Tu respecteras ton prochain comme toi-même, connard

 

clemens Kalisher
Photo by Clemens Kalischer NYC – 1950 –

À l’occase, faudrait que je te raconte le truc qui m’est resté en travers de la gorge, mon petit moment de solitude à moi. L’instant où ma jolie déviance a pris le pas sur le reste, le passage hardcore où ma réflexion a définitivement penché dans des irrationnelles loufoqueries. Putain de grand moment ! J’avais dû m’asseoir ! Et pourtant j’étais déjà assis ! Sans doute aurais-je mérité une camisole d’honneur pour enfin pouvoir bercer mes doux délires entre mes bras noués !

Bref.

C’était il y a un bail. Et c’était mon plus sale moment.

O.K. banane, tu me dis que les secondes passent et égrènent notre fin, et que sachant cela, il devrait m’être difficile de trouver pire moment que celui présent !
Ouais t’as raison mon beau blaireau de Ravel, sauf que le présent, c’est du concret avec tes sens qui palpitent, genre une odeur dans le pif, une musique dans la trompe, un couscous dans la bouche, ou la vue de ma belle gueule ! Le passé, c’est la mémoire, le cerveau, la puissance de l’esprit, et ça c’est plus fort que ta mère.

Donc voilà ! On me conseille de prendre tout mon temps et un peu du tien si ça ne suffit pas, pour expliquer posément le fond de ma mirifique pensée ! Haha ! Quitte à te mettre les poings sur les ouïes, je te répète, con comme te sachant, qu’il m’arrive souvent de compter mes cicatrices (elles sont treize et trange ^^), elles jalonnent ma peau et dès que l’une d’elle s’estompe, je m’applique à la recreuser en essayant de toutes mes forces d’être amer, aigri et énervé. Mon devoir de mémoire à moi. Dans une certaine mesure et non sans quelque raison, je réussis aisément. Je collectionne mes fureurs comme autant de punchlines dans ta face, je pète et répète mes mots de dégoût durant mes maintes soirées ombrageuses. J’ai tellement mal de la connerie humaine que j’en souffre comme un chien. Un jour, quelqu’un finira par payer pour tous les autres, je le fumerai sur l’autel désabusé de mes sentiments distingués ! Bang ! Putain que cette pensée m’apaise haha ! si tu savais. Elle me pousse dans mes derniers retranchements, je m’y vautre confortablement en attendant la guerre. Je regarde méchamment tous ces pseudo-humanistes hélés. Et je rêve de les transformer en pseudo-humanistes ailés. Bang bang ! Haha !
Fumerais bien aussi deux trois petits blancs racistes, un barbu antisémite à gueule de dieudo et une poignée de militants en tout genre ! Comme ça, en passant ! Houhou ! Je hais ces connards. Suis trop soucieux de mes yeux pour les laisser agresser délibérément par des fanatiques tout moches. Comme aux échecs, j’adoube les pions ! Je les considère de très haut, de très loin, les passions du monde me cassent les couilles car elles sont le nouvel opium du peuple (les passions, pas mes couilles. Haha. Quoique :/).

Putain, moi, ma passion, mon hobby one, ma marotte : c’est ma personne. L’individualisme, c’est mon dada, l’égoïsme, mon mantra ! Ce que je sais, c’est que tous les mecs avec des idéaux chevillés aux cors me font pouffer. Ils m’évoquent des truffes blotties dans un giron, des pas finis pathétiques qui n’évoluent jamais seuls, des qui se regroupent autour d’un signe de reconnaissance, créant des associations, des ligues, des partis, sorte de troupeau paissant mollement dans les verts pâturages de leurs convictions. Meuuuh ! Comme j’en sais des certains qui soumis depuis l’enfance préfèrent continuer sur leur lancée, des dominés un brin complexés, si dévoués qu’ils seraient prêts à se suicider pour faire avancer la cause…. à condition de se rater un peu pour voir la suite ! Houuu les curieuses ! Faut croire que je fais une fixette sur ces cons-là, mais quand je pense que pour leurs tracts et autres bouquins propagandistes on abat des arbres …. on ferait mieux de les y pendre haut et court, couic !

Et puis toi, tu ferais quoi si t’étais dans ma tête toute déséquilibrée, hein ? Eh ben ouais, moi aussi, figure-toi ! On est idem ! Je fais comme tu dis mais avec la différence que je m’y prends autrement !

Merde, je suis excrément préoccupé par les temps qui courent. Tellement de connards dans ce pays que tu sais quoi ? Je te donne Louis, je te donne Émile : Je fais les cent pas. Douze pas par-ci, treize autres par-là. Et je répète le truc quatre fois ! Mille fois ! J’emprunte le chemin sinueux qui se dirige loin d’ici. Loin de ta culture du néant. Mon grand sourire fait joyeux dans ton paysage dégueulasse, un peu comme une promesse de jours meilleurs. Haha ! Et puis va te faire foutre putain ! Les cons m’emmerdent !

Bon, je pense très fort que le jour où tout a basculé, j’aurais dû rester chez moi pour monter un meuble en pièces détachées, parce que le drame de nos foutues pathologies cérébrales, c’est qu’on ne monte pas assez de meubles sorties des usines de l’enculé suédois! Putain d’europe, mais laisse-moi m’faire oublier à la fin, adopter le style camouflage, qu’au bout d’un moment, les jaloux complotistes recommencent à apercevoir leurs sales gueules se refléter dans le miroir à travers moi. Haha ! Lâchez-moi la grappe, les macaques, rendez-moi la sérénité de ma jeunesse, du temps où j’avais foi en l’humain, dans un monde encore intact de vos horreurs, où la naïveté des enfants réchauffait les cœurs et les jolis lendemains remplis d’espoir, à l’abri des chants funèbres à l’opprobre glacial ! Laissez-moi m’entourer des miens et les chérir, leur raconter mon histoire en les regardant doucement un par un. Je cesserai alors de penser à la folie du monde qui s’accomplit, juré ! J’enseignerai l’essentiel. Je parlerai de ce qui sauve toujours et qui peut-être sauvera tout le monde un jour, quand les hommes auront compris. Je parlerai d’amour.

4 commentaires

    1. Les fous, les marginaux, les rebelles, les anticonformistes, les dissidents…tous ceux qui voient les choses différemment, qui ne respectent pas les règles. Vous pouvez les admirez ou les désapprouvez, les glorifiez ou les dénigrer. Mais vous ne pouvez pas les ignorer. Car ils changent les choses. Ils inventent, ils imaginent, ils explorent. Ils créent, ils inspirent. Ils font avancer l’humanité. Là où certains ne voient que folie, nous voyons du génie. Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent. (Jack Kerouac dans son éloge rétroactif et post-mortem à babakar)

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