J’ai testé pour toi : la scientologie

Dans ma quête effrénée de super-pouvoirs, histoire un jour peut-être enfin de devenir un super-héros, j’ai décider d’aller tester hier après-midi l’église de scientologie.

Le bâtiment, avenant, je le croisais tout le temps lorsque je divaguais dans le quartier : c’était un grand immeuble, genre plutôt austère, duquel je n’avais jamais vu sortir Tom Cruise. Mais bon, c’était dimanche, il faisait froid et j’avais vachement envie de choper des super-pouvoirs, alors j’ai osé.

La porte, électrique, fait un bruit bizarre, lorsqu’elle s’ouvre : un genre de « AHHH » d’extase, et de « OHHH » de déception lorsqu’elle se ferme. Je ne sais pas si c’est fait exprès mais le suppose : en tout cas, ça me prendra le chou durant toute mon initiation.

Initiation qui commence avec la secrétaire, rondouillarde manifestement heureuse de voir un nouveau touriste. « Un renseignement peut-être ? », « Non, je viens visiter », lui réponds-je, bêtement. Et donc je visite, et trouve un petite salle sombre sur laquelle un homme prépare un discours.

Belle estrade, beau présentoir, on dirait la conf’ de presse d’un politicien. L’homme a sur son pupitre un gros bouquin, et nous sur nos chaises des petits livrets d’explication. La scientologie, c’est manifestement assez complexe si j’en crois les message mystico-philosophiques dudit bouquin. Et moi de me demander si Tom Cruise ne serait pas contre toute attente un putain de philosophe…

D’abord, on lit les quelques lignes portant sur les croyances des scientologues. Comme quoi on croit à l’humain, à la bonté de chacun… Des conneries du style de celles que t’entends au cathé quand t’es môme.

Vite, ça me gave et je me plonge dans les pages du petit livret cadeau, ce qui n’est pas du goût de ma voisine de derrière. Elle me tape sur l’épaule, me faisant remarquer assez bruyamment pour que tout le monde puisse l’entendre qu’il faut écouter l’intervenant, et ne pas lire le petit livret lorsqu’il parle. Je la regarde avec un dédain qui m’est propre, avant de me replonger dans mes pages, appuyé dans mon esprit provocateur par le mec de l’estrade, qui rappelle qu’il « appartient à chacun d’écouter ou non son message. » Et BIM, mouchée, grosse connasse.

Ici, tout le monde est obnubilé par la parole du mec, celui qui a le Savoir. Son sermon porte sur « la troisième partie », un concept abstrait et assez con faut bien l’avouer qui part du postulat selon lequel dans tout conflit, en plus des deux parties se chamaillant, il y a toujours une troisième partie, humaine ou non, qui détient la solution, et qu’il suffit de l’admettre pour résoudre rapidement les problèmes. J’hésite, mais me résigne à poser la question relative à l’UMP que vous avez aussi sur vos lèvres en ce moment. Ramassis de conneries, l’argumentaire est lu sans grande conviction par ce mec plutôt sympa, habillé assez à la cool et que l’on imagine aisément professeur d’université.

Pendant son prêchi-prêcha, aussi court que peu efficace, l’intervenant n’a de cesse de me jeter des regards insistants. Tout l’auditoire est acquis à sa cause, sauf moi. Et manifestement, ça le fait chier, alors il me fait les yeux doux. Mais bon, ça marche bof.

« Maintenant, je vais vous demander de vous lever, pour la prière. »

Je me casse en douce, mais évidemment le mec me capte : « merci d’être venu ! »

« De rien, bonne soirée », réponds-je, ignorant les regards belliqueux de mes potos de messe.

J’accélère le pas, et sors de la salle rapidement, finalement, avant de me diriger vers la sortie. C’est sans compter sur leur persévérance. Un mec me capte avant la sortie : « Je vous fais une visite guidée ? » Allez, vazy, fonce mon bonhomme, j’ai pas trop envie qu’il y ait conflit entre nous, sinon je vais devoir trouver la « troisième partie » et ça va me casser les couilles.

« Alors là c’est le bureau de notre fondateur, Ron Hubbard. » Genre le mec il passe de temps en temps dans son église parisienne, pépère, alors qu’il est mort depuis une vingtaine d’années. A côté dudit bureau, « plus là pour le symbole, mais qui lui servit VRAIMENT de bureau, parce qu’il était un grand voyageur et patati patata », il y a des couvertures de magazines avec sa bonne bouille en couv’. Alors je me dis que le mec était peut-être célèbre, corroboré par le guide qui n’en attendait pas tant et vante les mérites de son idole, « un vrai artiste ». Bon, en analysant les couv’, je me rends compte que c’est un magazine dédié à la scientologie, qui fait sa Une à chaque fois sur le chouette Ron : Ron devant un avion, devant une machine à écrire, Ron qui pense, Ron qui mange…

Puis mon guide m’emmène rapidement à l’étage, moi le pressant prétextant une vieille excuse, n’ayant donc qu’un petit quart d’heure à lui accorder. Direct on arrive au rayon produits dérivés, donc. Il y a là des livres, fondements de la religion, avec des couv’ type flocages de tee-shirts dégueus dauphins-tigres-Johnny Hallyday et tous écrits par Ron, et des DVD dont un attire particulièrement mon attention.

« La vérité sur la drogue », qu’il s’appelle, ledit DVD. Alors je demande à mon guide, tout intrigué que je suis, quelle est cette vérité, il m’explique que le documentaire énonce les effets de chaque drogue, seulement. Je demande la plus-value face aux campagnes du ministère de la santé, il répond en bafouillant que c’est une initiative mondiale, et que les intervenants du documentaire sont « D’ANCIENS DROGUÉS ». Bof convaincu, je pose mon regard sur les livres, et me décide à enfin poser la question qui me turlupine :

– Mais vous êtes quoi, au juste, une religion ?

– Oui

– Genre vous avez un dieu et tout ?

– Certains oui, d’autres non. Parmi nous, il y a des catholiques, des musulmans, des athées…

– Donc vous êtes pas plutôt une philosophie ?

– Si.

– Donc vous êtes pas une religion ?

– Si.

Il casse les couilles.

– On est une philosophie religieuse.

Mec, ça veut rien dire.

– Ahhh OK.

Je lâche l’affaire.

– Le mieux, pour comprendre, c’est d’acheter un bouquin…

– Top, le quart-d’heure est passé, désolé je dois filer. Je vous rappelle très vite.

Et la porte de la sortie de s’exclamer à bon escient : « OHHH ».

Un commentaire

  1. Ils y a des années du côté de Montparnasse, J’ai fait la connerie de suivre des gens qui, soi disant, faisaient un sondage, dans un bâtiment où ils faisaient une sorte de marché. . Évidemment, c’était la scientologie. Ils ne se sont JAMAIS présenter, mais je les ai griller en regardant leurs bouquins : Ron Hubbard et la dianétique. Manque de chance pour eux, je connaissais…
    Ils m’ont fait leurs bla bla sur la dianétique, (me demandez pas ce que c’est, j’ai rien capter), ce qui m’a très rapidement saouler d’ailleurs. Ils m’ont aussi fait tester leur appareil à con, un truc qui ressemble à un ampèremètre. J’ai jamais réussit à savoir à quoi c’était censé servir… J’ai réussit à me barrer sans rien acheter, (parce que c’était cher en plus, leurs conneries ! ) après leur avoir donner un faux nom et une fausse adresse…
    Je me demande encore comment ils arrivent à attirer des gens vu comment leurs discours sont abominablement chiants. C’est un mystère !

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