dite « d’amis », je m’interroge pour savoir si le drapeau de mon pays a ces jolies étoiles sur fond bleu accompagnées de ces jolies bandes rouges et blanches, ou s’il prône le minimalisme vertical de trois bandes beaucoup moins funky.

FAIS GAFFE QUAND TU DÉTRONES MOBOUTOU, LA CHASSE D’EAU FUIT

Maintenant je pars en aimant ce pays, ses couleurs, sa littérature, son cinéma, son équipe de Handball, ses boulangères de la rue de Belleville, ses écoles, ses cours de récrés, ses agences de communication, ses femmes, ses hommes, ses gens.

T’ES COMME MES COUILLES, TOUJOURS ENTRE MES PATTES !

Ahahahahahahahahah (le peuple a choisi son camp).

R.I.P Marcel

4 commentaires

  1. Il est où le style PfCanault là? Les longues phrases sans queue ni tête et tout ?
    Je suis vachement déçu.
    On voit que tu as fait des efforts pour ponctuer tes phrases coquin…

    Après utiliser le champ lexical de la guerre moderne pour illustrer une dispute entre deux alcooliques dans un bouge bourguignon, c’est super original.

    Merci.

  2. Certes.
    De Barbès à la rue du Temple, il n’y a qu’un (petit) pas, et ce genre de prose magnifique se répand dans l’hexagone.
    Cependant, cher « défenseur » de la langue de Molière, médites sur les bienfaits de l’humilité : « Je vais vous compter ce dialogue »..? Les points, sans doute, vas-tu les compter. Les poings, peut-être, tenteras-tu d’esquiver. Mais il y a fort à parier que tu te contenteras (quoiqu’avec brio et une arrogance toute parisienne) de nous conter ladite joute verbale…
    Une histoire de poudre et de paille, ça. De trousse de secours qui se fout de l’hôpital, quoi.

  3. Il y a une erreur, c’est « conter » et non « compter ».
    (ceci est la version sans enjolivement et sans emphase du commentaire précédent. Et sans faute aussi, cf. le « Médites ». L’hôpital et la charité hein ?)
    Sinon j’ai aimé cet article. Il m’a fait sourire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*