NON MAIS TU FAIS QUOI AVEC TA MAIN ?!

Mes amis, jamais célibataire n’a autant rimé avec ennui. Effectivement, malgré l’absence de toute responsabilité amoureuse du genre « appeler sa copine quand on a décidé de passer une soirée pizza-bière-foot avec les copains » ou « devoir acheter un cadeau pour son anniversaire/Noël/St. Valentin qui te coûte un bras » ou encore « être interdit de revoir ton ex », je ne suis pas pour autant plus heureux en solo.

JE SUIS CÉLIBATAIRE. Mais attention, pas le célibataire…caliente, pas celui qui sent le cul a le Modjo, qui joue de la guitare sur la plage autour du feu, et qui t’anime la fête d’anniversaire du petit neveu avec des ballons en forme d’animaux. Non ! Moi je suis le célibataire « cassoulet en boîte façon Leader Price passé au micro-ondes », celui qui a toujours des bouts de sopalin collés au bout des doigts, avec des tâches de bières sur mon t-shirt Fruit of the Loom et connecté à Facebook toute la journée.

Et oui mes amis, je suis en période creuse, tel un compteur EDF à 3h du mat’ (beaucoup de jus, peu d’utilité). Chez les mecs, la période creuse parfois appelée « de sécheresse » ou plus communément « la dalle » s’invite dans votre vie généralement après une période fast. Par exemple, juste après une rupture. Le costaud a enfin lâché sa chieuse de copine qui l’obligeait à mettre ses couverts sales dans le lave-vaiselle. La bougre faisait la gueule quand bien même monsieur voulait simplement dormir tranquille en rentrant de sa soirée arrosée avec les copains (?!). Parait-il même que certaines tapent des crises lorsqu’elle tombent sur de textos un peu sexuels provenant pourtant d’un certain « Marco » ou « Antoine » ou « pote Dauphine » (comme si on s’amusait à changer les prénoms des filles qu’on rencontre dans notre répertoire, ba voyons !).

Quand tu étais en couple, que dans tes infos Facebook tu étais In a relationship with… et que tu te brossais les dents face à ton miroir avec ta copine, tu es passé à côté des plus belles opportunités. A commencer par Jennifer : elle, c’est la bombe qui t’a toujours recalé parce qu’elle était avec son mec. C’est la beauté incarnée, pimentée par un zeste de salope (oui, tu as entendu des bruits de couloir sur elle). Elle t’a aspiré le cerveau avec une paille, et tu as toujours fantasmé sur elle depuis que tu la connais, car c’est le type de fille qui ne se rend pas compte de l’effet qu’elle fait quand vous allez juste prendre un café entre amis. Pas de bol, quand elle quitte son mec, toi, tu n’es plus célibataire. Tu t’arraches les cheveux quand tu reçois un SMS de la douce te disant de venir prendre un verre chez elle. Là tu jettes un regard à celle qui te pique la moitié de ton lit la nuit et qui te sourit niaisement gentiment, dans son gros pyjama en coton triple épaisseur laissant tout de même apparaître les petit bourrelets qu’elle avait accumulé depuis quelque mois… et tu dis… Et merde !

Après une rupture donc. La liberté enfin retrouvée, World is yours ! Tu vas enfin pouvoir te rattraper de tout ce dont tu es passé à côté ! Tu appelles les copains pour sortir, mais maintenant ils sont tous casés, fini les virées entre garçons, la saison de la chasse à la pupuce, c’est révolu pour eux. Il va falloir que tu te débrouilles seul, comme un grand. Le problème, c’est qu’en période creuse, les filles sentent que t’as la dalle. Tu penses la jouer discret en venant te frotter derrière une demoiselle en sueur sur le dancefloor, et alors que tu t’enflammes à essayer de passer tes bras autour de sa taille, elle te fait gentiment comprendre qu’avec elle c’est mort : « NON MAIS TU FAIS QUOI AVEC TA MAIN CONNARD ! ». Toi, comme un idiot tu lui fais un sourire moche, avec un bout menthe collé sur les dents provenant de ton Mojito, et un geste de la main pour dire -désolé- façon « nanch, nanch, j’ai pas touchéoww » (les restes de Jacky-bière-foot me collent à la peau. Merci Brandao). Puis tu repars en te disant que ce n’est pas en boîte que t’arrivera à baiser. Alors tel Indiana Jones version web 2.0, tu fais un Pomme+F dans ton fichier anciens clients (oui, ton répertoire est rempli de contacts inactifs depuis presque 4 ans déjà). Là tu tombes sur Géraldine et tu tapes :

Moi : « Hey Géraldine, ça fait longtemps! Comment tu vas depuis le temps? » (c’est la première approche, tu as déjà envoyé ce texto à trois filles juste avant)
Elle : « Salut Matthieu, oui en effet ça fait presque 4 ans, ça va bien et toi? » (traduisez : putain, le mec m’a pas texté depuis 3 ans, s’il croit que j’le vois pas venir…)
Moi : « Oui ça va impec, ba alors tu deviens quoi? » (comprendre : t’as un mec en ce moment?)
Elle : « Ba écoute, la vie, le boulot ça va, la routine quoi… (traduction : il va falloir que tu craches un peu plus que trois textos si tu veux me sauter Coco)
Moi : « Cool, cool. Bon, si tu veux, on peut p’t’être se prendre un verre dans la semaine si t’es dispo?
Elle : « Cette semaine j’suis full, mais la semaine prochaine si tu veux (comprenez : Coco j’ai une vie avant de te consacrer une soirée)
Moi : Ok, ça roule, on se tient au courant alors (genre tu fais la meuf overbookée, c’est bon j’te vois connectée à Facebook tous les soirs…)

Les filles c’est comme un flipper. Tu as beau avoir les deux mains sur ses hanches, si la boule a décidé de passer juste au milieu, tu peux aller te re-servir un verre.

Tu as relancé Géraldine plusieurs fois, mais elle n’a jamais été dispo. Au final, tu as toujours des petits bouts de sopalins collés au bout des doigts, et tu passes toujours autant de temps sur Facebook. Célibataire, c’est pas toujours la joie. La leçon de cette histoire mes amis, c’est qu’il ne faut jamais forcer le destin. Les filles c’est comme un flipper. Tu as beau avoir les deux mains sur ses hanches, si la boule a décidé de passer juste au milieu, tu peux aller te re-servir un verre. Mais quand bien même arrive l’extra-ball, à toi d’assurer pour ne pas la perdre…

12 commentaires

  1. Mon dieu ce que c’est frustrant d’être hétéro. En tant que gay, tu veux baiser, tu te pointes dans un sauna et tu te tapes une dizaine de mecs dans la journée si tu es motivé (et surtout endurant).

    Tout en se protégeant évidemment.

  2. Super article.

    Perso, la saleté qui t’aspire le cerveau et qui te rappelle quand t’es casé … je zappe.
    Parce que celle avec qui je suis casé … ça me fait plaisir de la voir dans son gros pyjama. c’est tout mignon, c’est que j’suis en couple, c’est qu’il ne m’arrivera rien (c’est con, je sais). L’autre … tout le temps où je l’ai draguée (traduit, où je lui faisais comprendre que son mec était un bouffon) , elle t’a toujours mis des stops.
    Donc elle peut m’envoyer des sms tant qu’elle veut 🙂 je ne regarderais jamais rageusement le pyjama qui prend la moitié de mon lit !

    Et sinon, ma solution a l’ennui compte 6 lettres : MMORPG.

  3. J’ai A-DO-RE ce texte!
    Comment vous dire ça? C’est juste complètement jouissif de voir à quel point la vie d’un homme tourne autour de celle des femmes!
    Très bien écrit qui plus est, je me suis bien marré, merci !

  4. @yeahbaby : difficilement imaginable la nana cassoulet en boîte, mais le concept peut marcher, j’aime bien 😉

    @Perry Pâté P’tite Chienne : en effet, mon article relate la dur réalité du célibataire hétéro, beaucoup moin « gay » et agitée que ne peut l’être la tienne, mais qui a aussi son charme.

    @http://filmpornographique.wordpress.com/ : j’ai cliqué sur le lien, je voulais en savoir un peu plus… cf « les petits bouts de sopalin collés au bout des doigts »

    @Moietpersonned’autre : que ferions-nous sans les femmes? Tout à fait d’accord avec toi.

    @Adrien @Michael Ange @Brainsheep @LunaRuna : Merci beaucoup !

    Un prochain billet est dans les tuyaux.

    Matt.

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