Le bitume avec une plume [Acte I]

Sincèrement, je voudrais pas me jeter des roses rouges à la gueule sous un feu d’artifice d’applaudissements multicolores mais vous avez une putain de chance que j’appartienne pas au syndicat des blogueurs de chez megaconnard, sinon vous pouviez vous le carrer dans la rondelle pour ce qui est du rythme échevelé des phrases, de la rhétorique outrancière de la street et de la longueur exquise de certains propos, oui, heureusement pour vous autres, je suis comme la femme moderne, forte, indépendante et qui aime la bonne longueur. Sinon, j’aurais des amendes pour excès de tout, mon flow serait cisaillé par les censeurs du bon-sens, mon permis de bloguer n’aurait plus de point et des blâmes noirciraient davantage mon doux visage et ma renommée 2.0. Tu parles d’une honte pour la mifa. Surtout que ça se répète ces trucs-là, jusqu’à parvenir aux oreilles de la daronne. La blogosphère qui te fait les gros yeux, ça fait toujours beaucoup de bruit pour rien. Les internautes complètement cons, comme dit mon prof en pléonasme, qui chuchotent à voix hautes :
– Eh connard, tu sais que Babakar a eu un avertissement avec effet sur son coefficient de modération pour avoir majoré un abus d’ordre quatre sur l’échelle U.R.L. du manque de doigté ?
– Mais dis-moi, le mois dernier on avait déjà sévi contre cette personne ego sans trique et sans reproche, pour abus de billets dans benuzdansleblog, non ?
– Mais oui connard ! il avait même vu son cotât outrepassé et son droit de bloguer retiré pour huit jours ! Sans parler des fautes orthographiques dignes d’un megaconnard.

Tout ça vous explique, bande de bidules, pourquoi ils sont tant relou, la plupart des billets d’ici : les auteurs qui s’observent le nombril en poussant des cris sidérés devant ce spectacle sidérant : l’organe qui jadis servait à relier deux êtres, en l’occurrence une daronne à son chiare, transformé en orifice ultracentrique qu’on protège de toutes ses forces en se positionnant fœtalement. Individualiste comme pas deux, moi, je suis pas assujetti à ces putains de problèmes de blogueurs collectifs. En le contre-revendiquant, je peux me permettre de faire ce que je veux. Et je ne voudrais pas vanter la came mais avec moi vous êtes soignés aux petits oignons, c’est de l’étoile à six branches gravée dans la roche. Je suis mon propre maître, enfin, je me con-plaie à le penser.

Bien sûr, on me fait la gueule et mon joli tisheurt essuie les plâtres des internautes bricoleurs virulents, mais je n’en ai cure comme on dit à Aix-les-Bains, parce que ça fait un bail qu’à force de lynchage, nous autres les négros prévoyons des fringues de rechange. Et à ceux qui me reprochent le ton radicalement véhément de certains billets de branque, et ma propension vertigineuse à chécra dans votre putain de soupe, je balance un indice de niveau cinq sur l’échelle de ta con-préhension babakarienne : la culture du clash coule dans mes veines.

Alors n’oubliez jamais. Seul compte le rythme.

Inscrivez-le bien comme il faut, ça vous servira. Et même, je vous préconise de vous le tatouer sur la main, manière de pouvoir le tenir à disposition, que par la suite, quand les billets vont s’enchaîner, vous n’aurez plus le temps de vous placer l’index sur la roulette murine afin de tourniquer les pages en marche arrière, vous jetterez un regard plaintif à votre main comme on mate une inscription sainte pour se resignifier tout le but du truc.

Bon, je voudrais pas innerver non plus les petits branleurs qui liraient accidentellement ces lignes en pensant s’émoustiller la glande à fantasmes sur les écrits d’une tasse en manque de huque. Putain, je me marre mais le racolage et moi, quand on se rencontre, on fait semblant de ne pas se connaître, si tu vois le délire.

C’est le boulanger d’Albert Camus qui écrivait ouvertement au détour d’une fermentation : « il vaut quelquefois mieux un billet traitant d’un sujet de boules sans style qu’une merde bien rythmée. » Après tout ce qui vient de préambuler ci-avant, qu’il vienne faire un tour dans le coin, il reviendra de son erreur, le naze.

Ainsi, je m’autoproclame l’artisan blogosse toujours opérationnel pour vous traiter de cons à toute heure du jour et de l’envie. Et de façon amicale par dessus le marché, mais sans toutefois perdre de vue que con et con font toi. Je t’embrasse pas, je te fume.

Le bitume avec une plume.
Le bitume avec une plume.

3 commentaires

  1. Bang bang, he shoot you down ! Fais moi mal, dis-moi des mots sales… En tout cas, un billet comme on en voit peu. Me suis pris deux gifles en lisant, mais j’en redemande.

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