Ces copines cools, drôles et sexy qui… PAF ! se mettent en couple.

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Si la plupart des filles négocient habilement le délicat virage de la « mise en couple » , on parle trop peu à mon goût de celles qui s’y croûtent méchamment les genoux. Et pourtant Dieu sait qu’elles sont nombreuses, les malheureuses !

On a toutes dans les fonds de nos vieux It Bags le souvenir d’une bonne copine à l’amitié indéfectible, une de celles avec qui on a tout partagé, nos gloss et nos herpès, nos culottes Dim, nos peines de cœur, nos cuites impromptues et les descentes vertigineuses du lendemain qui vont avec. Une bonne copine à laquelle tout est dit, du plus banal au plus cocasse, en passant par l’inavouable, qui nous connait bien mieux que notre propre mère (Maman n’était pas là quand t’as sniffé comme une limace tremblante ton premier rail de coke, n’est-ce pas ?)  Une bonne copine avec laquelle il fut si bon de laisser en roue libre sa juvénile stupidité.

3:22 du matin, la bonne copine ne s’offusque pas de ton coup de fil dégoulinant d’angoisses nocturnes.

4:04 du matin, ça sonne à ta porte :

  » – Ouais c’est qui là ?
– Mel c’est Vi’, ouvre-moi !
– Ça va Vi’ ? T’as l’air bizarre ! Qu’est-ce qui y a ?
– Non ça va pas non ! »

Genre. La bibiche d’amour a accouru sans plus attendre à ton secours, elle est encore en nuisette sous son manteau, elle a ramené une bouteille de Coca 0 et un paquet de Malboro tout neuf, elle se cale dans ton canapé, « Bah dis-moi qu’est-ce qui y a ?! » qu’elle dit, la copine cool, drôle et sexy.

Le seul défaut de cette amie aux yeux de Bambi débordants de bienveillance, c’est qu’elle abuse un peu trop des séances d’U.V et c’est pourquoi nous l’appellerons Mimolette.

Et pis le drame : Mimolette croise son regard, son regard à lui. Tu sens tout de suite que ce gars là ne sera pas une croquette à la petite semaine, que ce gars là va chambouler votre long fleuve tranquille mais l’innocente bécasse que tu es, s’en va farfouiller le net en gloussant à la recherche du profil Facebook du-dit garçon, s’extasie en chœur avec une Mimolette déjà toute imbibée de niaiserie amoureuse, sur ses photos de profil (alors qu’en vrai il est moche putain ! Il a le regard fuyant d’un raton-laveur et la carrure d’un coton-tige.) fait semblant d’ignorer que ce mec là, tu le détestes déjà. Et malgré toi, tu aides ta Mimolette à sceller son pacte avec le diable « Mais vazy fonce quoi ! »
Et Mimolette fonce.
Droit dans le mur.

Amoureuse et maquée jusqu’à l’os, Mimolette bien que toujours présente à tes côtés, devient pénible. Très pénible. Le monde entier semble devoir tourner autour de son coton-tige à couilles. La réponse à son dernier texto tarde un peu trop à arriver ? Mimolette s’assombrit, n’est plus vraiment là, avec toi et garde les yeux obstinément braqués sur son maudit smartphone. « Hein ?! Tu disais quoi…? »
Imperceptiblement, un couvre-feu s’instaure, ta bonne pote n’est plus libre comme l’air et vos discussions n’ayant plus leur vigueur d’antan, elle s’éclipse de plus en plus tôt, de plus en plus vite. « Elle est in love, c’est les débuts, laissons-lui le temps de s’en remettre » te dis-tu, encore toute pleine d’espoir.
Tu refuses de voir, tu refuses de croire que ta vieille copine est juste en train, tout doucement mais sûrement, de se transformer en serpillière.

Arrive alors la trahison ultime. C’est bientôt ton anniversaire et pour l’occasion une grande fête sera donnée. « Tu viendras Mimolette ? » Sa réponse se laisse longuement désirer. Son putain de smartphone est curieusement sans cesse déchargé et elle overbookée, pour ne pas dire franchement fuyante. Quand trois jours plus tard sonne enfin le glas de votre inébranlable amitié : « Je crois que je ne viendrai finalement pas… On a prévu de regarder le dernier épisode de Dexter avec Mamour… Tu m’en veux pas hein…? » qu’elle fait d’une petite voix coupable mais néanmoins assurée de son bon choix. Bien sûr que non je ne t’en veux pas. J’ai juste envie de te planter une fourchette entre les deux yeux.

Les mois passent et malgré un timide rabibochage, Mimolette n’en finit plus de s’éloigner vers des horizons aussi excitants qu’une feuille d’impôts. Elle ne s’adonne dorénavant plus qu’à des « soirées-couples » où tu n’es bien évidemment pas conviée dès fois que ta chagasserie ton célibat soit contagieux et ne sème la zizanie dans leur paisible raclette-party. Le clou de ces soirées reste l’incontournable partie de Love Trivial après deux verres de vin. Pour te dire c’que tu rates (…)

Mais comme on dit toujours, moi & mon débonnaire optimisme sous Prozac®, les feux de l’amour finissent presque invariablement en petit feu de cheminée qui pue la vieille charentaise.
La pétillante et rigolote Mimolette d’avant est morte, définitivement morte.
Elle cultive à présent, quasiment à temps plein, ses hormones à cellulite au fond de son divan.
Tout acquise à son Mamour, elle est insidieusement devenue une bouillie fade, du tout cuit dans l’bec, sa chose à lui sans étincelle et sans copine qui pourrait gentiment la dévergonder le temps d’une soirée, lui offrir une nouvelle saveur, un seyant petit vent de liberté dans les cheveux.

Spéciale Kass’dédi à Stéphanie M. une fille cool, drôle et sexy. Toujours.
Ainsi qu’à la plus jeune de toutes mes sœurs, ma si précieuse. 
On a toutes au fond de nos vieux It Bags une Mimolette qui un beau jour,  nous a jeté à la gueule quelque chose de trop sage, une ignoble Mimolette qui nous a brutalement obligées à grandir. 

@LilasGoldo

6 commentaires

  1. Y’a pas que les copines. Y’a les potes aussi. Moi je suis de ceux qui ont quitté le radeau des folles nuits bière/champagne/coke/pointF/caniveau et finalement, « on est bien dans son canap » avec sa douce. En tout cas je suis pas gaulé comme un coton tige bordel !

    Merci pour ce premier billet 2014 savoureux et nostalgique.

  2. putain de coton tige qui n’a de cesse que de s’installer à demeure dans ton sofa pour y péter à loisir en t’entrainant dans sa chute… et putain de mimolette, pourtant elle le sait qu’être en couple rend grosse, conne, chiante et moche! (souvent)

  3. Ne généralisons pas Poneytte, y a plein de meufs qui se casent en sachant garder une part de « wild » en elles, regarde NOUS par exemple.
    Enfin « nous » quand on était maquées plutôt, hé ben ça nous empêchait pas de faire nos virées entre meufs, on était pas H24 collées à nos mecs comme des moules sur un rocher.

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