Yann Barthès : quenelle mediatique

Je ne regarde plus la télévision. Pas tellement que les fictions formatées à l’extrême me gênent, je choisis mes films et mes séries via internet. Mais depuis un moment, la parisianisation de la télévision et ses règlements de compte en direct me boursoufle le cortex cérébral comme un prof de maths dans une soirée avec Nabila.

On savait que Morandini n’avait d’ambition que de passer à la télévision pour (se) taper (sur) des confrères et consoeurs et prouver sa supériorité en humiliant ses équipes alors que ses audiences n’atteignent d’exceptionnellement la mesure de son quotient intellectuel.
On savait aussi que les émissions d’Ardisson, Salut les terriens en tête, ne grappillaient guère plus d’un millier de téléspectateurs une fois le périphérique franchis.
Puis on a eu cette fameuse histoire Thuram, ex-gloire du football français invité sur un plateau alors qu’il n’avait rien à vendre, déballe ses SMS tel un « Si tu reviens j’annule tout » espérant intéresser le français moyen. Ou sur les conseils de son avocat qui imagine pouvoir éviter un procès pour violences conjugales en utilisant la presse.
Enfin la semaine dernière, une miss météo inconnue règle ses comptes à coups d’allusions sexuelles avec son ex (petit) ami Nicolas Bedos en direct dans Le Grand Journal. Un grand moment de solitude pour qui n’est ni miss météo ni Nicolas Bedos.

Que la rédaction de PureMedias/Ozap trouve que Le Grand Journal est la meilleure émission du monde dans une dizaine d’articles parce que leurs rédacteurs en chef sont partis en vacances ensemble ne me choque plus. J’ai vu tellement d’articles écrits uniquement par connivence, qu’à force, l’éditorial de la presse influencé directement par les copinages ne m’étonne plus. Je ne relève même plus les énormités que certains scribouillards à qui l’on fourgue un abattement fiscal une carte de presse peuvent écrire. Sans compter le nombre de rédaction qui diffusent des communiqués de presse, en traitant l’information d’un simple copier-coller.

Mais depuis quelques années, fleurissent ceux qu’on appellent les émissions médias : Le secret des source, Medias le magazine, Le grand bain, L’atelier des médias, LCI est @vous le mag, Le grand direct des médias, Touche pas à mon poste etc. Pas une seule n’a relevé le manque de distance entre les journalistes qui font la télévision, et ceux qui y viennent pour vendre leurs soupes. Pire, rares sont les émissions qui osent objectivement attaquer un confrère, sans aller à l’attaque personnelle comme le font systématiquement les Morandini ou Hanouna son un ton moralisateur.

Les rares a faire ce travail de journalisme

la quenelle de la discorde - Benjamin Lemaire
la quenelle de la discorde

comme acrimed ou @rret sur images sont obligés de faire uniquement avec les dons/abonnements de leur public. NDLR

Et puis il y a Le Petit Journal, 26 minutes caustique et acide qui n’hésite pas à afficher ostensiblement toutes les marques qui aident (financièrement ?) à sa réalisation. Son présentateur Yann Barthès n’hésite pas à donner de sa personne et de sa morale pour dénoncer un reportage trafiqué de TF1 ou encore s’excuser lorsqu’un spectateur du public se met à faire la quenelle de Dieudonné en arrière plan. Sauf que visiblement, le geste n’a pas toujours gêné Yann Barthès, comme le montre cette photo datée du 4 juillet 2012.

 

Bien qu’il soit probable qu’il n’était pas conscient du geste qu’il exécutait, la photo peut surprendre, quelques jours après son recadrage à l’antenne. (salutaire NDLR)

Alors quoi ? Yann Barthès est il antisémite ? Probablement que non il ne connaissait visiblement pas la signification de son geste. Reste que l’image que renvoie du pays audiovisuel, dans un contexte où le populisme est au plus haut, dans une France qui rejette violemment quelqu’un qui gagne plus de 2 fois le SMIC, est une image profondément gênante. Celle d’une télévision à deux discours, consanguine et parisienne.
On oubliera vite l’incident Yann Barthès parce qu’en bon communiquant il saura s’expliquer simplement et se faire entendre. Ses confrères qui entre temps auront monté l’affaire en épingle, en buzz comme ils disent, verront qu’elle disparaitra et se sentiront encore une fois intouchables. Et ainsi la télévision des copains continuera. Jusqu’au prochain micro buzz.

22 commentaires

  1. « Quenelle = antisémite…
    « Probablement ne connaissait-il pas la signification de ce geste »
    Toi non plus donc, assurément. »

    +1
    La quenelle n’est pas le nouveau signe de rassemblement des nazis mais un « nouveau » bras d’honneur à la société et au système. Renseignez-vous, il y a des vidéos à la pelle.

    « En même temps, Dieudonné ne peut pas vraiment compter sur son humour pour gagner sa vie. »

    Il est celui qui vend le plus de place de spectacles en France.

  2. Salut,

    je trouve également cet article très limite.
    Donneur de leçons, mal informé, moyennement écrit et limite puant.

    La quenelle, c’est bien plus compliqué que ça : ça n’a rien d’un salut nazi inversé qui traduirait des relents antisémites primaires !

    L’orthographe, le style et la grammaire, c’est bien plus compliqué que ça. Mais ça se respecte dans la mesure où on se permet de casser du sucre sur les journalistes et leurs rédactions. 1/ Je suis ingénieur et rédactrice en chef d’un support en presse spécialisée : je gagne 1600 euros net par mois, donc l’abattement fiscal = ok c’est une niche, mais putain c’est pas dans le journalisme qu’on fait fortune 2/ Traiter les CP d’un simple CtrlC/CtrlV : dans tous les supports il y a différents degrés de qualité d’information. On ne peut pas consacrer une demi-journée par info à chaque fois. C’est évident.

    Enfin bref, à lire cet article, Yann Barthès est un con, les 90% de français qui regardent la télé sont des cons, les journalistes sont des incompétents notoires, mais, OUF, il y a Benjamin Lemaire :

  3. « Je ne relève même plus les énormités que certains scribouillards à qui l’on fourgue (un abattement fiscal) une carte de presse peuvent écrire.  »

    Ça sent le mec qui est frustré de pas l’avoir, sa CP.
    Pis si ça te gave la télé, fais comme moi, débarrasse-t-en, ça fera de la place dans ton salon.

    Je suis d’accord avec certains points de ton « article », mais le reste, et le style, me donnent des aigreurs d’estomac.

  4. A votre place de con-citoyens j’aurais honte de payer ma redevance.
    La Télé du 21ème siècle est uniquement destinée aux faibles d’esprit.

    Aux journaleux qui ragent dans les commentaires : la vérité est dure à entendre, n’est-ce pas les « corporato-voyeurs » ?

  5. Comme le souligne Fleur,

    « je trouve également cet article très limite.
    Donneur de leçons, mal informé, moyennement écrit et limite puant. ».

    Svp, quand vous écrivez un article pour « descendre » des gens, évitez de faire pire qu’eux!
    Allez vous renseigner correctement (cf. salaires, CP) et achetez un bon Bescherelles!!!

    Bonne continuation tout de même!

  6. C’est bien de critiquer la posture des journalistes et leur manque de professionnalisme !

    Ce qui est dommage, c’est de faire exactement comme eux en confondant le signe de la quenelle avec un quelconque antisémitisme…

  7. La quenelle, peut-être pas antisémite, peut-être anti-système, mais largement récupérée par les lepen et autres frontistes ou extrêmistes, donc assumez !
    La démarche de dieudonné pourrait être louable s’il n’y avait pas cette obsession antisémite et cette parano comme quoi tout le monde lui veut du mal dans tous ses discours.
    Nier le rôle des fachos en 39-45, élever la théorie des genres, recherche du complot dans chaque recoin du monde, stigmatisation de sos racisme, approuver la négation du sida, sans parler d’homophobie et d’antisionnisme, vous ne pensez pas qu’il y a plus digne comme combats dans ce monde.
    Pour en revenir à cet article, éteignez votre TV, vous verrez, la vie est vraiment plus belle !

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