Petit précis de littérature approximative

La langue française est riche de mots dont l’amplitude sémantique permet les combinaisons les plus folles.
Hélas, trop nombreux sont ceux qui sont tombés aux oubliettes, remplacés par des termes plus branchés : langage sms, informatique, anglicismes et cetera.
J’ai pourtant une affection particulière pour les vieilles expressions françaises, cartes postales d’un temps révolu dans lequel j’aime de temps à autre me plonger. Mais surtout parce que je les trouve très très drôle. J’évoquais à ce propos mon amour indéfectible du très joli dès potron-minet auprès de quelques amis, qui m’ont confié en grimaçant, ne jamais avoir entendu cet étrange babillage. Mettons donc les choses au point. Dès potron-minet est une expression dont la locution d’origine, dès le poitron-jacquet, est apparue au XVIème siècle. Poitron est un mot issu du latin vulgaire posterio, qui signifiearrière-train pour les plus prudes d’entre nous, et cul pour les autres. Jaquet désigne quand à lui l’écureuil. L’expression dès poitron-jaquet se traduit littéralement par « dès que l’on aperçoit les petites fesses dodues de l’écureuil« . Ce qui nous apprend du même coup que les écureuils se lèvent tôt.

 

Le poitron s’est ensuite transformé en potron, plus facile à prononcer, et le rongeur a été remplacé par le félin. Là encore, la langue française nous apporte de précieux renseignements zoologiques. J’étais persuadée que les chats roupillaient toute la journée. Comme quoi, faut pas se fier aux apparences.

Exercice pratique, pour vérifier si tu as bien compris : Dans le texte suivant, substitue dès potron-minet à la locution adéquate.

Demain dès l’aube 

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo, 1865.
Réponse Eh ouais, c’est vachement moins sexy comme ça !
˙ɹnǝןɟ uǝ ǝɹǝʎnɹq ǝp ʇǝ ʇɹǝʌ xnoɥ ǝp ʇǝnbnoq un
ǝqɯoʇ ɐʇ ɹns ıɐɹʇʇǝɯ ǝɾ ‘ıɐɹǝʌıɹɹɐ,ɾ puɐnb ʇǝ
‘ɹnǝןɟɹɐɥ sɹǝʌ ʇuɐpuǝɔsǝp uıoן nɐ sǝןıoʌ sǝן ıu
‘ǝqɯoʇ ınb ɹıos np ɹo,ן ıu ıɐɹǝpɹɐƃǝɹ ǝu ǝɾ 

 

˙ʇınu ɐן ǝɯɯoɔ ɐɹǝs ıoɯ ɹnod ɹnoɾ ǝן ʇǝ ‘ǝʇsıɹʇ
‘sǝǝsıoɹɔ suıɐɯ sǝן ‘ǝqɹnoɔ sop ǝן ‘nuuoɔuı ‘ןnǝs
‘ʇınɹq unɔnɐ ǝɹpuǝʇuǝ suɐs ‘sɹoɥǝp nɐ ɹıoʌ uǝıɹ suɐs
‘sǝǝsuǝd sǝɯ ɹns sǝxıɟ xnǝʎ sǝן ıɐɹǝɥɔɹɐɯ ǝɾ

˙sdɯǝʇƃuoן snןd ıoʇ ǝp uıoן ɹǝɹnǝɯǝp sınd ǝu ǝɾ
˙ǝuƃɐʇuoɯ ɐן ɹɐd ıɐɹı,ɾ ‘ʇǝɹoɟ ɐן ɹɐd ıɐɹı,ɾ
˙spuǝʇʇɐ,ɯ nʇ ǝnb sıɐs ǝɾ ‘nʇ-sıoʌ ˙ıɐɹıʇɹɐd ǝɾ
‘ǝuƃɐdɯɐɔ ɐן ʇıɥɔuɐןq no ǝɹnǝɥ,ן ɐ ‘ʇǝuıɯ-uoɹʇod sǝp’uıɐɯǝp

ʇǝuıɯ-uoɹʇod sǝp uıɐɯǝp

 

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