Dinde. Cuisson bleu.

Par • 31 mai, 2012 • Catégorie: en une, Milfternité, Tu sais pas quoi
« Von Kitsch : Dis-moi, poussin, j’ai écrit un billet qui me tient vraiment à cœur mais j’ai l’impression que je me suis salement vautrée dans la guimauve; il est pas méga-délire et, pompon sur le gâteau, je l’ai rédigé en écoutant du Portishead…
Tu visionnes un peu le drame ?
Ça mérite d’être rendu public selon toi ?
Poussin : Si ça peut t’éviter le psy, why not ? »

« Who will love me now ? Who  will ever love me ? »

P.J Harvey.

J’ai encore fumé trop de café et l’orage reste suspendu, silencieux, mais lourd de poisseux présages que le ventilo peine à disperser.
Je colorie mes ongles en rose pour tromper l’ennui.
J’ai le moral humide, les méninges qui crépitent comme une Kalachnikov ;
C’est donc vrai qu’on ne nagera plus jamais ensemble ?

C’est ce jamais qui me bousille de l’intérieur.

Ce putain de  jamais, qui m’écorche tripes et boyaux.
Jamais.
Plus jamais.
Et cette saleté de vernis qui ne veut pas sécher.
La première fois que je t’ai vu, je me suis juste pris un tank en plein cœur.
Les choses ont été incroyablement simples et fluides : c’est toi que je voulais et surtout pas un autre, toi et tes beaux yeux noirs qui dégoulinaient déjà d’un amour démentiel.
Tu m’as instantanément portée une attention démesurée. Certes, valorisante mais aussi effrayante par son intensité.
Je suis, très vite,  devenue les néons de ton Las Vegas,  les diamants de ton Manège à bijoux, les étoiles de ta nuit.
Mais surtout : ton sang, ton oxygène, ta raison de vivre.
Tu m’as enrobée d’un amour pané de dévotion et mangée toute crue.
Moi, d’ordinaire si farouche en démonstrations affectives,  sentimentalement borderline, je me suis mise à t’appeler ‘mon petit cœur’, à rentrer plus tôt à la maison,  à m’inquiéter de tes absences.
Ma pudeur est devenue danseuse au Crazy Horse.
Tu m’as rendue dinde, cuisson bleu.
Ma vie n’était qu’acrobaties, et,en devenant mon ombre, t’as su la rendre bien moins bancale.
C’est moi qui ai eu le sale rôle, celui de décider « on va arrêter là. »
Et je m’en fais un ulcère de la tristesse.
J’ai nos habitudes qui refusent de cicatriser, le vide de toi qui fait des vagues.
Parfois la nuit, j’ai l’impression de t’entendre encore respirer.
J’ai l’âme tatouée de ces 14 années de vie commune.
Qui va m’attendre ?
Qui va finir mes pots de Ben & Jerry’s ?
Qui va m’aimer à présent ? Qui va m’aimer toujours ?
Maintenant que tu n’es plus là.
Mon petit chien chéri.
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est "God is love, but get it in writing" la-vaurienne.overblog.com
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