Typologie de la baiseuse, Tome II

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Quand cette feignasse de Lilas Goldo m’a demandé de coucher suavement sur papier la suite de sa typologie non achevée de la baiseuse, cinq cas de figure me sont venus en tête. six en fait, mais ‘l’utilitaire’ relevant plus d’un cours de SVT, nous la zapperons allègrement et la laisserons procréer en paix.

ladies and gents, please welcome :

 

L’échaudée, ou la chatte qui craint l’eau froide

Elle a tout fait bien comme on lui a dit. ou en tout cas elle a fait ce qu’elle a pu. Mais bizarrement, va savoir pourquoi, ça ne lui a jamais vraiment réussi… est-elle trop impliquée, pas assez, pue-t-elle monstrueusement de la gueule sans qu’aucune AMIE ne lui ait jamais notifié?..

Toujours est-il que malgré toute l’implication qu’elle met dans la pratique du sexe, l’outil convexe reste un objet difficile à maintenir dans sa poche vulvaire.

Usée par la reconquête permanente du précieux, frustrée par ces disparitions répétées, aussi fulgurantes que cavalières, l’échaudée se méfie, fuit la facilité; elle se refuse à devenir celle qui suce pour qu’on l’aime, elle ne veut pas être victime et a tout de même à son avantage, une suffisante estime d’elle-même qui la pousse à se remettre en question pour s’adapter à la conjoncture.

Par le biais de mille précautions, elle atteindra son objectif : on la désirera, on en redemandera, sans quoi elle explosera. peut-être bien sur ta queue.

 

L’aventurière, et son odyssée de la fesse

Elle est curieuse, l’aventurière, sa soif de découvrir les gens et les choses de la vie a pris le pas sur le confort et la sécurité depuis longtemps. Elle saute allègrement d’un organe à l’autre, d’une position à l’autre, d’un contexte à l’autre avec l’aisance d’un bouquetin grimpeur des montagnes.

Elle ose, elle est sincère dans sa démarche et foutrement volontaire. Mais surtout elle est débrouillarde et s’arrange toujours pour retomber sur ses pattes en cas de glissade; l’aventurière, elle te fera pas chier sous prétexte d’avoir le Q explosé. Elle te contera une fabuleuse histoire d’alchimie, de légende personnelle accomplie qui te fera baver d’envie, toi, lectrice.

Elle se gratte les pompes sur la routine, s’essuie les pieds sur la monotonie, mais toujours avec dignité, son seul harnais de sécurité.

Sa recherche frénétique de sensations fortes la conduira pê un jour jusqu’à toi, lecteur, mari de la lectrice. Qui que tu sois, quoi que tu fasses, faudra que tu paies faudra que tu craches, et si tu n’as rien de bien extrême à proposer, TKT, son sac de rando utérin regorge de fantasmes inassouvis.

 

La philanthrope, la fuck friend sous sa cape d’invisibilité

La bonne copine, la nana toujours attentive aux besoins des autres. Elle n’aime pas te voir en chien, toi son ami.

Elle sait que c’est dur et parfois dévalorisant comme une période de chômage prolongé. Or, ce qu’elle veut, c’est ton bien, et chose amusante, ton bien peut aussi passer par son bien à elle. Banco!

Elle a largement intégré et s’est habilement approprié le concept du don de soi. D’elle en tout cas : avant de te redonner la confiance en toi que tu mérites -comme tout un chacun, tes potes par exemple-, elle aura pris le soin de te préparer des bonnes pâtes et de faire la vaisselle.

 

L’hygiéniste, ou celle qui a une conscience politique

Elle a déjà vécu un bon nombre de relations de toute sorte qui lui ont permis de parfaire sa connaissance de l’adversaire.

La nouvelle loi sur la prostitution la fait paniquer; elle s’imagine déjà, fuyant haletante et pleine de crasse dans les rues désertées style post-holocaust à la walking dead, poursuivie par des hordes d’hommes dépourvus de libre arbitre, errant le regard vide, braquemards tendus à l’extrême, insatiables, en quête mécanique d’une vulve qui trainerait encore par là (la grande majorité ayant été exterminée par pulvérisation).

Elle baise en 1er lieu pour sa propre hygiène, certes, mais ne sait pas rester insensible devant Barnabé surpris à s’astiquer comme on poncerait une rampe d’escalier, seul, misérable à ses yeux, dans la cuisine à 3h du mat’.

Ça ne fait aucun doute : Barnabé est en souffrance, et son prénom de merde n’y est pour rien; un mal le ronge, il tente de le faire sortir (TRES maladroitement) et ça ne peut que dégénerer. Face à ce spectacle angoissant, elle ne peut rester impassible. Elle doit s’impliquer, s’engager. Il en va de la survie de la civilisation. Quel que soit le fléau, elle mettra un point d’honneur à en être le sérum, c’est son devoir, sa contribution à un monde plus sain.

 

Celle qui a dit ‘NON’ 

Elle fut jadis amoureuse, aventurière, échaudée, vengeresse, pompette.

Elle l’a aimé, le sexe, et elle l’aime toujours en fait. Mais elle a découvert, compris et accepté qu’il existe d’autres sources de bonheur que la course au biniou, différentes mais non moins intenses si appréciées à leur juste valeur.

Bien sûr, elle a eu peur au début. Bien sûr, elle a douté, pensé à consulter : peut-on vraiment être libre A CE POINT?

Décontenancée par cette vertigineuse sensation nouvelle, elle la joue discrette face à la meute d’amies, de sœurs, de quasi-inconnues qui inlassablement la plaignent : ‘ben alors, et toi?? – faut qu’on te sorte! – nan mais tkt ça va revenir.’

C’est étrange, comme un super pouvoir qu’elle doit impérativement passer sous silence… De toute façon, on ne la croirait pas.

De temps en temps il lui arrive d’en revenir à la vie terrestre, lorsqu’une belle occasion lui passe sous le nez, elle ne s’en prive pas. Le rabbit en silicone sans phtalate comme le gode organique, ils restent les bienvenus, à la condition formelle de se ranger bien docilement dans leur boite à la seconde où elle l’aura décidé.

Oui elle jouit celle qui a dit non, elle jouit fort de son orgasmique émancipation.

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