Le coup de la panne

Cher Olivier et Chère Julie Demarle,

Je ne me suis jamais fait refouler de nulle part. Je suis blanc, j’ai une tête classique de parisien moyen, des amis du même genre que moi, donc je fais partie des gens qui ont cette chance de rentrer un peu partout. Et surtout je ne vais quasiment que dans des endroits que je connais bien, dans des quartiers qui me sont familiers ou dans des soirées où ma qualité et mes défauts de blogueur m’emmènent.
Ainsi, pas plus tard que ce vendredi j’étais à SoPi, comme disent les gens du coin, en promenade entre le Mansart, le Carmen et le Dandy. Au milieu de ce triangle plaqué or se trouve Le Dépanneur, votre restaurant de burgers comme il en existe des centaines à Paris mais qui a l’avantage d’être bien placé et de m’avoir laissé quelques bons souvenirs gustatifs.
Ainsi donc décidai-je de remplir mon bidon avec mes trois amis.. Arrivés devant la porte, un groupe de 5 jeunes filles entre, et nous demandons une table pour 4.

Benjamin Lemaire

Il est minuit, votre restaurant ferme généralement vers 4H et sert jusqu’à 3H (comme je l’ai déjà vécu et comme vous l’indiquez). A l’intérieur, la salle est à moitié vide et il reste quelques tables en terrasse où un couple d’étrangers finit son repas ainsi qu’un groupe de 3 filles et 3 garçons. L’homme à l’entrée nous répond que ça ne sera pas possible. Étonné, mon ami lui demande des explications, arguant qu’il reste visiblement beaucoup de places et à l’intérieur et à l’extérieur et que finalement, même si c’était plus la Californie dans votre déco que dans la météo, on s’en accommoderait. Alors que je m’attendais à une histoire de grosse réservation, l’homme nous répond que « 4 garçons ensemble ce n’est pas possible » et continue en expliquant « qu’il y a des quotas hommes/femmes ». Je passerai le reste de la conversation, particulièrement méprisante, désobligeante et basse. L’assistant de direction, qui porte le doux prénom de Benjamin, me confirme ses propos et m’explique que cette décision vient de vous.

Ainsi donc, votre restaurant, parce qu’il se trouve trop hype et select au point d’étaler le nom de ses clients célèbres sur les réseaux sociaux, pense que les filles c’est mieux que les mecs (ou les gays) et applique « des quotas »… Non seulement c’est moralement pas très clean, mais c’est surtout illégal.

Parce que Madame et Monsieur Demarle, vous tenez un restaurant, et non une discothèque (d’ailleurs certains établissements ont déjà été rappelés à la loi pour ces pratiques). Ainsi je vous rappelle que selon l’article L.122-1 du Code de la Consommation, issu de la loi du 11 décembre 2001 : ‘Il est interdit de refuser à un consommateur la vente d’un produit ou la prestation d’un service, sauf motif légitime (…)’. Le fait de vouloir plus de filles dans un restaurant n’est pas un motif légitime. Il peut être discriminatoire au vue de l’article 225-1 du Code Pénal mais en aucun cas légitime sur le seul motif que nous étions « 4 hommes ».

Je n’arrive toujours pas à comprendre si c’était une pure ânerie personnelle, une volonté de se montrer « select » ou un acte ouvertement homophobe et discriminatoire. Mais sachez, Monsieur et Madame Demarle, que vous êtes la honte de ce quartier. Je ne suis ni Kanye West ni Nicolas Bedos, mais rappelez vous que
ce sont les clients inconnus comme moi qui vous filons notre pognon à longueur d’année. Cette rue Fontaine et ses alentours, on y boit, on y mange, on y marche, on y drague, parfois on y conclut et on y vomit. Parfois on y pleure, on en repart seul, déçu. Parfois on y fait des rencontres, qu’on connait, qu’on connait pas. A deux pas d’un des lieux les plus touristiques de Paris. A quelques mètres des bars à putes les plus prolixes de la capitale. Ce quartier est un mélange de population au milieu duquel vous êtes venus vous implanter.

Ne vous souciez cependant pas de mon estomac. J’ai finalement mangé un burger dans un petit établissement à quelques mètres du vôtre pour la moitié du prix pratiqué chez vous. Certes je n’y ai pas croisé Marion Cotillard, mais c’était bien assez pour reprendre un peu de force pour finir la soirée en face.

Je ne vous dis pas à bientôt parce que je ne pense pas que nous nous croiserons un jour dans un de vos restaurants. J’espère néanmoins que la plainte que je déposerai vous fera réfléchir à défaut de vous inquiéter.

A plus dans le Bus (ou en face) !

Benjamin Lemaire

27 commentaires

  1. « pense que les filles c’est mieux que les mecs (ou les gays) et applique « des quotas » »

    pourquoi les mecs « ou les gays »? Les homos sont pas des mecs? C’est drôle de se plaindre du sexisme et ensuite de faire dans l’homophobie.

    Je cautionne par leur attitude pour autant mais ça pique les yeux de lire ça.

  2. euh :

    je pense que la phrase :
    « pense que les filles c’est mieux que les mecs (ou les gays) et applique « des quotas » »

    signifie plutôt : « pense que les filles c’est mieux que les mecs, ou plutôt que les filles (et les mecs) c’est mieux que les gays, et applique des « quotas » »
    ça sous-entend donc que le restaurant n’est peut-être pas sexiste mais plutôt homophobe…

    Après ce n’est que mon interprétation, à voir avec l’auteur…

  3. Pour être clair, je suis gay. Et je parlais de mon copain avec un de mes amis au moment où nous attentions pour rentrer. Donc y’a rien d’homophobe. 😉
    Et pour être complet puisqu’on me l’a fait remarqué, la première phrase disant « je suis blanc » n’est pas raciste non plus.

  4. Oui, étant du quartier (rue de Douai) j’ai déjà entendu beaucoup de critiques négatives sur « le dépanneur » mais là c’est quand même rudement poussé…

    Le petit établissement où vous avez ENFIN pu déguster un burger ne s’appelait-il pas le TOU A CROQUER ?

  5. « l’article L.122-1 du Code de la Consommation, issu de la loi du 11 décembre 2001  » + « le rappel législatif délecte la juriste que je suis », ouai ouai ouai, je suis curieux de savoir où tu as fait tes études… L’article L122-1 est issu de l’ordonnance n° 86-1243 du 1 décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence, abrogée puis codifiée par la loi n° 93-949 du 26 juillet 1993 relative au code de la consommation. Je parle de la partie sur le refus de vente qui intéresse l’auteur, qui a été complétée plus tard par la notion de pratiques commerciales déloyales.

    Sur l’article, au fond, l’état d’esprit ne m’étonne pas des masses. Par contre commencer par « Je ne me suis jamais fait refouler de nulle part. Je suis blanc, j’ai une tête classique de parisien moyen, des amis du même genre que moi, donc je fais partie des gens qui ont cette chance de rentrer un peu partout. Et surtout je ne vais quasiment que dans des endroits que je connais bien, dans des quartiers qui me sont familiers ou dans des soirées où ma qualité et mes défauts de blogueur m’emmènent. », c’est un peu puant… Pourquoi aller là-bas, si ce n’est pour se la raconter pour avoir bouffer un burger payé 3 ou 4 fois le prix à coté de Marion Cotillard justement ?

    Anyway, c’est assez drôle…

  6. Salu l’ultra. C’est une erreur de mot effectivement, il n’est pas « issu », il modifié par la « Loi n°2001-1168 du 11 décembre 2001 – art. 13 (V) » qui est la dernière modification en date.
    Concernant le choix de l’établissement, je l’explique : c’était le plus près 🙂 Et le fait d’aller dans un restaurant aussi hype ou cher ou starifié soit il n’empêche pas d’en attendre un minimum de respect.

  7. Complètement d’accord avec toi sur le principe, dis toi que l’effet de mode passera et que ces « sous-connard » (je ne vois pas d’autres termes, ils sont forcément plus low que nous ;)) auront un jour besoin de clients comme nous. J’espère que ton billet aura quand même suffisamment de visibilité pour les faire chier.

    P.S : la loi du 11 décembre 2001 n’est pas la dernière modification en date. Il y en a eu en juillet 2009, en mai 2011 (sur les pratiques commerciales déloyales notamment en faisant le lien avec la LME), en janvier 2013 et en juin 2013. Ouai je sais je chipote un poil mais c’est vraiment pour être raccord avec mon pseudo :).

  8. comme quoi, s’il le faut encore, les commerçants sont les rois de notre société actuelle dans laquelle les lois pour soumettre le citoyen lamba ne s’appliquent pas à eux !!! Il faut dire que les banksters et les multinationales en font 100x pire,…

  9. J’avais expérimenté la Villa. J’ai depuis compris la leçon.
    Le dépanneur restera dans ma mémoire le resto ouvert tard ou prendre un énième verre en sortant du Bus, du Folie’s ou de tout autre bar/boite du coin. Je refuse d’y remettre les pieds depuis qu’il est devenu un hype-sans-âme.

    (sinon, la femme Delarme, c’est Julie, pas Marie)

  10. Bonsoir,

    Je suis déçu, j’allais dans cet établissement, puis un premier changement de proprio, le tout c’est améliorer, et petit à petit le coté select est apparu, jusqu’au jour ou j’ai appris qu’ils vendait.
    C’était fermer très longtemps.
    Avec ce que je viens de lire j’y retournerais pas !

    Bonne soirée à vous,
    (Excellent le NDD)

  11. Mais Benjamin Lemaire … « ce sont les clients inconnus comme moi »… Il est bien là le problème. Ton égo vient de prendre un coup surtout… Tu es surement le mec le plus pédant que j’ai pu rencontrer sur Paris. Sur internet tu as l’air super sympa, mais en vrai, moi non plus je ne t’accepterais pas dans mon restaurant. J’espère que tu vas vite cicatriser.

  12. Je ne m’en inquiéterais pas trop.
    Les établissements qui pratiques ce genre d’attitude débile (refuser des clients) ne tiennent en général pas longtemps.
    Ceci dit, la vraie raison est peut-être qu’ils étaient à court de viande, ou plus probablement que le personnel avait choisi de fermer plus tôt sans rien dire (quand le chat est absent, les souris dansent), mais quoi qu’il en soit, si la direction a pris cette décision ou si elle l’a laissée prendre parce qu’elle était absente, elle est en tort et elle paiera ça par une faillite dans pas trop longtemps….

  13. Après vérification auprès des personnes nommées, l’auteur de cet article est arrivé passablement éméché au dépanneur…
    C’est donc une bonne raison pour être refouler, en vertu de la protection des mineurs et répression de l’ivresse publique, même si le portier aurait dû invoquer cette raison en premier lieu.
    PS: les burgers sont très bons et l’équipe très sympa!
    Je certifie n’avoir rien reçu ni menace ni compensation pour cette mise au point…:-)

  14. @Joosv7 : je te confirme que ni moi ni aucune des trois personnes qui m’accompagnait n’était éméché ! Il n’y avait ni début d’ivresse ni propos outrancier. D’ailleurs la raison invoquée ne tient pas. Désolé, va falloir trouver une autre excuse.

  15. Ta parole contre la leur au final…:-)
    Étant allé plusieurs fois dans cet établissement, je n’ai jamais eu de souci… On ne peut pas plaire à tout le monde… Qu’on se le dise.

  16. Non, pas ma parole contre la leur. Quand on passe 25 minutes à discuter avec des gens dans la rue devant une dizaine de client, que 4 ou 5 employés répètent la même chose à mes 3 amis, alors que nous sortions du Mensard qui nous connait et qui sait qu’on était ni bourrés ni éméchés ni je sias pas quoi c’est pas une histoire de parole. Et ils ont aussi refuser un autre groupe de 3 mecs juste après nous, qui n’avait rien d’éméché. Effectivement quand on est repassé ils ont viré un mec bourré. Rien à voir avec nous.
    Quand on a fait une connerie, un délit, on ne noie pas le poisson en se défaussant. Donc au lieu de répondre par un intérmédiaire on prendre ses parties génitales à deux mains et on accepte de discuter.
    Ca c’est la vraie réponse.

  17. Oh le pauvre petit chou qui découvre que malheureusement, il n’a pas ses entrées partout même si c’est ce qu’il aimerait faire croire à tout le monde. Comment se fait-il que toi, blanc, parisien, homme et en plus blogueur « influent » (tu kiffes, hein ?) n’aies pas pu rentrer dans un endroit aussi select ? On ne te voit pas aussi ému quand des arabes et des noirs se font refouler des endroits que tu fréquentes habituellement 😉 Allez admets-le, c’est surtout ton ego qui en as pris un coup. Eh non, Paris n’est pas à tes pieds mon bichon !

  18. Que tu sois blanc, noir, jaune ; que tu sois un homme, un homo, une femme, une lesbienne, un trans, un dragqueen ; que tu sois parisien, provincial ou marsien ; un restaurant n’a pas le droit de refuser un client parce qu’il y a un quota homme/femme d’établi par la gérance. C’est discriminatoire et répréhensible par la loi. Point barre. Après que ce soit arrivé à Super Connard nous permet, nous autres anonymes, d’être au courant des pratiques du Dépanneur. Ça aurait pu arriver à mon cousin Firmin que personne ne l’aurait su. Les faits sont là, chez Le Dépanneur on fait de la sélection client au faciès. Pas de bol pour eux, ils l’ont fait sur un blogueur qui a la bonne idée de partager cette triste expérience.
    Petite précision : Je ne suis pas cliente de ce resto, je ne suis même pas parisienne mais j’ai vécu le même genre chez Zara. On m’a fait suivre par un vigile dans tout le magasin parce que je n’ai pas le physique à m’habiller chez Zara (et oui je fais un 46 et non un 34) donc j’étais là forcément pour voler quelque chose. (Explication reçue quand j’ai demandé au vigile de me faire rencontrer le directeur de la boutique.)

  19. Je ne suis pas un intermédiaire…;-) juste quelqu’un qui ne supporte pas que l’on crache sur les gens gratuitement juste parce que l’on peut de cacher derrière un blog et cracher son venin gratuitement. Je n’ai rien contre vous monsieur (arrêtez par la même occasion de fouiller dans mon profil linkedin svp). Je vous invite à retourner au dépanneur pour passer un bon moment et remettre de nouveau un petit billet pour nous décrire votre expérience… Cordialement. Joseph.

  20. Le blogueur… Aucune utilité… toi aussi tu te la racontes. D’ailleurs tu racontes tout court ta vie car elle n’est pas si belle pas si nulle elle est comme tout le monde. Alors ton article blogué comme des millions d’autres articles de blogueur, il est hasbeen, c’est pas tendance, c’est pas type et finalement tellement j’me la raconte parce que t’as les boules… Pffff. Puceau, comme tous les parisiens, vous êtes et resterez des puceaux de la vie qui ne servent à rien sauf se la raconter.

  21. Trop dur la vie de petit bourge parisien! Faire la queue devant un resto, faut deja pas avoir beaucoup d’amour propre, mais se faire refouler et en plus aller le raconter sur internet sur un ton calimero, alors la, toute dignite humaine a ete abandonnee de puis longtemps…

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