Punk metal is not dead. Moi si.

Bal-des-enragés-Live
Bal des enragés.

Tiens, y’a le Benj’ qui critiquait le journalisme musical sur son blog, ici. Si t’as pas encore lu, tu peux y aller. Donc, d’après lui, les derniers journalistes pratiquant cet exercice sont morts depuis longtemps.

Alors j’ai pas le choix, puisque j’ai passé deux jours dans la fosse avec 5000 furieux abreuvés de bière, je m’improvise journaliste musical et je te fais un compte-rendu depuis le pit de bocapole à Bressuire.

C’est les 20 ans de Tagada Jones. 20 ans « d’ombre et de lumière », de punk métal radical, de coups et de bosses, sans jamais rien lâcher. La liste des groupes est alléchante, ça va du grindcore au punk hardcore en passant par la chanson française débilo-humoristique. On monte le plan avec deux potes et nous voilà installés, hardcores pur et dur que nous sommes, dans un gîte très confortable à trois kilomètres du site. Hey, on est des oufs mais on aime bien dormir dans un vrai lit bien confortable après avoir pris une douche. Hardcore ne veut pas dire odorant.

Allons-y pour le compte rendu qui déchire:

Vendredi après-midi, l’anglaise qui tient le gîte flippe un peu quand elle voit nos gueules et les caisses de bières. Je sens bien que deux caisses de bignouzes pour trois, elle désapprouve. Moyennant un « oui oui, on sera sage », elle nous file les clés. Victoire, on dormira pas sur le parking avec les zonards.

Immédiatement, on enchaîne bibines/whisky/monster histoire de se mettre dans de bonnes conditions d’écoute. Je prends mon matériel de reporter improvisé (une bière et deux bouchons d’oreille) et on se pointe à la salle. On se fait baguer à l’entrée comme des ptits poulets et direction le bar. Pause bière.

Etude du programme, d’un commun accord on décide de snober la deuxième salle because c’est trop de la merde et surtout qu’à nos âges on tiendra jamais la distance.

Pause bière.

19h30: Parabellum: Y’a rien à dire sur Para, tu m’entends ? Schultz c’est Dieu le père des punks et Para c’est la bible. Ferme ta gueule et pogote, c’est trop bon !

Pause bièressssss.

21h20 Les sales majestés: Le premier qui critique se prend un retour de triplex dans la face. 20 ans que j’attendais de les voir en concert, ça dépasse mes rêves les plus fous. Je suis une pétasse hystérique qui jetterait son string sur scène, si toutefois j’en portais un. POGOOOO !

J’te refais pas le coup de la bière, mais bières quand même.

23h10 Les ramoneurs de menhirs: Juste bourré comme il faut quand les ramoneurs dégainent le biniou punk. Totalement en phase avec Loran (ex gratteux des bérus, si tu connais pas: meurs c’est un ordre), je hurle en breton alors que je parle même pas la langue et que je peux pas les saquer, les bretons. C’est pas grave, je suis en osmose.

Bièèèèèèèèèèèèère enculééééééééééé qu’est-ce qu’elle a fait de moi la bièèèèèèèèèèèère !

1h10: Les chiens sont lâchés, premier concert de Tagada Jones, la pression sonore est inhumaine, le pogo violent, j’avale un morceau de molaire. Non non, pas dans le pogo, en bouffant mon sandwich américain au fond de la salle. Première critique négative: les sandwichs. N’en mangez pas. Jamais.

Pourquoiiiii y’a plus de bièèèères ?

3h, retour à la casbah. Plus la force pour une bière, ça sera douche et whisky.

Samedi matin, l’anglaise se fout de nous en nous voyant débouler au ptit-dèj les yeux fermés, la démarche chancelante, le verbe bas et la mine encore plus. 57 cafés plus tard, on décide d’aller se recoucher.

Midi: J’ai faim. On part manger dans un petit resto perdu dans la forêt. Comme on est super organisé et qu’on sait pas lire les horaires sur une page web, c’est fermé. On finit à la « boule d’or » en face de la gare devant un menu simple composé d’huîtres, magrets, pavés de boeuf et desserts. Léger.

13h30: J’ai sommeil, on se goinfre un digeo à base de bières et de whisky et sieste. Passionnant.

16h30: J’ai soif. Monster, bières et whisky.

Et c’est reparti, 19h00, un ptit groupe punk, les Viktims. Bon ben voilà, on est allé dans la petite salle, tout le monde a la gueule de bois, la salle est vide, le groupe se défonce mais les punks sont pas encore réveillés. On se casse au bar.

19h40, No one is innocent sonne le réveil. Les docs coquées commencent à virevolter, les hématomes de la veille sont moins douloureux et rejoints par des copains tout neufs. Prestation convaincante mais le répertoire manque d’épaisseur. On se chauffe tranquilloux.

21h25: Lofofora… fin du tour de chauffe, y’a tout qui vole, le dentier, la moumoute, les godasses. J’ai jamais vu autant de baskets perdues qui servaient de projectile dans un pogo. J’esquive les nike qui puent et on fonce au bar.

Ambiance: La salle est un chantier sans nom. Y’a des cadavres partout, des mecs en sang plein les chiottes, des meufs écroulées le long des murs qui cherchent leurs fringues. Tout le monde essaye de filer un coup de main, les mecs de la croix rouge débandent plus, civière sur civière. 10 minutes après la fin du set de lofo, ils retrouvent une nénette pliée à l’envers contre un mur que personne avait vu. Minerve/civière, y’a une putain de bonne ambiance, j’adooooooore, putain plus foooort ! Oui, je suis en transe.

23h10: Tagada 2ème. Je me crashe en flamme, les jambes plient, la tête explose, je sais plus où j’habite. Le groupe ne lâche rien, joue plus fort, gueule plus fort, ils ont décidé d’achever tout le monde. Pas de problème, on est là pour ça. Un mec la bite à l’air fait du crowd-surfing, tout le monde est ravi qu’il soit sur le dos…

Pause bière et sandwich, je chope une cystite. Sérieux, le seul truc dangereux dans le coin c’est ces putains de sandwich. Pas grave, je pisse du barbelé, comme ça je suis bien dans l’esprit métal.

1h du mat: Le bal des enragés, le best of du suprême de la quintessence. Une seule date en 2014 et c’est maintenant. Les cadavres se lèvent, bougent et remplissent la salle dans un grognement de zombies affamés. Des mecs que tu croyais morts se redressent, tout le monde se met en rang pour communier. L’ostie à 120 db va pas tarder à nous déchirer la tête. Dans une ultime charge sonore le bal m’achève et je finis la soirée appuyé contre la porte, plein de bière et de paix. L’apôtre gruiiik (pour ceux qui connaissent pas : gruiiik) et l’apôtre Sohosixx me rejoignent et nous quittons la cène du crime.

Note globale: 19/20, -1 pour les sandwichs tcherno.

Amen.

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