Le Discours d’un Roi… quand la parole des faibles se fait force imaginaire

Bon alors puisqu’on me le demande enfin, je vais le dire: je trouve l’engouement pour Le Discours du Roi bègue un peu pitoyable…

La ficelle est simple: chacun de nous porte en lui-même d’une part une force royale, celle dans laquelle nous puisons notre puissance à être; et d’autre part un bégaiement, un empêchement qui sous une forme mineure, devient ce qui se met à signifier comme une négativité essentielle dans notre existence.

Ainsi, malgré tout ce que la vie a pu nous offrir, tout ce que nous aimons à reconnaitre en nous comme des « dons », de la « chance » et des opportunités; nous faisons du sur place, nous bégayons… et c’est du coup ce qui explique que nous sommes freinés, pas de bol!

Et pourtant tout n’est pas perdu, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes; car c’est aussi ce sentiment d’empêchement qui nous impose l’effort de sortir de nous-même… ça c’est bien!

C’est donc au cœur de la grande platitude de ce film, son peu de qualité esthétiques et artistiques, et son premier degrétisme très imposant, que cette identification simpliste fait marcher le film…

Les portes s’ouvrent et se referment abondamment sur la vacuité de scènes vides de sens, l’émotion qui nait de la souffrance du personnage central était censée parler d’elle même, mais là non plus, pas de chance, elle aussi bégaie et piétine dans la lourdeur de ces « hommes-fonction » dont on saisit mal la grandeur à part les titres et les rangs dont ils sont affublés.

Les grands hommes aussi ont leurs difficultés, donc, nous qui ramons pour nous hisser à notre rang imaginaire, nous qui trimons à articuler un sens à nos existences, nous les Roi et les Reines anonymes du Discours de la Méthode ou du Discours de la Servitude Volontaire, nous zaussi sommes des « granzommes »… C.Q.F.D. !

5 commentaires

  1. « C’est donc au cœur de la grande platitude de ce film, son peu de qualité esthétiques et artistiques, et son premier degrétisme très imposant »

    Je crois que nous n’avons pas vu le même film car j’ai particulièrement aimé la manière dont il est construit et filmé.

    Le thème est peut être simpliste, il y a (de très nombreuses) qualités et aussi des défauts. Mais le dénigrer ainsi est absurde.

    Esprit de contradiction quand tu nous tient.

  2. c’est l’article hater de base qui repose sur rien et qui est balayable en 10’s. « vacuité artistique ». LOL. Autant je trouve le film trop classique autant là c’est n’imp. Chier dans l’assiette pour chier dans l’assiette, ça n’apporte rien.

  3. D’autre part, j’ai deja un a priori contre le film, puisqu’il est soi-disant historique. Soit. D’abord les cours de diction ont pris fin 10 ans avant le fameux discours. Et le Roi, comme Galliano, aimait beaucoup Hitler, la seule difference avec ce poivrot de John, c’est qu’ils vivaient a la meme epoque et qu’il etait roi. Et antisemite. Tres antisemite (ah non, ca c’est comme Johnny la frime). Troisio, le roi semble avoir une vive affection pour Churchill, qui lui aurait ete une sorte de mentor. Dans la realite, il le detestait cordialement. Alors un film historique pas historique, bof!

  4. Coquillette, présidente !
    On rejoint le problème majeur « des hommes et des dieux » dont l’auteur a manipulé l’histoire pour donner plus d’intensité dramatique. C’est vrai que c’est un peu chiant qu’on nous serve l’histoire modifiée.

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