J’emmerde footeux, supporters, journalistes et ballons

Lorsqu’on parle de foot, je n’aime plus personne, et c’est un vrai problème, parce que je n’aime déjà pas grand monde en temps normal…

Non pas que j’ai eu un quelconque problème dans ma vie avec un ballon, plutôt que les comportements que ce machin noir et blanc tout laid et tout rond engendre m’exaspèrent.

Je n’aime pas les footballeurs cons.

Et je n’aime pas non plus les gens qui répondraient que tous le sont. Nasri est un putain d’abruti de merde, vraiment, autant que Zidane lorsqu’il a donné son coup de boule à l’autre con d’Italien. Je n’aime pas les Italiens parce qu’ils tombent tout le temps, c’est mon coloc qui me l’a dit.

Je n’aime pas les footballeurs intelligents. Dhorasoo ne m’agace jamais lorsqu’il intervient à la télé ou dans la presse écrite, mais sa façon d’agir, lui qui s’en est foutu plein les fouilles grâce au ballon rond et se la joue désormais « le-foot-c’est-de-la-merde », me gêne beaucoup. Je n’aime pas les gens qui n’aiment pas Dhorasoo, parce qu’en général, c’est parce qu’il est trop intelligent.

Je n’aime pas les journalistes sportifs. Ce ne sont pas des « enculés de fils de pute », pensé-je, plutôt des ingrats. Pierre Ménes est un idiot fini dont les joueurs doivent rire aux blagues pour avoir le droit à d’élogieux papiers un peu partout. C’est mon coloc qui me l’a dit, aussi. Un peu partout, c’est dans l’Equipe, parce que je déteste ce monopole de la presse quotidienne footballistique que le journal détient. Il me gêne, et la pensée footballistique unique (oui, l’Equipe c’est un journal de football, quoi de plus ?) me semble dangereuse.

Je n’aime pas les supporters, ils me forcent à ne pas les vexer, à être d’une neutralité insupportable. Les taquiner c’est rentrer dans leur fanatisme, et admettre à son tour se faire taquiner pour ne pas aimer telle équipe plutôt que telle autre, pour un aléa purement géographique comme l’a expliqué à plusieurs reprises François Bégaudeau dans ses excellentes tribunes footballistiques. Des discussions qui tournent en rond et dont on ne ressort pas grandi.

Je n’aime pas les commentateurs télé, vivants ou morts, que l’on starifie alors qu’ils ne devraient être que de simples journalistes, effacés face à un beau spectacle. Là, de spectacle il n’y a pas, je n’aime pas le football. Je n’aime pas l’équipe de France, elle est la cause de ce ras-le-bol. J’ai honte d’elle, j’ai honte de ce qui va arriver. J’ai honte des premières réactions post-Nasri, des gens qui prennent les propos sévères envers le jeune homme pour racistes, et légitiment cette façon d’être. J’ai honte de mes représentants en bleu marchant sur le terrain, s’amusant en interview, repartant avec leurs belles primes.

Je n’aime pas les gens qui réduisent le football à l’argent, je refuse de les aimer.Il ne faut pas tomber là-dedans. Il faut que vous continuiez de croire en la beauté de ce sport dégueu, car de sa bien-portance dépend la bien portance du sport et donc du pays. Je déteste les gens qui tempèrent à tout-va : « ça n’est que du sport ». Non, ça n’est pas QUE du sport. C’est du sport. Du sport de merde, mais du sport quand même.

Je vous emmerde tous, footeux, supporters, commentateurs et même ballons. Je vous emmerde bien comme il faut, je vous ai toujours emmerdés et je vous emmerderai toujours. Mais putain, arrêtez de me les briser. Faites tous la paix et on n’en parle plus. On en parle moins, ça suffira.

17 commentaires

  1. Je comprends ce que tu veux dire mais ne crois-tu pas qu’à les emmerder, c’est déjà leur accorder trop d’importance ? Et puis, ils te font chier mais te permettent aussi d’écrire un article, d’être publié, d’être lu et même de trouver l’âme soeur (j’peux v’nir au mariage ?)
    Alors je dis bravo à ta prise de position. Quel courage de dire tout haut ce que beaucoup n’osent même pas penser tout bas.
    Mais je dis aussi : je déteste les gens qui se plaignent du foot et du sport alors qu’il suffit de faire comme si ils n’existaient pas (même si parfois c’est dur).

  2. C’est vrai, ça, chéri, tu devrais être un peu moins ingrat envers tous ces footeux. Après tout, c’est grâce à eux que tu vas vivre comme parasite à mes crochets (et mon compte en banque suisse). On devrait même leur demander de sponsoriser notre mariage avec leurs primes.

    Et sinon, Mouais, bien sûr que t’es invité ! Faut bien innover le premier Mouais de l’histoire des mariages.

  3. Mais chhhhhhuuuut ! Faut pas le dire ! Le sponsoring, c’est une entourloupe pour berner le monde mondial comme quoi on est pauvres. En plus, la drogue, je la fabrique moi-même !

    Ah, pour le coup, c’est moi qui suis déçue…

  4. Ah mais c’est en projet, je me suis déjà inscrite (comme t’as pu le vouar) :-). Le problème, c’est qu’en ce moment, j’écris plein d’articles, et j’arrive jamais à les finir, la faute à la saleté qui a tapé l’incruste dans le dedans de mon corps.

  5. Moi, je te la foutrais au SMIC, cette bande de branquignoles mal élévés.
    Ils sont tous corrompus jusqu’à l’os là-d’dans.
    Je sais même pas comment on peut encore appeler ça du sport.

    Bref, ce billet m’a fait du bien.

  6. Un recueil de frustration et de haine gratuite. Il est tellement aisé de cogner sur le foot en ce moment que je ne vous pensais pas à ce niveau.

  7. Dzibz, j’la connais ta chapelle en Normandie, elle serait pas perdue dans la campagne ?
    mais je viendrai quand même taper l’incruste à vot’ mariage, alors même que j’ai été invité par ta douce, que j’espère habillée le jour de la cérémonie.

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