Weekend

On nous a volé le week-end

C’est lundi matin. Un lundi matin un peu différent des autres, en ce sens qu’il est salutaire, qu’il arrive, salvateur, pour nous sortir d’un week-end de merde. Perso, je l’attends depuis vendredi soir, impatiemment, comme le retour enfin à la vie normale. Celle où je pourrais enfin décemment à nouveau râler après ma boite mail pro qui aurait saturé durant le week-end.

 

Ce week-end, j’ai mis ma vie en stand-by. Cloué aux réseaux sociaux et à BFM, j’ai assisté au spectacle de ce qui aurait pu arriver à beaucoup avec des « si », et qui en a tué certains n’ayant pas eu le privilège de la conjonction de subordination.

 

« Si j’avais été boire un verre rue de Charonne »

 

« Si j’avais été au match »

 

« Si j’avais été voir ce groupe de rock »

 

Ça n’est pas là le concours de celui qui l’a le plus échappée belle, mais la prise de conscience collective et plutôt saine du caractère ordinaire de la soirée que passaient ces gens ordinaires.

 

C’est une façon qu’on a tous eue de s’emparer de l’événement, de ressentir ensemble cette peine immense qui vous – nous ? – donne à tous, dans le métro ce matin, un gueule immonde, cernée et triste. Oui, vous avez une sale gueule, ce matin, et sachez que je ne vous en veux absolument pas.

 

Ce week-end, j’ai bien essayé de décrocher un peu, d’entamer des parties de Monopoly, mais toujours une vibration de mon portable me ramenait au drame. Alors que je m’apprêtais à mettre trois hôtels potentiellement ultra rémunérateurs sur les cases jaunes dont je venais de faire l’acquisition, quelqu’un me sommait de lui donner de mes nouvelles. Et lorsque je m’apprêtais à achever impitoyablement mon adversaire tombant enfin sur la Place de la Bourse, mon téléphone vibrait, ternissant ma victoire d’une énième alerte, qui se révéla fausse, Place de la République.

 

Surconnecté, prisonnier de la télévision et des réseaux sociaux, j’était terrorisé par des terroristes qui, le temps d’un week-end, ont réussi leur coup vis-à-vis de moi.

 

Ce lundi, c’est enfin l’occasion d’entamer ma vengeance. Je prends le métro, souris aux gens, écoute très fort la musique dans mes écouteurs, programme des verres à boire en terrasse dans la semaine, planifie des séances de cinéma.

 

J’aurais bien râlé après ma boite mail pro saturée, mais celle-ci est désespérément vide…

 

On m’a volé mon week-end.

Weekend

Un commentaire

  1. De 2 choses l’une soit tu es lesbienne et tu ne veux pas l’admettre, soit tes amours sont d’une tristesse insondable. De toutes façons je n’aimerais pas être dans tes godasses, le dernier (ou la dernière) qui t’as vu (ou entendu, on ferme souvent les yeux dans ces cas là) jouir ne doit pas être très jeune…

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