3 semaines déjà…

3 semaines déjà que je suis l’amante de Jean.

Après le cinéma, il y a eu son bureau, mon bureau, puis chez lui, et chez moi, et puis dans sa voiture aussi.
Je ne pensais pas que l’on recommencerait. Je croyais qu’il s’agissait juste d’un « one shot », d’un coup d’un soir que l’on justifie par un excès de Mojitos et de chagrin… Mais non.

Cette nuit là, je n’ai pas dormi, et le lendemain matin, je me sentais mal. Et s’il avait appelé Alex pour lui dire, et s’il s’en était vanté comme le font tous les mecs ?
Je suis arrivée au bureau très tôt, la première. Seule la femme de ménage s’affairait déjà dans ces locaux sans vie. En la saluant, j’ai cru lire du mépris dans son regard. Pourtant, elle n’en savait rien, elle.
Je devais rester calme, je me suis assise à mon poste et j’ai entamé la lecture de mes mails. Respire, Emma, respire.
Puis, Alex et Jean ont fait leur apparition en même temps. Je me suis figée. Sans doute avaient-ils pris un café ensemble avant de venir. « Il lui a dit, il le sait, c’est certain, mais quelle conne je suis… »
Mais Jean ne laissait rien paraître, et Alex m’a saluée comme chaque jour, me taquinant simplement sur ma potentielle gueule de bois. Un bonjour juste comme ça, comme hier, comme avant-hier.
Je suis restée un moment tétanisée sur ma chaise. Mille questions se bousculaient dans ma pauvre tête à peine dégrisée, jusqu’à la réception d’un mail à Jean qui m’assurait de son silence. « Je n’ai rien dit à Alex,  cela ne concerne que nous deux, détends toi, et prend un ¼ de Lexomil, parce qu’on dirait que tu vas mourir là » Un smiley, un mail sympa, je respirais mieux.

Au moment de m’en aller, Jean m’a demandé de l’aider à finir une propale pour un client. Bien, je reposai mon manteau et le rejoignis dans son bureau.

Puis la boite commença à se vider, les graphistes, les développeurs, la compta… Et enfin, Alex. Je me retrouvai seule avec lui.
Il m’assura à nouveau de son silence, et dédramatisa la situation. Nous étions deux adultes qui nous étions envoyés en l’air, chapitre clos. Je me sentais mieux. Il nous servit une bière et nous reprîmes le travail. Parfois en deux slides qu’il relisait, il me disait : C’était bon quand même hein ? Et il riait. Bien sûr que c’était bon, mais je ne pouvais pas lui dire. J’étais amoureuse d’un autre et cet autre était assis à quelques mètres de nous il y avait moins d’une heure.
Soudain, il décida que nous avions fini, qu’il viendrait plus tôt le lendemain pour une dernière relecture. Il se leva tranquillement, puis réunit les documents éparpillés sur son bureau afin de les ranger dans une pochette. J’éteignis mon mac et m’apprêtai à me lever, quand il me saisit par les épaules pour me rasseoir doucement. Il releva délicatement mes cheveux, afin de m’embrasser le cou. Son souffle court et chaud dans mon oreille me fit frissonner tout le corps. Je tentai de l’arrêter, arguant que ce n’était pas raisonnable de recommencer.

Pourquoi pas ? Insistait il.  Tu n’as pas aimé hier ? Laisse toi aller Emma, laisse moi te faire jouir… Nous ne faisons de tort à personne, Nous nous faisons seulement du bien… Laisse toi faire, à moins que tu n’en aies pas envie, dans ce cas…

Il me caressait fermement les seins, tandis que sa respiration se faisait plus haletante dans ma nuque. Il me serrait si fort que je sentais naître son désir dans le bas de mon dos. J’étais prise en piège.
Il passa une main sous mon pull et la fit glisser sous ma jupe jusqu’à s’emparer de mon sexe. C’ était trop tard pour que je me refuse à lui, mon corps avait abdiqué. Je me levai pour l’embrasser, puis me laissai aller en arrière pour m’allonger sur le bureau. Je soulevai le bassin pour me débarrasser de mon string, puis Jean me saisit par la taille, m’attira jusqu’à lui. Il plaça l’une après l’autre mes jambes sur ses épaules, et s’empara de mes hanches. Je le sentis s’introduire en moi, lentement, profondément, et un doux frémissement me parcouru le corps, mais il changea rapidement de rythme et entra dans une baise animale. Ses hanches venaient frapper violemment mes fesses, et je sentais son sexe se gonfler en moi. Je n’avais encore jamais été prise de la sorte, mon cœur était sur le poing de lâcher, et il me semblait que j’allais perdre connaissance.

C’était il y a trois semaines, et depuis, nous continuons à nous voir dès que possible. Pas de promesse, pas de sentiments, juste du sexe et de la bienveillance. « Mon ami qui me fait du bien », c’est comme cela que je l’appelle. Chaque fois qu’il me fait l’amour, je me sens plus vivante, plus désirable,moins vide. Et même s’il m’arrive encore de m’imaginer avec Alex quand je ferme les yeux, de vouloir mettre un terme à cette liaison, je ne peux pas m’empêcher de recommencer encore et encore.

Photo : Lobbiaz

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