L’indiscutable top 15 ciné de l’année

J’ai cette faculté qui m’est propre à avoir souvent raison. Et à jouir d’une modestie à toute épreuve. Comprenez donc que c’est plus que souvent, presque toujours, que je suis dans le vrai. Voilà que je recommence, à tempérer avec un « presque » qui n’a pas sa place dans la phrase précédente.

Le fait est que j’ai du goût. Notamment en matière de cinéma. Alors je lis ça et là des tops de l’année 2011, souvent assez pertinents certes, mais toujours quelque peu erronés. Le seul, le vrai, l’indiscutable top cinématographique de cette année riche en cinéma, c’est aux Mégaconnards que j’ai décidé de l’offrir. Il est le fruit d’algorithmes assez compliqués das ma tête que je ne vous détaillerai pas ici vous pourriez ne pas comprendre et lâcher en route.

Commençons par la fin. La fin du top, donc le début, un peu, en fait.

 

NUMERO 15


 

Wes Craven, c’est un ouf. Sa saga des Scream n’est pas encore appréciée à sa juste valeur, je vous jure. La sortie du dernier opus était un des événements de l’année, pour moi, avec le mariage princier d’Angleterre, notamment. Et ça valait le coup d’attendre, parce que le film, s’il n’atteint pas le niveau des deux premiers de la saga, renoue tout de même avec l’esthétique et le suspense de ceux-ci. L’horreur naît désormais des smartphones, se propage sur Facebook et Twitter. L’horreur 2.0, et elle est aussi marrante que flippante.

 

 

 

 

 

 

 

 

NUMERO 14

 

 

Au Festival de Cannes (ouais, je sais), j’ai croisé Aki Kaurismaki. Je sortais d’une interview (ouais, je sais) et lui aussi. On était sur ces pontons en bois qui avancent sur la grande Bleue mais dont l’étroitesse fait qu’y gambader ivre semble assez suicidaire. Nous n’étions pas ivres. Enfin moi c’est sûr. J’ai donc vu cet ours, et c’est tout intimidé que je suis allé lui dire tout le bien que je pensais de son film, moi qui connais bien la ville du Havre. Il parut intéressé, et j’en profitai donc illico pour lui demander de poser avec moi sur une photo. Le bourru me répondit ainsi, en anglais hein : « Non, pas de photo. Mais si tu veux, JE prends un photo de toi. » Ours mal léché poétique, je n’en attendais en fait pas moins de sa part, et suis après coup presque soulagé que ça se soit passé ainsi.

Le Havre est une oeuvre d’une poésie rare, où acteurs et décors sont sublimés. Wilms montre qu’il se fait trop rare, et la dégueulasse ville normande se révèle très cinégénique. On pense beaucoup à Gotham City. J’y pense beaucoup, en fait. Et puis c’est une joie immense que de recroiser Pierre Etaix.

 

 

NUMERO 13


 

Où des extra-terrestres s’attaquent à des enfants. Et quels enfants ! Et quelles attaques ! Abrams se révèle digne descendant du mec qui désormais filme des Tintin en numérique, y perdant la naïveté si touchante dont il faisait preuve lorsqu’il expliquait qu’ET voulait simplement téléphoner maison. Cure de jouvence impeccable, Super 8 étonne tant par sa mise en scène virtuose (on n’en doutait pas après l’excellent Cloverfield du même Abrams), que par ses minis-acteurs, tous géniaux.

 

 

 

 

 

 

 

NUMERO 12

 

 

Avant de faire des spots TV dégueus contre la drogue, Aronofsky était un metteur en scène. Plutôt bon. Avec Black Swan, il signait son meilleur film, d’assez loin, même. Y suivre la dérive d’une danseuse classique sur les airs du lac des cygnes est assez terrifiant. Et virtuose, aussi. Nathalie Portman, Keira Knightley du riche, est presque aussi bonne que sa doublure, et Vincent Cassel est pour beaucoup dans la tension émanant de ce film choc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NUMERO 11

 

 

Encore une fois, cette année le cool c’est chez Gondry qu’on le trouvait. Le cool, le fun, le bon film à pop-corns. En 3D, le génie franchouillard exilé pour l’occasion aux Etats-Unis nous fait kifer grave renouant avec le pur film de super-héros à la Marvel. C’est plein d’humour, on en prend plein les mirettes, et Cameron Diaz est trop bonne. Pourquoi bouder son plaisir ?

 

 

 

 

 

 

 

 

NUMERO 10

 

 

Pas question d’Eddy Mitchell dans ce film, et on y avait tous pensé, ta blague elle est merdique. Dernière Séance, c’est l’histoire d’un type, propriétaire, caissier, projectionniste d’une petite salle de cinéma pour grands cinéphiles qui apprend sa fermeture imminente mais la nie. Le type en question s’avère être un fou furieux qui coupe des oreilles à des gens qui, en plus de devenir sourds, meurent ensuite. J’y suis allé avec une pote pas cinéphile, la salle était minuscule, pleine d’amateurs convaincus du Septième Art, et elle a passé la séance à critiquer à haute voix le film. « Putain, c’est LONG ! » Alors qu’en fait non, c’était beau.

 

 

 

 

 

NUMERO 9

 

 

C’est un gamin, il peut pas sortir le jour parce que le soleil, ça lui fait mal. Comme moi quand je vais à Chypre, sauf que lui, même le soleil du Havre est dangereux pour sa peau. Ou alors, pour sortir, il lui faut une combinaison genre moche. Alors il sort pas trop, et a pour meilleur pote un médecin de 50 ans qui se révèle être Vincent Lindon. Seulement voilà, ce seul ami est muté la faute à son travail et à la mondialisation et au concombre. La Permission de Minuit, c’est un film plein de tact, beaucoup plus sobre que La Guerre est Décarée mais pas moins passionnant.

 

 

 

 

 

 

NUMERO 8

 


 

PICCOLI MERITAIT LE PRIX D’INTERPRETATION CANNOIS. Il est excellent dans cette farce du génie Moretti où un Pape désigné à l’insu de son plein gré, se tire du Vatican et laisse tous ses potes dans la merde. Puis il revient ensuite, et tout le monde joue au volley-ball. Leçon de mise en scène de l’Italien le plus drôle du monde, le film est une ode à la liberté et fit marrer tout Cannes qui l’évinça injustement de son palmarès.

 

 

 

 

 

 

NUMERO 7

 

 

Un film de Christophe Honoré, pour moi c’est comme une madeleine pour Proust. Sauf que ma grand-mère ne m’a jamais fait manger de DVD. Enfin pas de DVD de Christophe Honoré. Donc ma comparaison est moyenne. Honoré donc, puisque c’est de lui qu’il s’agit, revient à la recette qui lui avait valu son meilleur film, Les Chansons d’Amour. On prend des stars et on leur fait chanter des trucs vachement bien écrits et composés par le talentueux Alex Beaupin. Ensuite, on filme leurs problèmes de coeur. Parce qu’ils en ont tous. Certains aiment trop, d’autres pas assez. C’est le bordel et tout le monde aime un peu personne. Je suis pour ma part toujours amoureux de Chiara Mastroianni. Si tu me lis…

 

 

 

 

NUMERO 6

 

 

Tous ensemble, bénissons Quentin Dupieux, aka Mr Oizo. C’est lui qui les a mis sur la bonne voie avec son sublime Steak. Eric et Ramzy sont les comiques français les plus drôles, c’est un fait. Halal Police d’Etat est enfin l’occasion pour eux d’aller au bout de leurs idées, sans se sentir obligés de légitimer sérieusement toutes les digressions géniales qui leur sont propres. Ainsi, si le Kabyle (Eric) a durant tout ce film cet affreux accent, c’est parce qu’il a été enlevé par des extraterrestres, point barre. Une merveille largement sous-estimée qui prendra de la valeur avec les années. A voir également la série d’Eric Platane, ce qui s’est fait de mieux à la télé cette année.

 

 

 

 

 

NUMERO 5

 

 

A Cannes, c’est le film qui a reçu le meilleur accueil lors de la projo. Je n’ai vu personne quitter la salle avant la fin (pour Tree of Life, en projo du matin, on n’était plus qu’un quart lorsque les lumières se sont rallumées, dont la moitié dormait profondément), tout le monde rire aux éclats. Avec deux caméras et deux acteurs dans un grand appartement, Alain Cavalier délire. Il sera le prochain président et Vincent Lindon son premier Ministre. Personnages et acteurs se mélangent, on parle d’ascenseurs et de gros salaires.

 

 

 

 

 

 

 

NUMERO 4

 

 

Où Almodovàr signe son plus beau film. Dérangé, dérangeant, il raconte l’histoire d’un docteur Frankenstein qui… j’en ai déjà trop dit. Tout est beau dans ce film, chaque plan, chaque acteur. Le scénario lui, est dérangeant à souhait. On en ressort bien bousculé, c’est une vraie expérience à tester. Et faut être honnête, Antonio Banderas, c’est quand même autre chose que Brad Pitt.

 

 

 

 

 

 

 

 

NUMERO 3

 

 

Bon, j’ai pleuré. Je sais que c’est pas triste. je sais pas pourquoi j’ai pleuré. C’est quand elle cuisine, là, et quand elle fait du patin à glace… C’est l’histoire d’un acteur superstar qui loge dans un hôtel chicos et reçoit sa fille pour quelques temps. Une histoire simple comme sait les construire ma chouchoute Sofia Coppola, de laquelle naît un film magique envoûtant, à savourer tranquillement.

 

 

 

 

 

 

 

NUMERO 2

 

 

On a dit qu’on était honnêtes, hein. OK, à Cannes, c’est le seul film devant lequel je me sois endormi. Mais je sortais de quatre séances, aussi, dont une d’un film russe où les personnages principaux étaient des cochons qui ne faisaient rien. Revu ensuite, revu et revu, je m’en suis voulu. Vraiment. A me flageller tous les soirs dans ma chambre. Ryan Gosling est PAS MAL, Care Mulligan est GENIALE, la musique est dans ma tête pour l’éternité et chaque plan est d’une classe folle. Monsieur Refn (comment on prononce votre nom, il est chelou ?!), je m’incline, vous m’avez tué.

 

 

 

 

 

 

NUMERO 1

 


Bertrand Bonello siège donc en tête de mon top de l’année. Facilement, qu’il y siège, tant il m’a émerveillé. Il est question, dans son Apollonide, de putes de luxe dans l’ancien temps. Donc plein d’actrices à poil et de clients chelous pervers joués par des réalisateurs homos que j’adore. La beauté façonnée par le créateur, une parabole sur le cinéma, un délice pour les yeux, les oreilles et le cerveau. Un film qui habite. Et non, il n’y a pas de contrepétrie.

 

 

 

 

 

 

 

 

ET juste pour conclure, les trois plus gros navets :

 

NUMERO 3 : Tree of Life, où des dinosaures mangent la terre et l’eau et Brad Pitt qui tourne autour des arbres avec Sean Penn qui marche dans un canyon. Non, en effet je n’ai pas tout compris.

 

NUMERO 2 : Polisse, où tous les flics ont des problèmes mais un bon fond, et les ados qui sucent pour un portable sont ridicules, à te faire exploser de rire. Et où Joey Starr pleure beaucoup.

 

NUMERO 1 : Ma Part du Gâteau, où Cédric Klapisch a dû fumer je-sais-pas quoi, filmant un type super riche donc super méchant qui a une femme du ménage super pauvre donc super gentille et qui apprend la bourse, un truc super compliqué on-peut-pas-comprendre.

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