Les 10 meilleurs endroits pour vomir à Paris

Benjamin Lemaire
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Paris, ville de l’amour, ville sans la mer, ville pleine d’humour, ville pleine d’amers. Paris et sa Tour Eiffel, Paris et ses cadenas du Pont des Arts, Paris et ses roms de la ligne 1, Paris et ses restaurants dégueulasses de la rue de la Harpe. Mais s’il ne fallait garder qu’une facette de Paris, ça serait Paris by Night : ses soirées, ses dîners romantiques où tant d’enfants ont été conçus ensuite (genre moi), et ses mecs bourrés qui gisent dans les rues et les métros. Ainsi, tu as déjà tout lu sur les endroits où il fallait être, ne pas être, où il fallait boire, où il fallait manger… Mais t’a t’on déjà dit où il fallait vomir ?

Le VIP Room

Sans doute un des endroits les plus selects de la capitale ! Nan je déconne. Tant que t’as du pognon, une tête de beauf mais sans le look de Saint-Etienne, tu peux rentrer. A vingt balles le whisky coca je te déconseille de venir à jeun si tu veux vraiment dégobiller sur place. Il fut un temps où tu pouvais croiser Jean-Edouard (ouais le mec de la piscine) et John David (ouais on sait plus qui c’est) mais JR a décidé que son club était cool. Depuis même Snoop Dogg n’y fout plus son joint.
Les plus : la possibilité de vomir sur Jean Roch.
Les contres : obligé de s’habiller comme un clochard riche.

Le Palais M

Pute, coke et paillettes. Le paradis de la jeunesse dorée. Ça sort la carte bleue parentale pour se faire des rails sur la cuvette des chiottes. Mode Charles-Antoine à gogo tous les samedi soirs avec petite chemise Christian Dior retroussée jusqu’en dessous du coude. Pour les filles une tenue d’attention whore vous évitera de faire la queue dehors, sans vous dispenser de vous en faire une à l’intérieur. Mon conseil : aller dans l’espace surélevé à droite, vous pourrez tranquillement lâcher votre galette derrière le pilier.
Les plus : j’y ai vu la chatte de Nicole Scherzinger.
Les contres : c’est putain de loin.

Le Silencio

Clairement l’endroit le plus classe pour venir dégueuler. Le problème c’est qu’entre sa déco de donjon SM pour communiquant embourgeoisé et ses encostumés qui claquent leurs bonus à grands coups de Black Centurion, il est bien difficile de prendre un verre sans avoir envie de gerber dans le décolleté de la première directrice artistique venue avant. Reste que des marques y font souvent des soirées et que c’est l’occasion de s’y bourrer la gueule gratuitement entre crevards mondains et de se finir à moindre coût.
Les plus : c’est chez David Lynch. Or so called.
Les contres : dur d’arriver en bas des escaliers sans vomir.

Le Wanderlust

« Ah ouais t’étais pas au Wanderlust samedi ? » Non et je t’emmerde. Connard. Parce que le Wanderlust c’est pas juste une boite. C’est aussi une tripotée de clampins prêts à payer au fond du 13e de la bouffe dégueulasse encore plus chère qu’une brasserie des Champs-Elysées tout en se foutant de la gueule des touristes qui y vont. Histoire de faire raquer un peu plus leurs clients, les proprios y ont collé un barbier. Et ça marche. CQFD.
Les plus : vomir par dessus bord.
Les contres : payer quarante balles de taxi pour finir au fond du 13e…

La Baron

Qui rêve de claquer une peau sur les horribles sièges rouges où gisent encore les traces de foutre de Beigbeder ? Réponse : tout le monde. Pas seulement parce que l’insupportable André Savaire, qui a plus vendu son cul d’artiste urbain au capitalisme que Zahia le sien au sport français, mais parce que la pseudo renommée légendaire de cette boite ringarde n’a plus rien à envier au Duplex. Parce que si le videur de l’entrée tente de faire croire qu’il y a encore une quelconque sélection en triant les michtos refoulées de la fashion week aux fausses Louboutin des vraies mannequins Tati, l’intérieur n’est qu’une ruine dégueulasse et mal conservée où tu risques de crever à coups de machine à cartes si tu oses sourciller après qu’on t’ai annoncé les quinze balles que vont te coûter le rhum orange qu’on t’a servi en même temps qu’une insulte.
Les plus : à faire pour la légende du palmarès.
Les contres : boite de très mauvais goût qui s’ignore.

Le Gibus

L’endroit le plus sale de Paris. Sans aucune hésitation. En début de soirée l’établissement tente de garder l’image de son passé Eudeline / Manoeuvre en programmant des bébés rockeurs qui braillent comme des décérébrés, dans des micros au son crasse, devant un parterre de potes à qui ils ont vendu des places de peur d’y laisser le chèque de caution de leur concert. Vingt trois heures passées, l’ambiance change. Le vendredi soir, place à la soirée de beurettes aux décollées plus profonds que leurs réflexions, accompagnées de leur mecs tous équipés de Ryan Ban, Luis Vuitton et autres Empori Armanio. Le samedi soir même concept, mais le carré VIP se transforme en backroom gay avec un quartier cuir moustache. Trois ambiances, trois façons de vomir, mais avec une seule constance : toutes les soirées y sont nazes.
Les plus : les chiottes (mixtes) sont un super endroit pour faire parler son vomito dans une raie des seins.
Les contres : tu sais jamais sur quoi tu vas tomber.

La Perle

Créé par des communicants qui ont filé le nom de la rue à leur rade hors de prix en oubliant qu’un bar c’était aussi un service, La Perle mériterait que chacun de ses clients se lacère l’estomac sur son comptoir atroce. Les hippies aux collants troués ont l’air de trouver ça cool. Posez leur le tas sur leurs pompes à 600 balles et on verra si elles trouvent ça cool d’être « en mode vintage à l’ancienne ».
Les plus : c’est dans le Marais.
Les contres : c’est dans le Marais.

Le Bus Paladium

Rue Fontaine, il y a foule pour voir des petits mecs et des petites moules disait à peu près Gainsbourg qui n’était pas avare de dégueuli.. Repère des gens qui refusent d’être qualifiés de gens, le Bus (comme on dit) est une établissement sur plusieurs niveaux. La piste de danse en bas pour toucher du cul, le fumoir tout en haut et l’étage du milieu où se concluent les plans culs les plus sales de la rue. C’est à l’étage que le vomi se pratique le plus. L’endroit est sombre et les coins reculés ne manquent pas pour poser un raoul en scred.
Les plus : la baignoire dans les chiottes, sans doute le vomispot le plus cool de Paris.
Les contres : les chiottes du bas sont nazes.

Titty Twister

« Un bar-loft de style new-yorkais près des Champs-Élysées ». T’as compris le tableau ? Tu raques ta race, t’as que des banlieusards qui viennent se montrer pour oublier leur tour HLM parce qu’ils ont vu qu’à la fashion week y’avait des meufs bonnes. Le bordel est géré par Cyril Peret qui n’avait déjà pas su s’occuper du Man Ray. Le fumoir est super pour lâcher la purée. Si l’envie t’est coupée par un à-peine-double-smicard qui passe, approche toi du fond de la boite. Le mauvais goût de la déco surchargée devrait t’aider à dégobiller en toute sérénité devant le néon « Chicas Calenties ».
Les plus : le nom.
Les contres : l’endroit a changé plus souvent de nom qu’Afida Turner.

L’Orange Mécanique

Sans doute une des bières les moins chères de Paris, et contre toute attente pas la moins vomissible. Inutile de chercher la marque, c’est le made in Bangladesh de la brasserie. Dans une ambiance sixties pas trop branchouille. Les toilettes ne sont franchement pas assez classes pour y lâcher une galette et le sol de l’endroit n’en vaut pas la peine. Mon conseil : descendre la rue JP Timbaud ou aller vers Oberkampf et lâcher son petit cadeau sur la route. Si possible quand une voiture attend pour passer.
Les plus : l’affiche Monsieur Gainsbourg à côté de la porte des chiottes.
Les contres : peu de connards, obligation de vomir à l’extérieur.

Hors concours : L’International

Même s’il a été agrandi et assaini, l’International n’en reste pas moins une valeur sûre du vomi. Avec ses pintes abordables (4€ aux heureuses heures) et son service plutôt cool, tu pourras profiter gratos du concert en bas. Si le groupe qui joue devant ses parents et ses potes n’est pas assez infâme, monte te prendre quelques Jaggerbomb et finis toi sur le trottoir de la rue Wesh Moret. N’oublie pas de te faire tamponner la main si t’avais repéré une cible à tamponner dedans. Sinon tu vas devoir refaire la queue. Ou te faire la tienne. Seul.
J’en ai lâché des billets et des kiches depuis des années à l’International, et c’est définitivement l’endroit le plus cool pour ça, dans une ambiance un chouille branchouille mais tout ce qu’il y a de plus authentique.
Les plus : des fois y’a des groupes cools.
Les contres : c’est devenu propre.

4 commentaires

  1. C’est après avoir vécu tout ça en « live » que tu t’es mis à l’écriture ?

    Je me demandais d’où te venait ta source d’inspiration ! Eureka ! J’ai compris ! I understood (j’ai compris) comme dirait Dirty Glowing Smile alias Ophél-aie

    P’tain qu’c’est bon de côtoyer le gratin 🙂

    Aristocrac

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