L’épilation est elle soluble dans le feminisme?

Quand je vois une femme non épilée sous les bras j’ai d’abord une petite réaction de gène comme si cette vision était accidentelle, comme si quelque part il y avait un peu de nudité ou d’intimité dans ce poil.

Pourtant je n’ai jamais envisager de me raser les poils sous les bras.

Julia Roberts A poil

 

Il y a une convention sociale qui dit que les femmes doivent se raser ou s’épiler sous les bras et les hommes non. avec bien sur des exceptions des deux cotés.

De facto les hommes préfèrent les femmes épilées sous les bras et sur les jambes,  et pour le moment les femmes acceptent encore cette convention sociale sexiste mais cela devrait évoluer.

 

Il m’apparait finalement que l’acte de l’épiler sous les bras est une soumission au patriarcat. Certaines justifieront qu’elles se sentent plus à l’aise comme ça mais si c’était la seule raison il y aurait autant de femmes que d’hommes épilés et il me semble que ce n’est pas le cas.

Pourquoi une femme ne pourrait pas être sexy avec du poil il suffit de s’habituer non ?

Pour faire avancer ce débat hautement important j’aimerais vous appeller à témoigner dans les commentaires.

 

Les hommes : Est ce que vous préférez les femmes épilées et pourquoi ?

Les Femmes : vous épilez vous sous les bras et pourquoi ?

 

PS je me reserve le droit de compléter cet article au fur et à mesure de l’avancée du débat.

 

 

D’ailleurs un internaute m’a envoyé ce site c’est pas mal

 

http://www.telechatte.fr/#

37 commentaires

  1. Épilation totale pour l’hygiène, et aussi pour moi car je n’aime pas les poils. (il y a vraiment une différence quand on s’épile, surtout par ce temps…)

  2. Le question posée aux hommes aurait également pu être posée aux femmes (puisqu’il est question d’égalité). Plusieurs fois j’ai essayé, sans succès de faire raccourcir (à défaut de pouvoir la raser) les dessous de bras du boyfriend (pourtant très entretenu de partout ailleurs).
    Pour le témoignage, je me rase sous les bras depuis l’apparition des tous premiers « indésirables », à cause d’une pratique sportives. Le pourquoi actuel étant plus un automatisme qu’autre chose puisque pour ma part 1) je ne suis pas spécialement rebutée par celles-qui font le choix de laisser la nature reprendre son droit, 2) il m’arrive, en vacances et en hiver, d’oublier…

  3. Seriously???
    Ca te choquerait pas?

    Perso, les poils sous les bras d’une c’est plus hygiénique sans pas de transpi ou goutte qui reste dedans et qui te poursuit jusqu’a la prochaine douche.
    de deux meme pour les mecs c’est pas top une ptite coupe s’impose (pas forcement epiler mais au moins rafraichir)
    de 3 y a que les ex allemandes qui se laissent encore pousser les poils mais rien a voir avec le feminisme ou autres.
    c’est avant tout pour soit qu’on le fait et non suite à un dictat patriarcat!

  4. Pourquoi se concentrer sur l’épilation sous les bras? L’épilation en général (sous les bras, jambes et autres…) pour les femmes est née comme symptôme de la soumission des femmes dans le sens où leur valeur ne résidait que dans leur beauté, car leur rôle se limitait à ça. À mon avis cela a evolué au cours du temps pour devenir un standard esthétique et culturel aujourd’hui. J’ai souvent réfléchi là-dessus car je suis profondément féministe, mais hors de question de sortir avec les pattes velues 😛
    On voit aussi qu’aujourd’hui beaucoup d’hommes s’épilent parce que c’est plus joli et plus hygiénique. Perso je trouve ça plus sain de laisser le corps comme il est, car les boutons sous la peau, les techniques barbares d’épilation etc etc, c’est pas top non plus.
    Bref, je n’ai pas de conclusion 😛 J’essaie de ne pas me prendre la tête avec. En tous les cas ce que je sais c’est qu’on peut être féministe et s’épiler, porter des talons, du maquillage…

  5. @ Nanouche on s’habitue à tout ensuite ce n’est pas que hygienique sinon les hommes le feraient aussi.

    @Pauline tu sais qu’on peut être féministe et s’épiler mais tu es d’accord finalement qu’on entretient en le faisant un système non féministe…

  6. J’ai déjà croisé un homme qui a tenté l’épilation sous les bras et a trouvé que c’était bien plus agréable comme ça.
    Ils ne pensent pas à le faire parce que ce n’est pas la « mode ».

  7. Je rejoins assez Pauline. Féministe, j’aurais tendance à défendre bec et ongle le droit des femmes à être poilues si elles ont envie. Quant à celles qui assument ça, j’ai une tendresse a priori pour leur anticonformisme.
    Et moi ? Je fais le contraire. Ça tient surement du conditionnement, mais j’ai du mal à supporter un poil qui dépasse, même si je deviens moins intégriste avec l’âge (et les poils qui se raréfient, yeapeeh). Pourtant je n’ai jamais eu de pression particulière de la part des hommes, globalement j’m’en foutiste sur le sujet (bon ok le travail était déjà fait, mais j’ai pas le souvenir de remarque acerbe à des moments limites. Plutôt des « ah, t’es pas épilée ? Euh moi non plus » façon de dire « mouarf ma grande, ça m’est bien égal »)
    Alors pourquoi ?
    Parce que longtemps j’ai essayé de me fondre dans le moule et les stéréotypes, histoire d’oublier que je me sentais foncièrement différente. Ça c’est pour l’auto-analyse à 2 balles.
    Parce que maintenant que je maîtrise un peu les codes, je me suis rendue compte que la séduction pouvait être un pouvoir. Je m’en sers avec parcimonie parce qu’il peut y avoir des effets secondaires embêtants, mais bon, on a pas encore tant de pouvoir, alors autant ne pas se priver de ceux qui existent.
    La volonté de s’affranchir de la nature pour faire de son corps un projet allant vers plus de beauté, ne me semble pas problématique en soi. Que chacun cherche à se rendre plus beau, quels que soient les atouts donnés par la nature, m’agrée. Ça me semble très humain et partagé par les hommes et les femmes dans beaucoup de cultures.
    Evidemment l’intérieur mérite d’être rendu plus beau plus encore que l’emballage. Et hors de question de juger les gens juste sur leur physique.
    Je ne sais pas si j’ai été claire.
    Ah si, dernier point : l’épilation (partielle) intime permet d’augmenter les sensations tactiles me semble-t-il.

  8. Je ne suis pas une spécialiste du féminisme mais je suis une femme libre. Et je ne passerai pas d’un dogme à un autre. Si je m’épile (les aisselles, les jambes et le reste) c’est avant tout pour une question de bien-être personnel. Aucun diktat là-dessous. Je m’épile l’hiver et l’été, que je sois seule ou non. Sur une île déserte, je m’épilerai aussi.
    Concernant la pilosité des hommes, elle évolue. J’enseigne à l’université, mes étudiants ont entre 18 et 25 ans, de plus en plus se tondent le torse, les jambes et les aisselles (pour le reste, je n’ai pas avec eux ce genre d’intimité).
    Il me semble également qu’en orient, il existe une tradition d’épilation chez les hommes.

  9. Moi je dirai que c’est pas une question de soumission patriarcat mais une évolution.
    Maintenant, on a des Zara qui produisent de la doudoune chaude et pas (trop) chère, on a l’eau courante, du savon etc et ce pauvre poil qui sert de moins en moins à quelque chose va être amené à disparaître.
    C’est un peu comme l’histoire des dents de sagesse que m’a raconté mon dentiste : on en a généralement 4, mais de plus en plus de gens n’en ont que 3, 2, 1 voire pas du tout. N’en ayant plus vraiment l’utilité, le corps humain ‘comprend’ qu’il n’est plus nécessaire d’en ‘fabriquer’.
    C’est dingue hein.
    Bref, je pense que l’épilation n’est qu’une façon d’accélérer un processus naturel.
    Et si les mecs ont un peu plus de mal à s’y mettre que les filles, c’est juste pour l’unique raison que cela touche un point sensible : leur virilité.
    Mais t’inquiète, je reste persuadée qu’ils s’y mettront aussi. (je tombe de plus en plus sur des mecs qui s’entretiennent maillot et aisselles à la tondeuse)

  10. Je n’épile rien sauf l’été sous les bras parce que comme beaucoup de femmes je travaille au contact de client.e.s et ma patronne me ferait immanquablement une réflexion… Mais les jambes elle n’a jamais remarqué que j’avais tous mes poils.

  11. J’ai une approche très terre-à-terre.
    Il n’y a pas de problème d’hygiène, donc tant les poils de ma partenaire ne gêne pas l’accès, peu m’importe (et puis j’ai rien à dire, c’est son corps).

  12. Bonjour,

    Je résiste au dogme de l’épilation depuis maintenant deux ans, et ça a été pour moi une réelle redécouverte de mon corps et de ma féminité.
    Eclatons la tête à quelques préjugés encore bien ancrés:
    1. Non, le poil ca ne sert pas à rien: il permet (entre autres fonctions utiles) de réguler la température de notre corps, et donc la transpiration, est une barrière et une protection naturelle contre les infections bactériennes de la peau et des muqueuses, et nous protège des frottements. D’ailleurs les gynécologues mettent en garde contre l’épilation intégrale, source de cystites, mycoses, et les micro-lésions causées par l’enlèvement du poil sont susceptibles de s’infecter. il y a déjà eu des cas de staphylocoque doré.
    2. Non, s’épiler ce n’est pas une question d’hygiène, mais bien une question de choix personnel. Non, les poils ca n’est pas sale, c’est naturel. Sale, c’est quand on ne se lave pas. Et s’épiler (ou pas) n’a jamais dispensé de prendre une douche. Je connais d’ailleurs bon nombre de personnes parfaitement épilées et qui ne sentent pas le frais. D’ailleurs, pourquoi, dès lors, les poils féminins seraient-ils plus sales que les poils des hommes, puisque l’obligation touche principalement les femmes? Notre société de consommation, bien ancrée dans le patriarcat, inculque aux femmes, et ce dès le plus jeune age, la haine de leur corps au naturel, et que pour qu’il soit acceptable, il faut faire des tas et des tas de trucs. Ce n’est pas le cas pour les hommes.
    2 bis. Non, les poils ca ne sent pas mauvais. les poils ont pour fonction de réguler la transpiration, et donc, quand on garde ses poils, on transpire moins. Mais comme précisé plus haut, s’épiler ou pas ne dispense pas de la douche.
    3. Non, le but n’est pas de remplacer un dogme par un autre, une norme par une autre. Le but est de permettre à chacunE d’être libre et de faire ce qu’elle veut de son corps, ce qui n’est pas le cas actuellement. Un homme peut arborer sans souci des aisselles naturelles ou des jambes poilues, et meme laisser déborder sa toison de son maillot de bains. Pour les femmes il y a obligation normative de s’épiler. Des femmes se font railler et insulter en rue. En Suède, une présentatrice a meme recu des menaces de mort, car elle a osé se présenter à la tv avec des aisselles au naturel

  13. Olivia disait
    « N’en ayant plus vraiment l’utilité, le corps humain ‘comprend’ qu’il n’est plus nécessaire d’en ‘fabriquer’ »

    Non. Les poils pubiens et axillaires sont spécifiques à l’espèce humaine, ils ne sont pas un résidu mais ont été sélectionnés au cours de l’évolution. Ce n’est pas moi qui le dis mais le paléoanthropologue Pascal Picq, au début d’un docu consacré aux poils en 2011.

    « Il y a une croyance bien entretenue qui dit que l’homme est un animal qui a perdu ses poils. Or, pas du tout, nous avons une autre pilosité qui est, il est vrai, assez différente que celles des espèces les plus proches de nous, notamment comme les chimpanzés et les autres singes. »

    Pour le reste, j’aurais plein de choses à dire mais j’ai déjà tout décortiqué sur mon site qui reprend tout ce que j’ai appris sur la pilosité féminine(PF), depuis plus de 10 ans mais avec mes yeux féministes. Je me suis intéressé à ce thème et du coup, au féminisme depuis que ma femme se fait insulter à la piscine ou à la plage à cause de ses poils.
    Il y a une trentaine de chapitres : l’histoire de l’épilation contextualisée avec la misogynie, la sexualité, la pression sociale, le libre arbitre, les ados et la PF, l’attrait pour les corps lisses, la PF dans l’art et la littérature, le discours des intolérants, le point de vue des féministes, la PF au cinéma et dans les autres médias, etc.

  14. Etant un homme, je ne pense pas qu’il faille ressembler à un être velu. Je prends donc soin de mes différentes pilosités (barbe, poils dans le nez, oreilles, sous les bras, etc.)
    Mais je suis plutôt d’avis de raccourcir et égaliser plutôt que supprimer.

    Et je dois dire que l’épilation totale me gêne quelque peu. Chez l’homme comme chez la femme. C’est les poils qui font la différence entre un enfant et un adulte …

    Mais les goûts de mes partenaires sont également important. J’ai autrefois pratiqué l’épliation intégrale (aisselles, sexe et même les jambes) à la demande de ma compagne. Celle qui partage ma vie aujourd’hui me préfère plutôt poilu. Donc je porte la barbe de trois jours et mes aisselles sont poilues, sans que cela devienne l’anarchie.

    Pour en venir aux femmes, si je tiens compte de mon expérience, l’épilation me semble un conditionnement social. La justification qui m’ont été donnée par les femmes qui ont partagé ma vie ont été
    1) les femmes sont plus jolies, plus sexy, plus attirantes sans les poils
    2) je fais cela pour te faire plaisir (alors que je ne l’avais jamais demandé et que cela va contre mes goûts)

  15. Je trouve ça plus confortable et agréable l’été, s’il fait chaud, si je dois porter des tops sans manches ou un maillot de bain. En hiver, en général j’oublie et mon homme semble s’en accomoder très bien. Je verrai assez bien un monde égalitaire où hommes et femmes s’épileraient l’été et garderaient leurs poils l’hiver. Mais soyons clairs, il y a des parties qu’il me semble totalement ridicule d’épiler (ou pire, de décolorer).

  16. @ Pierre : moi, je me base sur ce que je ‘vois’ et, visiblement, aujourd’hui, on est nettement moins poilus que les hommes de Néandertal…
    Sinon, j’ai un peu du mal avec les mecs qui se proclament « féministes ».
    Si tu commençais d’abord par nous parler de tes poils à toi avant de nous raconter ceux de ta femme ? 😉

    Il y a chez les pro-poils, retour au naturel et tout l’bordel, autant d’intolérance que dans ce qu’ils dénoncent.
    Je ne suis pas une meuf qui bloque complet sur ses poils mais j’aime la sensation d’avoir la peau douce et lisse et je revendique ce ‘plaisir’ sans avoir a passer pour une victime des modes engendrées par les films de boules, une victime du désir masculin ou une victime de l’éternel jeunisme etc.

    Enfin, pour ce qui est des raisons de santé évoquées en particulier pour les épilations pubiennes, ça fait 15 ans que je pratique l’épilation brésilienne (ou semi-intégrale) et je n’ai jamais eu de problème. Donc.

  17. « Sinon, j’ai un peu du mal avec les mecs qui se proclament « féministes ». »

    Ah bon ? Le féminisme prône l’égalité et les hommes n’ont pas le droit d’être pour l’égalité ?
    Si j’avais une femme noire qu’on insultait pour sa couleur de peau et que je me proclamais antiraciste (je suis blanc), te poserais-tu la question sur mon « antiracisme » ?

    « moi, je me base sur ce que je ‘vois’ et, visiblement, aujourd’hui, on est nettement moins poilus que les hommes de Néandertal… »

    Tu as des photos de Néandertaliens ? Parce que ça m’intéresse. Lol
    Sand déconner, je parle des poils aux aisselles, au pubis qui sont une spécificité humaine. Bizaremment, tu ne parles pas des poils sur la tête. As-tu remarqué que nos ancêtres en avaient et que les singes en ont ? Vas-tu te les enlever pour ne pas ressembler à une guenon ? Ah ben non, zut alors. Eh oui, les poils qui dérangent sont les poils féminins liés à la puberté, pas les sourcils ni les cheveux.

    « Il y a chez les pro-poils, retour au naturel et tout l’bordel, autant d’intolérance que dans ce qu’ils dénoncent. »

    Je te remballe direct l’intolérance. Je suis féministe, donc pour le choix des femmes. Mais quand on te rabaisse et on t’insulte sans arrêt pour ton audace, le choix n’existe pas.

    Je me battrais pour une femme qui s’enlève les poils et qu’on insulterait. Je me battrais pour qu’elle ait ce choix. Je constate malheureusement que pour certaines personnes qui s’enlèvent les poils, celles qui les gardent n’ont qu’à assumer . Ma femme ne garde pas ses poils par rebellion mais parce que ses poils sont là et ils font partie d’elle, comme ses poils sur la tête. En fait, elle s’en fiche de ses poils. Mais pour certaines personnes, ce choix est inacceptable. Alors de fait, son geste devient politique mais il ne l’était pas au départ, ça fait 20 ans que je vis avec elle et personne ne l’insultait à l’époque, cela a changé vers 1995, pour empirer chaque année.

    Cet été, plusieurs dizaines de personnes m’ont rapporté leurs constatations à la plage ou ailleurs. Résultat, pas une seule femme avec des poils aux jambes/aisselles ! 100% des femmes en été sur une plage occidentale sont glabres, cela donne à réfléchir sur l’intériorisation de la norme. Comment imaginer que pour un aspect de leur corps, toutes les femmes aient le même avis ? Que diriez-vous si toutes les femmes avaient au choix

    – une queue de cheval
    – un dauphin bleu tatoué sur l’épaule gauche
    – un piercing dans le nez.

    Tout le monde s’interrogerait à raison sur cette unanimité, cela intéresserait les sociologues. Pour les poils féminins, rien de tout ça. En plus, il y a le business derrière : enlever les poils, ça rapporte des milliards d’€, ne pas enlever, ça ne rapporte rien à personne puisqu’il n’y a des produits que pour les poils sur la tête, pas pour les poils du corps.

    « Si tu commençais d’abord par nous parler de tes poils à toi avant de nous raconter ceux de ta femme ?  »

    Mes poils ? Je les garde. Pourquoi cette question ? Ceux des hommes ne dérangent personne, je parle d’une attitude sexiste de certaines personnes qui insultent ma femme mais pas moi alors que nous avons tous les deux des poils.

    Sinon, je t’invite à parcourir mon site, tout est bien expliqué sur les raisons de ma démarche mais aussi, sur tout ce qui fait que le glabre est une norme.

    « sans avoir a passer pour une victime des modes engendrées par les films de boules, une victime du désir masculin ou une victime de l’éternel jeunisme etc.  »

    Il y a qq années, un végétarien m’a dit «si tu manges de la viande presque tous les jours, c’est parce que tu n’as vu que ça autour de toi. Ton goût pour la viande n’est pas réellement ton choix mais un choix qu’on (tes parents, la société) t’a imposé». Je ne me suis pas braqué, je n’ai pas hurlé au « libre arbitre », j’ai très bien réagi à cette remarque et c’est vrai que je n’y avais jamais pensé. Je mange encore de la viande mais moins qu’avant. Reconnaître qu’on est conditionné/ influencé par des normes ne fait pas de nous des êtres faibles. Au contraire, c’est justement avoir son libre arbitre en se disant qu’on sait qu’on subit des influences.

    Tu es dans la norme, tu ne peux le nier. Que tes goûts correspondent à cette norme n’y change rien.

  18. Je suis un garçon. Et j’avoue qu’une femme avec des poils sous les aisselles me trouble terriblement. Il y a là dedans quelque chose d’une décharge érotique. Nous vivons dans un monde lissé ou les aspérités tendent à être éliminé, et dans ce monde là, le poil tout noir pas bô fait tâche. Il est l’élèment incontrolable, celui que nous ne maitrisons pas, appartenant à l’ancien monde de la bête. Inesthétique selon les canons de beauté actuels. Et pourtant à mes yeux, il est infiniment troublant sous les aisselles d’une belle femme.

  19. Je suis une femme qui pense que les poils ne sont pas inutiles, qu’ils ne sont pas sale, que hygiénisme invoqué pour justifier leur ratiboisage défend une propreté autant physique que spirituelle ou morale (un peu comme dire « les menstruations, c’est sale / impur »)

    Je ne m’épile pas, sauf la ligne sous les sourcils pour les rectifier, et c’est purement esthétique. S’épiler fait un mal de chien. La seule fois où j’ai tenté de m’épiler les dessous de bras, j’ai d’ailleurs littéralement pissé le sang et eut de très belles ecchymoses. Pour l’esthétisme, on repasse.

    Cependant je me rase les jambes et les aisselles, parce que j’ai malgré tout intégré qu’une jolie femme a une peau lisse et que j’ai la peau très blanche et les poils très bruns – raté pour le ton sur ton. Si je ne pense que que je cela ait de conséquences pour mes jambes (curieusement, on se rase pas les bras), en revanche, j’aimerais vraiment être assez détendue du slip pour ne pas me raser les aisselles, mais j’y arrive pas !

    Sans poil, la transpiration des aisselles marine contre la peau puisqu’elle ne peut pas être évacuée par le poil, les frottements et l’humidité, ça fait mauvais ménage et bonjour les irritations en tout genre ! Le seul moyen d’éviter ces irritations avec des aisselles lisses comme un cul de bébé, c’est de se tartiner abondamment de déodorant antitranspirant, autre aliénation consumériste et sexiste s’il en est, à laquelle je décide depuis peu de résister (éblouies par les arguments de mon compagnon, qui n’a jamais utilisé de déodorant, qui se lave et met des vêtements propres et qui ne sent JAMAIS la transpiration, même quand il a chaud)

    C’est en effet complètement dingue : on transpire pour lutter contre l’élévation de notre température interne, et qu’est-ce qu’on fait de ce mécanisme de régulation de notre température ? On le bloque à coup de produit chimique sous prétexte que « ça pue ! » et « c’est sale ! »
    Comme les poils en fait ! Et comme les poils qui, agressés, se mettent à faire n’importe quoi, des kystes sous-cutanés à la repousse face razpunzel, je pense qu’on produit d’autant plus de transpiration odorante qu’on s’est agressé les glandes sudoripares à coup d’alcool, de parfum et de sulfate d’aluminium et de potassium (qui, en plus, ne sont pas sans effet sur notre santé).

  20. L’épilation n’est pas le complément d’un processus naturel c’est au contraire très anti-naturel.

    Les poils sont des éléments de notre corps, les cheveux en font partie mais on le zappe très vite ! D’ailleurs beaucoup de soins pour cheveux sont proposés mais pas de soins pour les poils. Assez significatif.

    Je n’aime pas m’épiler, d’ailleurs je ne le fais encore qu’aléatoirement, en pleine conscience que ce n’est pas un soin mais une obligation sociale, et pour ne pas subir de regards désobligeants ou de moqueries. En gros pour etre tranquille, alors que si les gens étaient plus évolués/moins formatés, on en serait pas là dans le culte de la glabritude et de la soumission de la femme à ce diktat.

    Sinon je trouve ma toison pubienne très jolie, et pour rien au monde je ne la raserai ! Seules les jambes y ont encore droit de temps en temps, et les dessous de bras c’est encore plus rare.

    Je dois dire que je suis maintenant habituée à me voir avec mes poils.

    Je trouve les corps sans poils sans cohérence esthétique d’ailleurs, formatés, il manque quelque chose.

  21. Je m’épile sous les bras, pour une simple raison: l’hygiène; la transpiration y est retenue, et donc… ça pue! Mais j’admet avoir commencé, pour faire « comme mes copines », parce que tout le monde le fait ect. Si je m’épile facilement les aisselles, j’ai beaucoup plus de mal pour de mal pour le maillot. Je ne comprend pas cet acte, qui pour moi me rabaisse, m’humilie. Quant aux jambes, cela m’indiffère, et je suis plus souvent poilue que lisse à cet endroit !

  22. Valérie, concernant l’odeur avec les poils, si ce que vous dites est exact, alors les médecins prescriraient l’épilation comme méthode d’hygiène. Grâce à la pierre d’alun, je ne sens jamais, contrairement à des femmes glabres que je croise en ce moment. Et je transpire bcp moins. Pour celleux à qui elle ne convient pas, il y a des huiles essentielles, voir le blog de Raffa : http://raffa.grandmenage.info/post/2005/06/21/Transpirez…_Respirez…

  23. Moi, je compare les poils aux cheveux… C’est quoi, cette histoire de « peau lisse » ? Vous vous rasez la tête pour avoir le crâne lisse, aussi ? Et les sourcils aussi, et les cils ? Parce que je ne vois pas la différence.* Je pense qu’un corps humain est fait pour avoir des parties poilues, et des parties peu poilues. Pourquoi ne pas profiter du meilleur des deux mondes ? Personnellement, j’aime les poils, je trouve ça tout doux… 🙂 Beaucoup plus doux que mes jambes épilées ne le seront jamais, désormais.

    Le problème, c’est qu’une fois qu’on a commencé, les poils s’enlaidissent et on a de moins en moins envie de les garder… 🙁 Du coup, j’avoue que j’épile régulièrement mes jambes et dessous de bras, non pour être en tout temps « lisse » et épilée, mais plutôt lorsque mes poils atteignent des proportions qui m’impressionnent moi-même.

    Quant au regard des hommes, il y en a certains qui sont très misogynes ou formatés, mais de plus en plus, j’ai l’impression qu’il est fictif et interiorisé… Si on ne le leur dit pas, la plupart des hommes ne voient pas nos poils de jambes, en tout cas. (Les femmes en revanche les voient, j’en suis certaine…)

    * D’un autre côté, beaucoup de gens ont la fâcheuse tendance à comparer les poils des femmes à la barbe des hommes, mais 1) les hommes ne subissent pas autant de pression sociale pour se raser que les femmes pour s’épiler, 2) même les hommes qui ne se rasent pas doivent tailler leur barbe (comme on coupe ses cheveux) parce que s’il y a, effectivement, une pillosité qui peut devenir gênante, c’est celle-là. Les poils, que je sache, ça ne pousse pas indéfiniment.

  24. Voilà bien un sujet qui m’ennuie…non non pas dans ce sens!

    Il me pose problème car je suis d’accord avec le point de vue esquissé dans ce post, mais que je n’ai pas la force pour autant d’assumer mon corps poilu en public et surtout dans le couple.
    Je intégré cette norme au point de ne pas supporter l’idée que la main de quelqu’un.e d’autre que moi passe sur mes jambes non épilées.

    Du coups j’ai plaisir à voir des femmes poils aux aisselles dans le métro, comme leurs voisins masculins, à deux doigts de leur demander des conseils et de me parler de leur expérience en la matière 😉

  25. @Pierre : gaffe avec la pierre d’alun. On la présente beaucoup comme l’anti-transpirant naturel, c’est à dire sans danger pour la santé, en opposition aux déo à base de sels d’aluminium. L’ennui, c’est que la pierre d’alun est un sel d’aluminium et de potassium.
    On utilise beaucoup l’adjectif naturel et bio pour vanter des produits, forcément bon pour la santé, qu’on oppose aux produits chimiques et artificiel, mais ça procède un peu du même mécanisme qui assimile odeur et microbes

  26. De toute façon cette histoire de transpiration me semble parfois un peu exagérée. Il y a des femmes épilées de partout qui transpirent et font même parfois « négligées » (selon les critères de la masse j’entends bien), d’autres (rarissimes, certes) qui gardent leurs poils ne sentent rien de particulier. Quand on se lave, qu’on porte des vêtements dans de bonnes matières, qu’on met de bons déos et qu’on en change il n’y a pas de raison. Personnellement du moins je ne vois pas de différence avec l’époque où je me rasais.

    Une chose qui m’emmerde en tant que féministe : comme souvent, ce sont les femmes qui se préoccupent de ne pas sentir majoritairement, alors que l’écrasante majorité des hommes ne se pose pas cette question (et ne subit pas de diktat en rapport avec ses poils). D’ailleurs je trouve que l’été certains sentent bien mauvais mais je pense que c’est parce que qu’ils remettent plus souvent leurs tee shirts de la veille ou qu’ils se remettent du déo sans se laver les aisselles au préalable, et non parce qu’ils ont des poils.

    Enfin passons, ils ont le droit, eux (sans doute les restants du mythe du guerrier travailleur viril qui a sué sang et eau pour parvenir au besoin du clan ? ;op). Et nous nous devons nous préoccuper de la chose suivante : allons-nous être encore assez sexyyyy pour le chéri formaté qui est nôtre ? Pitié, stop.

    Quant aux articles de Simone et Cabanong je les trouve fats, vulgaires et emprunts d’une telle bêtise que je ne juge même pas utiles d’y répondre : toute personne dénuée d’un minimum de bon sens (et ce qu’elle s’épile ou non) comprendra là qu’il y a un gros problème qui a été soulevé à la base pour en arriver à une telle dose de méchanceté et de prétention.

  27. Hier, on est allés à la plage, mes poils et moi.
    Je me suis sentie LIBRE, incroyablement rebelle mais aussi un peu déçue :
    On a gambadé, en long, en large et en travers, sans susciter UNE SEULE réaction !
    Personne pour remarquer mon énorme travail en faveur de la parité sexuelle !
    Quelle plage ingrate.

    N’en pouvant plus de cette indifférence générale, j’ai fini par aller accoster un jeune homme, un jeune homme aux joues fraîchement rasées, et je lui ai longuement expliqué qu’il était VICTIME des modes de notre société, qu’il contribuait, en se rasant, à enrichir ces salauds de capitalistes que sont Gillette, Wilkinson, et Braun, et que c’était pas avec des moutons comme lui qu’on allait faire évoluer les choses.
    Un peu de dissidence que diable !

  28. « qu’elles se sentent plus à l’aise comme ça mais si c’était la seule raison il y aurait autant de femmes que d’hommes épilés et il me semble que ce n’est pas le cas »

    Il me semble aussi que cette question d’aisitude n’est pas le seul parametre. Peut-etre que s’il n’y avait pas ce mythe de la virilite, et cette montagne de flemme due a la possession d’une queue, et le fait que la sociologie separe les deux sexes sur le sujet, on verrait autant d’hommes que de femmes epiles.

  29. Je suis une jeune femme de 24 ans et je ne m’épile plus rien depuis 1 ans maintenant. Je suis très poilue aux jambes, maillots, aisselles. Je suis naturellement comme ça et j’ai décidé de m’accepter telle que je suis. Je me sens bien avec mes poils. Je ne transpire pas plus qu’avant sous les bras. Je n’ai aucun problème d’hygiène, je me douche une fois par jour. Je m’aime comme ça, avec mes poils. Je suis pour la liberté de choisir car on est tous différents. Je trouverais ça absurde qu’on me dise que je suis sale ou dégueu ou moche parce que j’ai des poils.

  30. « hygiène : Ensemble des principes, des pratiques individuelles ou collectives visant à la conservation de la santé, au fonctionnement normal de l’organisme » (Larousse).
    L’épilation altère et agresse la peau, prive le corps d’une pilosité utile (sinon elle n’aurait pas été sélectionnée par notre évolution -notre pilosité est bien spécifique à notre espèce-), dérègle donc certains systèmes comme par exemple le simple fait de guider la transpiration ou servir de barrière anti-microbienne… L’épilation c’est une antithèse parfaite de la notion d’hygiène, alors qu’on arrête de nous dire que c’est « pour l’hygiène ».

  31. Je peux répondre en tant qu’homme et en temps qu’humain.

    En tant qu’homme, je trouve aussi excitant les poils que le glabre chez une femme. De façon différente peut-être mais la raréfaction des poils en a fait une originalité attirante (peut-être une nostalgie d’une époque passée).
    Après il faut être honnête, une épilation du maillot complète ou quasi complète a quand même de nombreux avantages, c’est plus doux et cela évite d’avoir un « cheveux »sur la langue ou coincé au fond de la gorge quand on s’occupe de vous avec notre langue. (j’ai essayé d’être le moins trivial possible dans cette explication ;-)).
    D’ailleurs ayant réalisé que la réciproque était vrai, je pratique moi même la chose pour cette raison et aussi parce que deux peaux qui se frottent sans poils procurent plus de sensations.

    J’aime aussi l’idée que l’absence de poils pubien dévoile la complexité de l’appareil féminin là ou une toison fournie renvoie à une absence.
    J’ai entendu ma fille dire à son frère que le sexe des filles c’étaient Menegroth et celui des garçons Dorthonion!(que les amateurs de Tolkien décryptent) c’est quand même mieux que l’arbre sur la pelouse et la pelouse sans arbre et ça m’a fait bcp rire en plus.

    En revanche, ayant prié toute mon enfance pour enfin être « adulte » et ayant fêté l’apparition de mes premiers poils au torse à l’aube de l’adolescence et ne voyant pas l’avantage procuré par un torse épilé, je ne m’épile rien d’autre et me rase le moins possible (quoi que très souvent, la tolérance professionnelle à la barbe n’étant que peu répandue au delà de certains milieux créatifs – il y aurait bcp à en dire d’ailleurs sur les cheveux tolérés plus ou moins courts).

    Enfin, je crois que presque la totalité de mes potes qui avaient des poils sur les épaules ou dans le dos se les sont définitivement fait enlevés. Et ce ne sont pas vraiment des metrosexuels, c’est juste que finalement les amateurs de « bears » sont rarement des filles…

    Peut-être que c’est une question de norme sociale, qui cherche d’avantage à différencier les genres qu’à en assurer la domination de l’un par l’autre. Ainsi les poils sont tolérés à certains endroits chez l’homme (corps et parfois barbe) mais courts ou pas du tout ailleurs (tête, corps de dos). Notre monde occidental néanmoins permets de s’affranchir de ces normes (le prix à payer n’est que social, pas pénal)

    Après, je pense que c’st un choix très personnel et pas toujours lié à une problématique de domination d’un genre sur l’autre. J’ai été conçu dans les années 70 et près de la mer, le naturisme était pratiquement la norme dans mon enfance, c’était un dictat, il était très mal vu de se couvrir et auprès de certains amis de mes parents il était mal vu d’avoir les cheveux courts.

    De ce fait j’associe donc le poil « non taillé » à une forme de laisser aller prosélite et j’ai une certaine réticence avec les poils, c’est un truc qui fait trop « naturel », « biologique », pour moi presque animal.
    C’est aussi très identifié comme le truc d’une génération, nos parents avaient des poils qui caché à nos yeux que nos mères étaient aussi des filles, et donc qqch de presque incestueux. d’ailleurs je ne serai pas surpris que la génération dont la majorité des mères sont intégralement ou presque épilées plébicitent les poilues :-)! Mais c’est un point de vu personnel, au mieux générationel et qui ne vaut que pour cela.

    Maintenant, en temps qu’humain,
    J’assume le fait que l’on soit un animal, mais j’espère que la culture nous donne une originalité dans le vivant qu’il me plait à travailler.
    Pour reprendre un post précédent, j’aime les gens nus tatoués, percés ou rasé ou les gens habillés. Sinon, on est un peu « inachevés », que l’on n’a fait que profiter de son état, sans avoir cherché à se l’approprier, à le sublimer, à le poétiser, à l’humaniser… Mais c’est mon point de vue de l’humain.

  32. Mamie dirait de ne rien épiler, pourtant elle n’était pas spécialement féministe !
    Je pense qu’on peut totalement dissocier les deux et ne pas systématiser l’acte d’épilation comme soumission au patriarcat dominant. Certes, il est surement à l’origine de cette pratique. Mais maintenant, cette pratique est intériorisée (et non forcément subie) et de nombreuses femmes savent faire la différence entre s’épiler et savoir revendiquer ses droits de femme.
    Léa de Merci Mamie

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