Les EX, ce FLÉAU

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Si tu ne penses jamais à cet(te) foutu(e) Ex à tel point que tu l’as présenté(e) à ton/ta meilleur(e) ami(e). Qu’aujourd’hui ils s’aiment si fort que le bonheur qu’ils partagent ensemble te remplit le cœur tant bien même que tu enchaînes les coups minables sur Tinder. Alors passe ton chemin et vas plutôt lire ça, ou ça.

Pour les autres, les normaux, c’est un fait établi, à un moment donné, on a tous connu cette histoire d’amour marquante (peu importe la durée) qui s’est souvent finie douloureusement (peu importe la faute).  A l’heure où notre exigence amoureuse progresse tandis que nos efforts pour l’atteindre diminuent, on a tous un(e) Ex qui traîne dans le placard de nos illusions perdues. Un(e) Ex qui pollue notre conquête de bonheur en s’intronisant depuis juge de nos émotions incertaines. Un placard où l’Ex est d’ailleurs souvent bien plus encombrant que l’amant.

Explications.

 

L’Ex est un combat auquel on ne peut échapper

On n’efface pas des années de belles et tendres habitudes d’un seul coup mou de plan cul foireux. Si on a aimé, qu’on s’est projeté, ne serait-ce que quelques secondes, alors on n’y coupera pas. On va devoir se battre courageusement pour vaincre la triste maladie de l’Ex et de son omniprésent fantôme. Afin de retrouver dans le désordre : de la dignité, du désir, de la légèreté, de la confiance, de l’espoir. Et ainsi arrêter de voir les signes improbables de sa présence à chaque coin de rue, éviter aussi de croire que le rn’b français balance des proses philosophiques pendant que Francis Cabrel reste bloqué sur la touche repeat de ton ipod, et pour surtout cesser de gâcher lamentablement ce temps précieux qui est une possibilité d’amour nouveau (et meilleur).

 

L’Ex est un combat contre soi même

L’objectivité est déjà une notion bien fantaisiste quand on parle d’amour. Elle n’est plus du tout envisageable dès lors qu’on parle d’Ex. Sache que tes amis n’en peuvent plus d’entendre tes « franchement je ne comprends pas pourquoi… ». Ils n’osent même plus te contredire dans tes consternants « je suis sûr que si je… ». Vivant dans un monde qui n’existe qu’à travers des souvenirs idéalisés, tu continues pathétiquement à croire à ce que tu avais négligemment et longtemps considéré comme acquis. Car le retour au Célibat, ce n’est pas Byzance : Bienvenue au pays des loosers où les plus malins sont ceux qui se font baiser. C‘est dur et injuste. Tu te sens d’un coup très seul(e) et incompris(e). Alors tu te raccroches à ce que tu maîtrises et ce que tu connais afin d’oublier la cruauté solitaire des dimanches devant Zone Interdite et des lundis devant le Bachelor. Tu t’évertues, tu t’époumones et tu continues piteusement à penser que c’est elle, que c’est lui, que tous ces efforts n’ont pas servi à rien, que tous ces souvenirs doivent continuer à exister, que c’est sûr, impossible autrement, qu’il ne manque pas grand chose, que peut-être…si seulement…

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L’Ex est un combat perdu d’avance

Parce que la fin est connue. Tout le monde le sait autour de toi. Sauf toi. Que ça ne reprendra pas, jamais. Il faut se faire à l’idée que vous deux, c’est fini. Et que dans le meilleur des cas (qui est en fait le pire), ça sera moins bien qu’avant. Il faut arrêter mais toi, qui penses que votre histoire est si « différente », tu ne lâches rien. Tu t’accroches à cela parce que tu es faible et impuissant, pendant qu’en face c’est devenu fort et intransigeant. C’est sans doute pour ça d’ailleurs que c’est fini. Devenu(e) trop lâche pour aimer dignement. Pourtant tu jures avoir compris. Mais arrêtes ! C’est inutile et c’est trop tard. Quand on accepte tout, c’est que l’on est déjà plus rien. Et puis tu n’as rien compris au fond. Tu ne comprendras qu’une fois guéri(e) qu’il n’y avait que toi au milieu de ce combat de perdants. Un combat où ta culpabilité affronte ta fierté, où la réalité se fait massacrer par les regrets, où ta tristesse inonde ton âme, détruit ton cœur pour se proclamer sentiment unique et permanent.

 

L’Ex est un combat qui laisse des marques

Ca va mieux. Tu n’y penses plus que quelques fois par jour. Hier, tu t’es même senti(e) plutôt à l’aise dans ces bras inconnus mais courageux d’accepter toute ta mélancolie sans broncher. Alors qu’avant, chaque nouvelle tentative de réconfort imprécise ne te rendait que plus amoureux de ce fléau d’Ex, tu commences maintenant à concevoir que d’autres personnes intéressantes se promènent librement à travers ce monde que tu pensais cloisonné aux barreaux de ses humeurs. Tout maintenant n’est plus prétexte pour penser à lui ou à elle. Grâce au temps qui passe, son visage devient flou et son odeur incertaine. Tu comprends alors que l’amour est simple comme le plaisir, compliqué comme le bonheur. Il n’y pas de mots pour comprendre. Parce qu’on ne tombe par amoureux des mots mais d’une situation. Il y a autant d’amoureux que de définitions de l’amour, et pourtant c’est un sentiment que l’on est dans l’obligation de partager. Il n’y a pas de logique, aucune logique, pas d’apprentissage, seulement de la volonté, beaucoup de volonté, énormément de volonté. Et enfin, un beau jour, tu arrêteras de chercher le pâle et nébuleux reflet de ton Ex chez tes nouveaux partenaires. Tu auras enfin compris que toi, lui, elle, vous, méritez beaucoup mieux.

 

Octave Perry    (ici)

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