Féminisme, chiennes de garde et autres grognasseries

 

 

 

 

 

 

 

« Après trente ans passés à étudier la psychologie féminine, je n’ai toujours pas trouvé de réponse à la grande question :

Que veulent-elles au juste ? »

Freud

Tu sais  que j’aime tout particulièrement rôder, fouiner, trifouiller dans la grouillante blogosphère et, aujourd’hui, j’aimerai nous parler d’un phénomène qui a salement tendance à se répandre et qui m’outre, me chagrine vigoureusement :

Le féminisme part-il en couilles ?

– Les infidèles :

C’est sorti hier et comme tu ne l’ignores plus, les affiches ont foutu un dawa monstre.

Honteux ! Scandaleux ! s’indigne la bullosphère de vagin féminin.

« Une grave atteinte à la dignité de nos ovaires, à l’honneur de nos vulves » qu’elles hurlent (avec un peu de bave aux coins des lèvres)

C’est toute tremblante d’appréhension que je m’en vais zieuter d’un peu plus près ces racailles d’affiches insultantes.

Euuh… Ai-je la pudibonderie catin ? Suis-je indécemment cool, ouverte d’esprit (et de cuisses) ? Ma conscience-de-fille-sérieuse batifole-t-elle derrière mon dos ?

Celles-là même, qui nous exhortent depuis des mois à « OSER LE CLITO ! » deviennent furies à la simple vue d’une affiche représentant Monsieur Dujardin, le nez entre deux guibolles, prêt à OSER, justement. (Mais quel Homme !)

Là, grand moment de vide, j’écrase dubitativement ma cigarette, prends ma tête entre mes deux mains et la secoue doucement (pendant que le soleil illumine, sublimement ma chevelure. Ça, c’est pour que tu te représentes BIEN la scène.) Je suis perdue. Je suis totalement perdue.

– Mademoiselle :

Mademoiselle est morte, la semaine dernière.

Ou celle d’avant, je ne sais plus trop bien.

 » La parité ENFIN rétablie ! » ont aboyé les chiennes de garde.

Mais parmi mes contactEs virtuelles, beaucoup avaient le coeur en berne, ce jour là.

Accusée, avec virulence, de jeter nos vies INTIMES en pâture, Mademoiselle est passée à la guillotine, les féministes se sont senties pousser des couilles.

Là, je me souviens, déjà avec nostalgie, du charmant petit jeune homme du SAV des cafetières Carrouf, l’oeil pétillant et le sourire coquin, remplissant mon formulaire de doléances :

 » -Madame ? Mademoiselle… ?  »

 » – Mademoiselle  » répondis-je, de ma voix la plus suave possible ( Lolilol Marge Simpson ouais !)

S’il avait été moche, j’avais toujours la LIBERTE, d’opter pour un « Madame » cinglant, que je sâche.

Et pendant que nos petites dames couillues sont toutes affairées à décapiter de la demoiselle, l’excision est toujours très tendance en des contrées lointaines, pas si lointaines en vérité.

Ah bon.

– « Les filles, tripotez-vous ! » ( http://www.vice.com/fr/read/tripotez-vous )

( Si tu es originaire des contrées lointaines citées ci-dessus, ce passage risque de ne pas te paraître bien folichon…Je te recommande de le sauter, chaudement.)

Alors ça, c’est le titre d’un billet rédigé par une influente blogueuse, réputée pour défendre la cause féminine avec hardeur. (Comment ça, pas de H ?!)

Je suis tombée dessus lors d’une de mes maraudes nocturnes, il y a quelques semaines déjà, mais j’en ai encore l’organe cardiaque tout frémissant de rage, juste en y repensant.

Dans cet article dégoulinant de mépris envers les gens de bite masculine, grosso modo, la DEMOISELLE (Im a fucking anarchist, tavu) nous enjoint, tout d’abord, de façon limite agressive, de nous « tripoter » donc.

Je m’interroge : Combien sommes-nous, dans cette foule humide et frustrée,  à avoir attendu son salvateur feu vert ?

Emportée par son sentiment de toute-puissance enrobée d’une poisseuse arrogance, Madame-je-sais-tout-j’ai-tout-vu-tout-vécu, enchaîne sur les joies, multiples et variées, du sex toys, BIEN PLUS fun qu’un mec, qui (je cite)  » fout des fluides partout dans les draps et vous refile des émotions ou des morpions, voire les deux ».

Avant de conclure, rutilante d’aplomb, « la masturbation sert à rappeler aux filles hétéros qu’être lesbienne est la bonne solution »

AU SECOURS ! JE VEUX SORTIR D’ICI !

Nom d’une chienne.

Et je suis au regret de constater que ce genre de litanies stupides et revanchardes, se propagent allègrement on ze ouèb…

Je suis issue d’une famille, en grande partie constituée de femmes indépendantes et fières.

Des femmes qui portent la culotte (le string ou le tanga) et n’ont pas peur de hausser la voix.

Des femmes qui se sont imposées pour conduire, voter, avorter, jouïr librement.

Et ces femmes ont eu l’intelligence de comprendre qu’il fallait faire AVEC et non pas CONTRE les hommes.

Féministes, chiennes de garde et autres grognasses, levez un peu la tête de vos clitos, ouvrez vos yeux de biches et battez-vous pour des causes qui en valent vraiment la peine.

Elles ne manquent pas, malheureusement.

Une dernière chose, avant de débarasser le lino : t’en va pas croire que ceci est un vibrant plaidoyer en l’honneur des mâles en général. Je n’ignore pas que dans le lot y a aussi un sacré paquet de fils de putes.

Big bisous partout.

10 commentaires

  1. Moi je plain les féministes… elles s’attaquent à des détails ! Le « mademoiselle » et l’affiche des « infidèle » OK mais après les choses importantes !

  2. alors la, je ne peux que valider ! Le pire c’est que c’est (enfin j’espère) une minorité qui impose sa vision, et sa hargne par la même occasion, et que ça rejaillit sur toutes les femmes. Et on passepour des emmerdeuses gourdasses sans cervelle aux combats futiles !

  3. Mais comment je ne peux qu’être d’accord avec tout ce qui vient d’être écrit !
    Les chiennes de garde ne sont de vulgaires (vulvaires ?) copies de nos féministes des temps anciens qui se battaient pour des droits, des vrais !
    On ne se fait plus appeler Mademoiselle ? Elle est où la parité là dedans ? Quand on sait que les « Madame » à compétences égales touchent moins que les « Monsieur » !
    Et puis, le Mademoiselle avait une signification bien plus importante que le simple fait d’identifier une jeune fille qui n’était pas encore mariée… Ce simple petit mot faisait aussi partie du passage à l’âge adulte, du fait de devenir une « femme » avec tout ce que ça implique (si vous voyez ce que je veux dire).
    Alors « Mesdames » les chiennes de garde, allez donc garder votre cul assis sur vos chaises et laissez les demoiselles défendre leurs droits toutes seules.

    C’est sûr que vous n’avez rien de mieux à faire que de venir faire suer avec des conneries pareilles ! Les femmes battues, on s’en fout, les femmes violées on s’en occupera plus tard, les femmes expulsées avec enfants tant qu’il fait pas trop froid, elles peuvent bien rester dehors, et j’en passe et des plus pires ! Occupez-vous donc des choses vraiment importantes et surtout qui importent aux FEMMES, aux vraies, celles qui ont un vagin et du poil autour bandes d’andouilles !

    Une mamie qui fera la résistance du « Mademoiselle » tant que la marque CHANEL existera !

  4. Bah oui, c’est justement ce que je disais ‘taleur : foutue direct en rubrique « mauvais genre »
    J’ai beau m’acheter des chemises Berenice et des sacs à main Zadig & Voltaire, le mauvais genre me colle à la peau, bordel de putes à queues.

    Sinon, merci à Mamie de si joliment résumer le fond de ma pensée brouillonne.

  5. Mamie, on t’aime.
    Tailleur chanel, talon entre 3 et 5,5 cm et jupe au creux du genou : la nouvelle modernité quoi.

    D’ailleurs maintenant c’est décidé, je me renouvelle, je m’engage pour la parité, la vrai : mettre les beaux mâles à notre niveau (si si ne riez pas !)
    Je vais saluer mon cassier trop craquant d’un « bonjour mon damoiseau »
    Je vais rappeler mon homme de ménage (ceci n’est pas une blague)
    Et plus tard, quand je serai qq’un, quand je serai une dadame rangée (quoi on peut rêver, non ?), quand j’aurai une situation… je choisirai mes secrétaires sur critères de compétences : bruns, chevelure ondulée, yeux noisettes, belles épaules, jolis poignets. __ quoi ? comment ? ce ne sont pas des compétences ça ? ah bon je croyais pourtant __ (mais rassurez-vous, il sera moins bien payé qu’une feu-Mademoiselle).
    Bref, je veux restaurer la promotion canapé, je veux la parité, toussa toussa.

  6. Donc, si je suis bien ton raisonnement, Mi, la parité homme/femme se gagnera en treillis, doc martens et pull camionneur.
    D’accord.
    Et sinon pour les couilles, on fait comment ?
    On attend qu’elles poussent ?
    On s’en greffe ?
    Et le petit caissier, si on lui balance un « bonjour mon damoiseau ! », il risque pas d’être TROP content…?

  7. Ce qui a été écrit résume parfaitement mon opinion sur ce sujet délicat (quand on est burné, s’entend). La fin du « mademoiselle » (dans les documents administratifs seulement, pour le moment, en attendant qu’il soit passible d’amende pour son usage courant) est à mon goût très regrettable. Du point de vue de la langue, premièrement, qui perd un mot fort joli pour se remémorer avec émoi une jeune femme croisée dans la rue ou issue d’un passé que l’on ressasse avec nostalgie. Du point de vue de la politesse ensuite, car ce mot est usité pour s’adresser à une enfant (pour marquer sa bienveillance) ou même une femme (afin de flatter son égo). « Madame » évoque pour moi une vie rangée dans le placard de la monotonie du couple marié, la morosité de la femme à qui les affres du temps n’épargnent rien et serait très déplaisant, je pense à adresser à une jeune femme.
    N’en déplaise à celles qui se revendiquent de la gent féminine, je continuerai d’utiliser ce mot. Non au nom des traditions, que je conchie pour leur immense majorité. Non par rébellion, car il y a hautement plus symbolique et plus injuste à piétiner copieusement. Ni par souhait de rabaisser la femme, car ce n’est pas mon genre. Mais par plaisir conjoint de ne pas faire sombrer ce mot à la puissance évocatrice très poétique dans les méandres de l’oubli et de faire chier toutes celles qui voudraient me faire culpabiliser d’être né burné. Car elles jettent l’anathème non seulement sur le sexe masculin, qu’elles s’imaginent misogyne dans son ensemble, mais également sur toutes celles qu’elles prétendent représenter, en les avilissant au rang de victimes naturelles et désignées, les dépréciant autant que peuvent le faire les esprits les plus rétrogrades en la matière.

    Le combat féministe est un combat légitime. Un combat juste. Un combat utile. Que les femmes ne le laissent pas être drapé du voile de la revanche, puérile autant que stérile ! Les jeunes hommes d’aujourd’hui (dont e suis un peu fier exemple, cela dit, mais pour d’autres raisons) ont dans leur majorité (du moins, espère-je) acquis les valeurs défendues par les suffragettes, les soixante-huitardes et autres combattantes de l’égalité des droits civiques.
    S’il subsiste aujourd’hui encore des mentalités arriérées, des butors enfermés dans le monolithisme de dogmes passéistes, des mufles emprunts de valeurs traditionnelles, des goujats ancrés dans une représentation erronée et stéréotypée de la société, il faudra hélas attendre leurs trépas pour voir s’éteindre peu à peu le machisme globalement partagé par certains. Eduqués ainsi, certains ont des conceptions périmées du rôle de la femme. Les hommes ne sont pas équitablement responsables du malheur d’une frange encore trop importante de la population.

    Les chiennes de garde se trompent de combat et à force d’aboyer pour voir disparaître des règles de grammaire, perdent crédibilité et légitimité auprès des femmes qui ne sont pas assez dupes pour penser que bannir un mot rendra leur quotidien plus acceptable.
    Je parle de règles de grammaire pour en venir à cette curieuse proposition, qui s’incruste insidieusement et de plus en plus fréquemment dans le débat public. Les élèves français apprennent que le masculin l’emporte (sur le féminin, sous-entendu). Cette règle enfermerait les enfants dans un carcan et les prédestinerait à reproduire des schémas phallocrates et patriarcaux.
    Petit point de grammaire à l’usage de celles qui voudraient que verbes et adjectifs s’accordent avec le dernier nom le précédent ou le premier nom lui succédant (ex: « Garçons et filles sont contentes » ou « Contentes sont les filles et les garçons », c’est un exemple bateau, je sais) : la confusion entre sexe (le dimorphisme sexuel qui consiste à séparer l’espèce humaine en deux suivant les chromosomes et non suivant les organes reproducteurs, comme cela est souvent affirmé, au grand dam des hermaphrodites et pour le bénéfice des transsexuel(le)s) et genre (trait grammatical servant à entrer un mot dans une catégorie, et non le concept de distinction entre hommes et femmes suivant des critères non-biologiques). Ainsi, les mots « masculin » et « féminins » n’ont qu’un rapport homonymique (oui, j’ai vérifié, ça existe) avec les sexes masculin et féminins lorsqu’on entre dans le domaine de la grammaire française et non un rapport sémantique.
    En outre, une telle règle pose des soucis dans son application. En effet, appliquons cette règle à la phrase suivante : « Heureux dans leur couple, Jean-Mouloud et Gertrude étaient beaux à voir. »
    Cela donnerait : « Heureux dans leur couple, Jean-Mouloud et Gertrude étaient belles à voir. » On constate la rupture de la continuité de la phrase. Il semble qu’on parle de personnes de sexe (et non plus de genre) différents.
    Gageons dors-et-déjà qu’entérinée, cette règle stupide, ne serait pas appliquée par ceux qui font encore la conversion en francs des prix et de ceux qui s’échinent à répéter « au coiffeur » ou « la voiture à Dédé » malgré que certains (tels que moi-même) s’arrachent les cheveux à les reprendre. Enfin, je doute qu’ajouter une règle de grammaire à géométrie variable, aussi lourde dans les changements qu’elle implique et aussi dur à respecter par les parents, s’imprimera dans les crânes des écoliers qui accumulent déjà lacunes et retards en orthographe/conjugaison/grammaire/vocabulaire sur leurs aïeux (étant étudiant moi-même, je le constate au quotidien).

    Sinon, les femmes françaises n’ont toujours pas obtenu l’égalité salariale. D’autres sont encore battues à mort quotidiennement. D’autres violées. Et à l’heure où je ponds cette logorrhée qui ne sera sûrement pas lue, le conseil constitutionnel a cassé la loi sur le harcèlement sexuel, rendant chaque jour nulle et caduque la tenue de dizaines de procès, graciant ainsi des patrons aux mains baladeuses, des collègues bien lourds et autres grossiers pignoufs.
    Où est la priorité ? Changer les moeurs à coups de lois insipides et absurdes, ou protéger au quotidien l’intégrité physique et morale des femmes qui sont spoliées du fruit de leur labeur, agressées sexuellement ou occises par leurs compagnons ?

    Pour finir, je tiens à préciser que les féministes suédoises ont obtenu de pouvoir aller à la piscine avec, au même titre que les hommes, l’obligation de ne porter qu’un vêtement de bain recouvrant les organes génitaux. Ainsi, elles sont libres de laisser flotter leurs seins. En tant que jeune homme idéologiquement favorable au féminisme, j’approuve cette mise à jour de l’égalité de traitement de la clientèle des piscines publiques, qui ne contraint pas les femmes à davantage d’obligations que les hommes. D’un point de vue de jeune homme hétérosexuel friand de chairs dénudées, j’approuve et j’applaudis, même cette initiative louable pour le plaisir des yeux.

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