Cinéma français, je t’ai aimé

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Cher cinéma français,

Tu as bercé mon enfance et il y a encore 10 ans je ne jurais que par toi. Les bronzés font du ski, Le père Noël est une ordure, La grande vadrouille, Le corniaud, Barnie et ses petites contrariétés, c’était la belle époque.

Mais aujourd’hui tu me fais honte. Tu me fais honte artistiquement, mais aussi par ta connerie ou du moins par l’hypocrisie des gens de ce milieu qui ne font que le critiquer et pourtant… on prend les mêmes et on recommence. Producteurs, distributeurs vous critiquez les films français commerciaux en disant que c’est de la merde, que ce n’est pas rentable ET POURTANT vous continuez de les produire car ce sont vos potes qui les font.

Ce cinéma commercial, on ne le fait pas pour l’amour de l’art, c’est un BUSINESS donc à un moment donné, faut arrêter d’être con. Le cinéma français est en crise, car le beau système de financement des chaînes est arrivé à son terme. Il a permis de résister et d’exister face aux films américains à l’époque, mais aujourd’hui il s’essouffle. Pourquoi ? Parce que les chaînes ne recherchent qu’un bon film de prime time (aka un téléfilm) qu’elles se basent sur des vieux codes qui ne marchent plus, et qu’elles ont par conséquent appauvri le cinéma français. Vous me direz oui mais et les producteurs dans tout cela ? Les producteurs français par manque de couilles et de créativité veulent financer avec les chaînes sinon c’est un gouffre financier. Ils se fichent complètement de la qualité du scénario (fatale erreur, à l’heure 2.0 personne ne veut payer 10 euros pour voir une histoire de merde baclée). Si vous commenciez par valoriser un peu le travail des scénaristes, avant de penser qu’au casting pour financer on n’en serait peut-être pas là. Il faut un casting, mais un casting qui plaît aux chaînes… Et non pas un bon casting, charismatique… Coucou les chaînes ça marche aussi avec des inconnus et un bon scénario : Tout ce qui brille réussite en salle, il parlait à une génération et à l’époque les comédiennes principales Géraldine Nakache et Leila Bekhti n’étaient pas connues. Même remarque avec l’exemple de La cage dorée.

Il y a quelques années, les producteurs ont découvert que la comédie française cartonnait du coup un mot d’ordre : produire que de la comédie.

Sauf qu’aujourd’hui les comédies de merde mal fignolées, les gens en ont marre. Du coup, on produit pour CHER et on fait PAS D’ENTREES.

Quand un film comme TURF (de Fabien Onteniente) te coûte 23 millions d’euros où tout le monde vient cachetonner (5 co-scénaristes pour un coût total en Minimum Garanti de presque 1,5 millions d’euros) sur un scénario plus que bancal (pour ne pas dire du foutage de gueule) pour faire en fin de carrière 382 341 entrées, autant te dire que c’est un GOUFFRE et c’était prévisible. Ah mais pourtant y avait un casting, je comprends pas ??

Des gens qui s’embrassent :
Budget : 17,45 millions d’euros
Entrées : 159 848
Enorme casting enfin ca dépend pour qui ! Histoire sans intérêt, coût du film bien trop élevé. Non rentabilité du film assuré.

Quand un film comme Les Gazelles qui se veut être le Bridesmaids à la française Au secours – #insulte – mais qui pue la ringardise, et dont le casting manque CRUELLEMENT de charisme et bien ça donne à peine 250 000 entrées… Pour une comédie de meufs c’est bidon. Où est le cinéma français moderne et un peu trash pour notre génération ? Que la première femme qui se retrouve dans le film Les Gazelles me jette la première pierre !

J’aime bien Dany Boon… Ou plutôt j’aime pas son cinéma. Mais je l’aime bien car ses films coûtent de plus en plus chers et font de moins en moins d’entrées… La base des réalisateurs-auteurs-producteurs…

Bienvenue chez les ch’tis :
Budget : 10,95 millions d’euros
MG auteur Dany Boon : 900 000 d’euros
Entrées : 20 413 589

Rien à déclarer :
Budget : 24,43 millions d’euros
MG scénariste Dany Boon : 3 millions d’euros
MG réalisateur-auteur Dany Boon : 1,5 millions d’euros
Entrées : 8 099 649

Supercondriaque :
Budget pas annoncé. Je serais curieuse de le savoir… Ou pas…
A valoir scénariste Dany Boon : 3,87 millions d’euros
A valoir réalisateur-auteur Dany Boon : 1,99 millions d’euros
Entrées : 5 085 569

Je n’ai pas envie de me lancer dans une analyse complète de ce qui se passe dans le cinéma français et pourquoi on en est arrivé là. Je pense que les chiffres (sources : CBO Box Office / CNC-RCA) parlent d’eux-mêmes. Même si ceux annoncés dans cet article sont non exhaustifs.

Quand je lis les scénarios que les gens envoient, et ceux que l’on refuse parfois, cela m’inquiète… Le manque de curiosité des producteurs et des distributeurs, la difficulté à faire émerger de nouveaux talents, alors que quand on voit le rapport investissement/rendement des auteurs installés, je me demande encore pourquoi on prend autant risque à produire du has been cher alors que la nouvelle génération est là. Elle est dans l’ombre, mais elle est là. A essayer d’atteindre la lumière, de trouver un producteur qui saura réfléchir à ce que souhaite le public français actuellement. Le cinéma commercial est un business et malheureusement il faut savoir répondre aux attentes du public actuel et non pas fonctionner sur les attentes d’un public d’il y a 10-20 ans.

J’ai l’impression que les articles de Maraval (Quote : En fin de compte, nous faisons des films pour les téléspectateurs (qui sont plus âgés que le public qui va au cinéma), qui est justement le public qui ne va pas au cinéma. C’est le paradoxe français.) et de Bonnell (Quote : Il arrive un moment où l’on tend à surestimer l’impact du comédien ou du metteur en scène sur les résultats du film. Nul procès d’intention de ma part, je croise seulement les chiffres. Par exemple, la présence au générique de certains noms et les résultats en salle. Certains ont pu donner des succès, mais comme on les paye trop, il arrive que le film soit quand même en difficulté.) sont un coup d’épée dans l’eau. Moi aussi je peux être ringarde. N’oublions pas que nous sommes en France les choses ne bougent pas lentement…

A bon entendeur… Ou pas d’ailleurs… Chacun fait ce qu’il veut… C’est-à-dire qu’à sa tête… Le cinéma français nous l’a bien démontré jusqu’à maintenant…

PS : Merci à Albert Dupontel qui n’a jamais cédé à tout cela et continue de faire des bons films pas si cher et rentable… (9 Mois ferme : Budget 7,12 millions d’euros / MG scénariste Dupontel 220 000 euros / MG réalisateur-auteur Dupontel 180 000 euros / Entrées 2 015 984) Comme quoi… Quand on est bon… On est bon…

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