SNCF mon amour

Ma petite Société Nationale,
mon tout petit chemin de fer adoré,
mes petits cheminots aimés,

Je vais mourir ! Non j’déconne. Mais quand même, depuis 25 ans que l’on se connaît, vous ne m’aviez jamais donné de nouvelles. Quelques courriers publicitaires à noël et une remise pour la mort de grand-père. Ainsi, à l’aube de ma maturité synonyme de pourriture de carte 12-25, je ne m’attendais pas à recevoir des nouvelles de ma petite Société préférée.

Ainsi, quelle ne fut pas ma surprise de recevoir non pas un, ni deux, mais trois courriers de toi m’annonçant que j’avais insidieusement oublié de payer en juin dernier un Paris-Nantes à 113,70€ (n°2564001256), un Nantes-Paris à 113,70€ (n°183100465) et un Paris-Clermont Ferrand à 109,70€ (n°2068301554), le tout avec relance pour un montant de 386,00€ (amende n°211119031088). Merci pour la reduc’ sur le dernier, c’est toujours sympa. Même si j’aurais quand même préféré que tu me l’annonces de vive voie.

J’aimerais te rappeler, chère Société Nationale, qu’à quelques semaines de mon anniversaire, l’idée était plutôt de m’envoyer un chèque d’un montant de 386€ (ou 723,10€ je comprend rien) plutôt que de les quémander comme un roumain dans les wagons de ton cousin Régie Autonome. Je ne veux pas te commander, mais vu que tu me recommandes tes courriers, je propose.

Ensuite, bien que j’apprécie que tu te soucies de mes déplacements, j’aimerais que tu n’en profites pas pour me sous estimer. Pour qui me prends-tu ? Autant je veux bien assumer un Paris-Nantes-Paris au mois de mai pour profiter des bords de l’Erdre, autant un voyage à Clermont-Ferrand alors que le soir même il n’y avait aucun concert à la Coopérative, c’est vraiment avoir une image bien basse de moi.

Pour ton information, parce que contrairement à toi, j’aime en donner, et avec le sourire, le mercredi 22 juin, j’étais toute la journée dans les locaux d’Orange (une ancienne ex-Société Nationale comme toi bientôt…) et le soir j’étais dans un état d’ébriété absolu sur une péniche en face de la rue de Solferino après un concert avec le Wigwam Squaw. J’y ai passé la nuit comme pourront te le confirmer les cinq membres du groupe ainsi que Blandine, une groupie trouvée dans les loges mais également les deux videurs de l’entrée que j’ai failli jeter à l’eau, le gardien du parking que j’ai refusé de payer et les serveurs qui ont apporté des verres toute la nuit sans nous les facturer. Et je ne te parle pas de la demoiselle des cabinets parce que je n’ai pas gardé son numéro. Je suis ensuite rentré chez moi en bus sans prendre de ticket et j’ai écopé d’une amende à la station Gabriel Peri. Ma petite Régie Autonome, pourtant en tarif de nuit me l’a fait à une trentaine d’euros, pour ta re-information. Et je l’ai payé. Comme un con.

Le lendemain, nous étions quand même le 23 juin. N’étant pas à Nantes la veille, je n’en suis malheureusement pas revenu. Et tel un TER de province, je me suis rendu comme tous les jours de ce mois où il fait plutôt chaud dans les mêmes bureaux d’Orange près du très joli Parc Monceau où je te conseille d’aller avec ton amoureuse. On y croise parfois des gens dont les retouches de visage coutent aussi chères que leur voiture, mais l’ambiance y est fraiche et bonne. A l’inverse des gens donc. Désolé, je m’égare. Et pas dans les tiennes.

Un an après, il fait toujours aussi beau. J’espère qu’à Béziers Cedex il pleut. Ça vous ferait les pieds.

Je vous prie d’agréer, chère Société Nationale et tout le tsoin tsoin, l’expression de mes raillements distingués

Votre Benjamin Lemaire qui vous aime

3 commentaires

  1. Benjamin Lemaire est photographeur, réalisateur, blogueur, loleur, conneriteur, astronoteur, manageur, visionneur et tracteur sur les lignes SNCF. Tout est vraiment surdimensionné chez Benjamin, non ?

    En ouvrant son courrier le 18 avril dernier, Roger, exploitant dans le nord-Finistère, a été plus que surpris. Il a reçu une amende pour « non acquittement de la redevance » pour un stationnement au numéro 4 de la rue de l’Hôtel Saint-Paul, Paris le 28 mars à 12h30.

    Le hic, c’est que l’immatriculation du véhicule (dont la marque est notifiée « autre » sur le pv), correspond à un tracteur agricole de marque Valtra de 285 chevaux ! Il s’agit du tracteur le plus puissant du canton, dont les dimensions impressionnantes se prêtent peu à la circulation en ville avec ses 3m65 de haut et 2m85 de large. …

    D’où l’inquiétude du propriétaire… « Ce jour là, le tracteur était à à 4 kilomètres et demi de sa cour de ferme, en train de préparer la terre pour les pommes de terre ». « Et puis d’ici, à 40 km heure, en prenant les départementales… ça fait de la route ! » J’ai vérifié : 618 km avec une arrivée par l’Avenue des Champs-Elysées et les quais… pour terminer rue de l’Hôtel Saint-Paul, une rue à sens unique et stationnement unilatéral de 50 mètres, située entre la place de la Bastille et la mairie de Paris ! Un courrier en recommandé a été envoyé le 30 avril pour expliquer l’impossibilité des faits… ».

    Ce qu’espère Roger, c’est que ce ne soit pas le début d’une longue série de PV indus !

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