Quand le puceau devient génie.

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La grisaille qui enveloppe Paris depuis début Juin m’a poussé à radicalement changer mes plans. Tuées dans l’oeuf les ballades avec mon amoureuse sur les quais de Seine, main dans la main, cheveux au vent, tout en se faisant délicieusement caraméliser la peau. Où donc es-tu passé soleil de saison ? Toi soleil, qui autorise les filles à s’habiller légèrement, et qui me permet de sortir mes lunettes aussi teintées qu’une berline de diplomate congolais pour en profiter subrepticement. Que ma douce se rassure en lisant ces lignes, ces lunettes me servent aussi à attiser secrètement le désir que j’ai pour elle, jusqu’au où il sera assez important pour célébrer mon pucelage chaque année à la Toussaint. Face à la morosité climatique, il a fallu retourner aux activités de couples automnales. J’en avais pas cinquante en stock, alors j’ai filé tout droit au cinéma.

Rassurez-vous, je n’ai pas cédé à la pression des ces affiches militantes pour Hadopi, mais je suis tombé sur une bande-annonce, accrocheuse et énigmatique. Elle montrait un Robert de Niro indiquant clairement que le meilleur était derrière lui, ce qui légitima à mes yeux sa récente nomination à la présidence du Jury à Cannes. Traversé par des flashbacks illustrant les personnages sanguinaires et géniaux qu’il incarnait, je fus pris par l’émotion et je décidai d’aller lui rendre hommage, sans les glaïeuls quand même, en acceptant tacitement de me faire racketter par l’industrie des distributeurs de cinéma.

Le film s’appelait « Limitless » et mettait en scène un scénario classique : Un écrivain paumé, victime du syndrome de la page blanche, voit sa vie bouleversé lorsqu’il rencontre un dealer qui lui offre une drogue permettant au cerveau humain d’utiliser 100% de ses capacités ». En gros, voici le pitch, je vous laisse le loisir d’aller le voir et de découvrir les péripéties qui en découlent. Mais surtout, je vous laisse imaginer les perspectives d’une telle découverte. Toutes les barrières pourraient être repoussées, la connaissance serait sans fin. Cependant, les motivations ne seraient pas les mêmes pour tous. Quand certains utiliseraient leurs nouvelles capacités à des fins philanthropiques et s’évertueraient à guérir les cancers, trouver un vaccin pour le SIDA, d’autres tenteraient de se faire un maximum de pognon sur les marchés financiers et autres. Moi, Romin Nichel, je ne m’attarderai pas à ces futilités. Je serai inventeur, oui monsieur, un inventeur comme on en fait plus depuis les Léonard de Vinci et Endemol.

Pour jouer carte sur table avec vous, je m’occuperai seulement de ma petite personne. Après tout, j’en ai bavé depuis mon jeune âge, en subissant les brimades de mes camarades, alors vous pouvez tous aller vous faire brosser le crin ailleurs pour que je vous fasse croquer.

Mon premier chantier et non des moindres, fera à coup sûr plaisir à une bonne partie de la population mondiale. Une révolution pharmaceutique qui porterait le coup fatal aux Laboratoires Servier : j’ai nommé le Ragnagnator ou la pilule de substitution aux légendaires menstruations. Pour vous mesdames, c’est l’assurance de pouvoir porter n’importe quelle type de dessous en toute occasion, mettant de côté la menace que votre clitoris écrive « Nana m’a tué » sur les pans de votre culotte. Mais on va pas se leurrer si j’invente une telle merveille, c’est pas pour cibler les femmes. Je mise tout sur les hommes qui sont obligés de se pencher le matin pour aller pisser. Les vigoureux, les chauds lapins, et les puceaux qui se voient bloquer l’accès au parking souterrain par les barrières rouges et blanches.  Une invention hommage à mes 17 ans, lorsque Stacy, ma petite amie depuis de l’époque m’avait invité chez elle mater un film un soir où ses parents s’étaient absentés. Cela représentait un jour charnière comme il n’y en a pas deux dans une vie d’adolescent. Le type d’événement qui te permet de t’asseoir au fond du car de Rugby si vous voyez ce que je veux dire… Une fois les pop-corn terminés et l’arrivée des premières giclées d’hémoglobines de saison, la température est montée de trois crans. Stacy savait y faire pour souffler sur les braises et attiser les flammes. Puis au moment de porter l’estocade, elle m’a lancé au pire des moments « pas ce soir, j’ai tu sais quoi ». Sale histoire.

Ensuite, bien que je sois sur la bonne voie avec mon actuelle girlfriend, si d’aventure le scénario du film s’avérait vrai, non seulement je balaierai d’un revers de la main toutes mes années de disette, mais un sentiment de conquête me pousserait à aller séduire toutes les femmes. Pourtant, je reste néanmoins responsable, et tous mes rapports seront protégés ; tant pour mon bien que pour celui de toutes les autres. On rigole pas avec ces choses là. A la rigueur chopper une maladie ça me gène pas plus que ça puisque j’en trouverai toujours le remède, mais ma hantise serait de voir une, ou plusieurs de ces femmes débouler sur mon perron avec un bébé me ressemblant trait pour trait dans les bras. C’est un coup à finir ruiné en pension diverses, ou en cabane car on sort de la projection du dernier « Faites entrer l’accusé » sur l’affaire Courjault. Hors de question que je paie l’erreur de l’ouvrier qui a mal fait son travail lors de la phase d’emballage du préservatif. toutes ces capacités me permettrait de jouir de beaucoup de choses. Des plaisirs charnels notamment. Alors telle une carte magique sorti du 1000 bornes, je sors le latex industriel increvable qui fera naître des regrets à tous les pères par défaut.

Pour finir, j’entends souvent l’adage « l’appétit vient en mangeant » alors je m’attendrai à devenir un queutard sur le long terme, enfin jusqu’à épuisement. Ce serait un véritable synonyme de pied de nez à ceux qui m’appelaient Algoflash au collège, en référence au jardinage et à ma collection de râteaux. Un queutard, un vrai, celui qui oublie pas sa chaussette, qui promet des croissants qui n’arriveront jamais et qui s’en va sur la pointe des pieds. D’ailleurs là se trouve ma dernière invention : le parquet qui ne grince pas. Combien de type, ne supportant pas de se réveiller aux côtés de leur bulot d’un soir, ont déclenché l’alarme en marchant sur la mauvaise planche et se sont vu gratifié d’un cinglant ‘tu vas où comme ça ? ». Malheureusement, même l’homme le plus intelligent du monde ne peut pas masquer le sentiment d’embarras qui le hante dans ces moments. A mon goût, faudrait toujours se renseigner pour savoir si notre appartement d’un soir est recouvert de lino, mais ca veut dire parler déco. Et pour le coup, c’est un coup à finir chez Ikea un dimanche…

Et si je t’incrustais dans mon labo, t’inventerais quoi ?

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