Les sauteries parisiennes

Si vous ne désirez pas lire mes histoires débauchées en entier, voici directement la morale : « L’amour est un jeu. Mais il n’est caché ni derrière un magnum de champagne, ni une Davidoff dans un lit.« 

Que penses-tu des petites sauteries dans les clubs branchés de Paris ? Personnellement, je trouve ça épuisant. L’idée de se retrouver en tête-à-tête, à cette table, avec la même personne chaque soir, me rend dingue. Pour sûr, elle change de look, parfois elle est fraîche, parfois moins. Quand elle est vide, une autre la remplace. Qu’importe ça finira en tête à queue. Et chaque fille, chaque sein, chaque bouche que tu rencontres, ont toujours la même attitude. Oui, avide de désir. Oui, j’existerai en toi si je te sers un verre. Frénétiquement, tu trembleras dans un clic-clac qui crisse, tu m’arracheras la peau, tu t’endormiras sur moi. Mais moi, je ne veux pas.

Position post-orgasme, elle bavera dans mes draps sales et moi de son coma je profite pour goûter aux dangereux plaisirs de la nuit parisienne. J’allume ma clope et me promène sous la neige, je vois des hommes, je vois des femmes, des pouilleux et des rats, mais ça ne me choque pas plus que ça. Tu sais que tu me plais toi ? Elle m’a souri, elle n’a rien dit. J’ai dû virer l’autre de mon lit.

En face de moi elle était nue, et moi j’avais un peu trop bu. Ses cheveux blonds sur sa poitrine m’obstinent. D’accord, je me confesse ; une belle poitrine, de beaux cheveux, mon fantasme. A première vue, son visage est rond, son regard malicieux, sa bouche vicieuse, son pincement de lèvre à lécher. J’allume une clope. Elle me déshabille si doucement, si sensuellement, si sexuellement. Je sens ses seins sur mon torse, je sens ses lèvres dans mon cou, je suis certain que c’est un bon coup, pour le coup. J’en ai ras le cul des corps parfaits. Pourquoi t’es si sympa ? comment tu peux faire ça ? Qu’est-ce-que je t’ai dit pour qu’on en arrive là ? Et elle a disparu sous le drap : je ne l’ai jamais revue.

Un soir, dans mon carré, c’est la bouteille qui m’a fait penser. Écoute garçon, pourquoi tu réagis comme ça, pourquoi tu me bois, pourquoi tu aimes toutes ces blondes chaque soir, tu peux me parler, qu’est ce qui ne va pas ? Tu sais, c’est cette fille il y a bien longtemps, je crois, je ne suis pas sûre. Je lui avais dit des tas de mots, des tas de choses. Et quand elle est partie, je n’avais même pas nos ébats en vidéo pour me souvenir de tous ces cris, de cette envie d’aimer qu’elle m’avait donnée. Elle me chantait à l’oreille, elle me regardait sourire, souriait à son tour, me sécher le corps après la douche, aimait les tartines au petit déjeuner, son pyjama était si ringard et si laid, que j’en étais fou amoureux.

Toutes ces filles, tous les soirs, ce ne sont que des marionnettes. Des consommatrices désabusées qui ne veulent que goûter au pénis d’un boucher, d’un aristo de notre société. Non, je ne les méprise pas. Non, je n’ai rien contre elles. RÉAGIR, tu connais ? Au lieu de t’entasser comme une tasse-pé, sur des gamins à peine majeur, donne un sens à ta vie, donne un sens à ton corps. Pute pédestre.

Paris, la nuit, c’est ça, c’est de la connerie, tu prends le taxi, tu ne le payes pas. Quoiqu’il arrive, où que tu ailles, tu auras quelque chose à raconter. Un coquard, une anecdote, une arnaque. Parfois, je me demande si ce n’est pas l’artiste qui parle, qui vit ça ; je me demande si une personne normale verrait la même chose que moi. J’espère réellement. Un jour je  vivrai le jour et dormirai la nuit. Mais tu ne m’as pas répondu. Qu’est-ce-que tu en penses toi ?

 

9 commentaires

  1. Réponse à ta question : rien.

    J’habite à Paris 4. Quand je sors, il ne se passe jamais tout ça.
    Il y a un formulaire à remplir quelque part?

    Ou faut que je commence par arrêter de prendre le métro, pour le taxi et ne pas le payer?

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