Mon boss

Cela fera un an en décembre que je bosse pour lui, mon Boss. Un an que je suis son assistante personnelle, que je gère son planning, son pressing, ses maitresses. Un an que j’appelle un petit hôtel près de l’Etoile pour lui réserver ses cinq à sept. Un an que je lui fais des petits sourire entendus lorsqu’il me dit : “Emma, tu n’oublies pas de gérer pour mon rendez-vous de mardi ?” “Non, Alex, je n’oublierais pas une telle chose tu sais bien.”

Il me sourit, je suis sa complice, il sait que je sais, et sait que je ne dirai rien. Ce qu’il ignore par contre, c’est l’envie de pleurer, de hurler quand le concierge de l’hôtel me confirme : “Oui, la même chambre que d’habitude, il n’y pas de problème Mademoiselle”

Ce crétin, lui aussi prend un air entendu au téléphone, il doit penser que c’est moi qui me l’envoie, ce monsieur Pelletier, Alexandre Pelletier… Et bien non, je ne suis que l’intermédiaire, que la secrétaire. La serviable, l’utile.

Mon boss, il pue le sexe. Quand il vous regarde, vous vous sentez nue, et la seule chose que vous voulez à ce moment là, c’est lui appartenir, c’est qu’il vous prenne sauvagement sur son bureau, qu’il arrache votre chemisier, soulève votre jupe, et vous pénètre bestialement. Et ses deux semaines d’absence n’ont pas atténué mon désir. Dès qu’il a passé la porte, tout m’est revenu violemment à la gueule :  Son parfum, sa bouche, son regard, son petit cul si bien moulé dans son Diesel…Et sa peau chaude sur la mienne quand il me dit bonjour. Un volcan entre mes jambes, mes mains moites, la chaleur qui me montent aux joues. Le cauchemar recommence, le coeur qui bat, mon regard qui fuit le sien… Mais putain, comment fait-il pour ne rien voir ?

Il me raconte vite fait ses vacances, femme-enfants-et-ile-de-Ré… Sympa conclut-il.

– Et toi, Emma, tu as dû affoler tous les Go du club de Djerba ?

Je baisse les yeux et bredouille un vague non, un peu gênée.

– On était entre copines tu sais…

Il tourne les talons et se contente d’ajouter “Dommage pour eux” avant de s’éclipser dans son bureau. Je passe les mains sur ma robe pour les essuyer. Je transpire, j’ai chaud… Pourquoi fait-il si chaud à Paris ? Ah non, il pleut. J’ai trop chaud, j’ouvre la fenêtre.

J’ai menti, je me suis tapée trois mecs à Djerba, que des one-shots et que des nuls. Aucun plaisir, rien. Des mecs bourrés juste là pour me sauter et moi qui essaie en fermant les yeux de m’imaginer avec Alex… Avec Alex, sur la plage, avec Alex derrière la boîte le long du mur, avec Alex dans mon bungalow, totalement éméchée. Je ferme les yeux, et j’imagine que ce sont ses lèvres qui m’embrassent, sa langue qui glisse sur mon ventre pour finir sur mes lèvres, et son sexe que je prends à pleine bouche…

Je dois fermer les yeux pour oublier le connard qui me baise, le connard relou qui ne manque jamais de me glisser un mot salace à l’oreille, histoire de bien me rappeler que je ne suis pas avec mon boss.

Crédits Photo : Lobbiaz

15 commentaires

  1. Pourtant, je peux t’assurer que je suis une femme. C’est terriblement sexiste ce que tu dis. Une femme ne peut pas avoir de pulsions sexuelles comme un homme ? C’est bien mal nous connaitre.

  2. Je rejoins Emma c’est sexiste de penser que c’est homme derrière ce texte!!!
    J’aurais pu écrire!
    Des tas de nanas sont comme ça, il y a pas que des saintes ni touches kir mangue!!!

  3. En tout cas c’est superbement bien rédigé. Le genre de texte qui vous inspire, vous rend poète, on acheterai une baguette de pain juste après l’avoir lu et il y aurai de la sensualité dans le rendu de monnaie, la pluie serai sueur, le vent, un souffle profond dans le creu de votre cou. Bref j’ai kiffé quoi

  4. @MissPrecious : Haha, il y a pas que des saintes ni touches kir mangue!!! C’est très bon ça.
    @cylk : Si je te rends la vie plus sensuelle et l’âme d’un poète, tu m’en vois ravie. Je vais continuer à écrire ici je pense. Une très bonne thérapie érotico-amoureuse…

  5. Emma c’est pas vraiment de moi… C’est un résumé de ma pensée mélangée à quelques mots de Melle Foresti en parlant de celles qui se marient et les autres, extrait de son premier spectacle solo.
    Je suis ravie que tu envisages d’écrire par ici again parce que ta thérapie érotico-amoureuse fait terriblement écho en moi… A la différence que moi j’ai consommé et que je sais aujourd’hui que c’est en réalité comme dans mes fantasmes… Ou est le problème alors? Ben on est encore ami, son coeur balance et il y a la possibilité qui plane toujours entre nous…

  6. Cool Emma, je te lirai avec plaisir. J’avoue que ce site, c’est un peu comme si une société secrète naissait pour continuer à nourrir le foyer érotique, symbole de notre peuple, on remet du calendos dans ce pays devenu frileux et puritain. J’ai enfin trouvé du cul propre et assumé, du politiquement incorrect, et des paroles libertaires et libératrices pour les libres pensant (et parfois libertins) que nous sommes. (bon, la plupart du temps dans la vie, je ne parle pas comme ça hein !). Je tente de faire publier un texte exutoire, je croises les doigts. Continue

  7. Deux solutions :
    1) se le faire et changer de boite
    2) changer de boite et se le faire

    PS : je sais pas si j’aurai mis son nom, du coup, je vais farfouiller sur le web voir si j’en trouve un du même nom qui pue vraiment le sexe. Dangereux car possibilité de réserver encore un hôtel pour une autre que soi…lol Ou un pseudo ?

  8. @Emilie :
    La solution, c’est bien entendu de se le faire, mais je ne sais pas s’il en a envie. Est-ce à cause du « No zob in job » ou simplement parce que je ne lui plais pas…
    Hier, j’ai appris qu’il partait en séminaire quelque part dans l’ouest le 14 décembre. J’espère juste pouvoir l’y accompagner.
    Et pour le pseudo ou real name, c’est un secret. Tu ne veux pas son numéro pendant que tu y es, bitch ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*