Lagaf’, ce héros.

par @rominnichel

Il y a des jours comme ça, où tout s’arrête, où plus rien n’a de valeur ni de goût, où seuls les pleurs coulent le long des joues. Si je fais preuve d’autant de lyrisme, c’est parce qu’aujourd’hui, un monument du paysage médiatique français nous a quitté, un de plus. Le PAF pleure le regretté et se retrouve orphelin d’un talent inégalé.

Un seul mot : Lagaf’. Un type qui a m’a fasciné années après années, grâce son énergie débordante et son humour potache. Bien plus efficace qu’une nurse Malienne ou qu’un spectacle de Guignol, l’expression TV-Sitter n’avait jamais eu autant de sens lorsque retentissait le générique de « L’or à l’appel », à l’époque où je croyais encore qu’il neigeait à l’intérieur du poste de télévision.

Malheureusement, nous ne le verrons plus, je ne le verrai plus. Et bien que les serveurs hyper ventilés de Santa Clara se substituent peu à peu à notre mémoire, ils ne pourront jamais retranscrire avec la même véracité le rose pale de ses costumes trop grand pour lui, ni avec la même vigueur l’orange vif de ses cravates nouées à l’emporte pièce. Croyez-le ou non, même ses étrons cinématographiques me faisaient rire. Lagaf’ était un modèle pour moi…

Après m’avoir fait prendre conscience que l’apparat était la clé de la réussite, il m’a appris le sens du mot « sacrifice ». En effet, comment dénigrer cet homme qui se levait à 6h du matin pour enchaîner 10 enregistrements dans une seule journée. Oui certes il travaillait à la télé et vous me direz qu’il y a pire ; mais j’aimerais vous y voir vous, vous faire sauter dessus et briser les tympans par des candidates hystériques aux coiffures plus que douteuses, juste pour un robot mixeur fourni sans les lames. Et tout ça pour quoi ? Pour que des grandes marques puissent fourguer du surimi à des ménagères salivant devant leur poste, prêtent à croire que « Les Petits Ecoliers » rendraient Jason bon en dictée.

Mais Lagaf’ ne s’est pas laissé pervertir car l’homme avait du cœur. Souvenez-vous en 2000 lorsqu’il a offert du travail à ce jeune Rom nommé Ramutcho, repéré dans le métro parisien grâce à une superbe ré-interprétation du « Lavabo » qui faisait passer les attentats du 25 Juillet 1995 pour une légère secousse. Le tout avec un bonnet et une flûte de Pan, respect.

Dix ans plus tard il récidivait avec Gérard des « filles d’a côté » . Alors que tout le monde le croyait mort mais qu’en réalité il se cachait car il n’arrivait plus à remplir son short rayé à cause d’une sous consommation de stéroïdes, il en fit son Patrice Carmouze.

Je m’arrête ici car les larmes recommencent à couler et la semaine prochaine elles couleront bien plus encore. Avec Gérard, qui ressortira son short d’AB1 pour l’occasion, nous organisons une marche silencieuse avec l’amicale du Jet-Ski Montferrandaise en l’honneur du regretté. Fan de la première heure j’aurai le privilège d’assister aux funérailles et de prononcer un dernier mot :

RIP RIP OUAIIIIIIIIIIIIIIIS !!!

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