Range ta chambre ou je t’encule !

Parlons poésie. La menace sodomite figure en bonne place dans le classement des injures à la mode en pays francophone. Ailleurs aussi, mais ceci est une autre histoire.

Elle succède aux indétrônables idiomes scatophiles et autres référence aux péripatéticiennes. Loin devant l’insulte matriarcale, elle se décline  en outre en de nombreuses variations, en évoquant tour à tour l’acte en lui-même et sa victime ; mais jamais le protagoniste. La menace sodomite a le vent en poupe, en particulier dans le sud de la France où elle se substitue à la ponctuation.
Rien que de très banal donc, si ce n’est que la menace sodomite est totalement dénuée de bon sens. Employée comme une menace, elle est pourtant évocatrices de plaisirs charnels. Ainsi le français lorsqu’il se veut agressif fait appel à son organe sexuel plutôt qu’à sa violence latente, sa collection d’armes de poing, ou ses antécédents judiciaires. Rien ne paraît à ses yeux plus impitoyable qu’un bon coup de bite. Le français est un mec un peu chauvin, très fier de son engin.

À ce stade, la sodomie semble représenter une punition cruelle, humiliation suprême, caca-berk toussa toussa. Pêché mortel aux yeux de tous les Dieux de la création (oui, même chez les grecs. S’il était de bon ton d’enculer, se faire était prohibé) la menace sodomite est probablement un reste de morale religieuse, choisi au hasard parmi une foultitude de dogmes ô combien plus contraignants.

Pourtant, une enquête menée en 2007 révèle que 37% des femmes et 45% des hommes ont déjà fait l’expérience de la pénétration rectale. Il est fort à parier que nombre d’entre eux ont également et à plusieurs reprises, usé de la menace sodomite en période de conflit. Et ce, envers et contre ceux qui, comme eux, en ont déjà joui. C’est un peu l’histoire du petit bris qui dit au camembert « tu pues« .
Celui-là même qui dans un accès de colère aura usé de toute sa force de persuasion contre un inconnu garé sur sa place de parking réservé, mettra ses menaces à exécution… Le soir, à la maison. Tout cela manque un peu de cohérence, n’est-ce pas ?

Conclusion : Celui qui dit qui est.

5 commentaires

  1. S’eut été peut être intéressant de développer le pourquoi de l’existence majoritaire de cette menace sodomite plutôt qu’une autre. Choisie au hasard je ne pense pas. En trois mots : soumission, humiliation, douleur ?

    Mais oui cela manque de cohérence ! Surtout pour une telle conclusion !

  2. C’est quand même curieux cette propension à ne voir que le côté négatif pour ceux qui prennent du plaisir à « se faire mettre » comme le disait si bien Thierry le Luron « Chacun fait ce qu’il veut avec son cul » Pour ne pas mourir idiot il faut au moins essayer mais pas avec un sauvage, mais avec un vrai jouisseur Hasta luego baby!!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*