Tattoo faux.

Blouse blanche et fille de mauvaise vie.

 

Avant, c’était quand même autre chose que du pipi de schtroumpf.

J’ai du sang salé qui coule dans mes veines, une histoire familiale que le sel des vagues a longtemps léchée, rongée, un passé hanté d’aïeules qui toute leur vie, ont attendu, ont continué de mettre une assiette supplémentaire sur la table pour l’absent, pour l’homme parti en mer qui ne reviendra plus. Du sang âpre et tulmutueux, du sang de marins-pêcheurs. Mon arrière grand-père fut le dernier de cette lignée de sombres héros de la mer et même si notre rencontre fut des plus furtives, il a marqué ma petite enfance. Un très vieil homme, assis sur une petite chaise, tout occupé au ramendage de ses filets de pêche. Je me souviens de son regard perçant, de son visage salement malmené par les vents sans pitié du grand large, de ses mains gigantesques, presque monstrueuses et des chansons qu’il fredonnait en catalan. Et je me souviens plus encore, des tatouages qui recouvraient ses bras. J’étais petite, encore toute tendre, et ces bleus sur sa peau me fascinaient tout en m’effrayant à la fois. Il faut dire que l’homme en lui-même était déjà un personnage impressionnant, plein de contrastes quelque peu déstabilisants ; rude au coeur précieux, il était connu dans toute la région pour sa capacité à pouvoir soulever des rails de chemin de fer à la seule force de sa machoire et il me fabriquait, de ses mains de pirate, des délicats petits trains avec des boîtes d’oeufs vides. Et ses tatouages étaient à cette image là, un mélange de violence, de corps martyrisé et de choses trop belles pour être dites qu’on se grave dans la peau. Il arborait fièrement sur l’avant-bras, presque toute sa vie : l’incontournable ancre de marine. Le reste, abondamment délavé par les coups de mer restait difficilement discernable. Son dos quant à lui, était presqu’entièrement recouvert par une fresque de vignes et des grappes de raisins ; son pays. Ma grand-mère m’avait raconté par la suite que ce tatouage, il l’avait fait un soir de beuverie, sur le coin d’un comptoir d’un tripot de marins et qu’il était toujours resté inachevé.

Rose Tattoo, y a un boa dans la vitrine et des cadavres de bouteilles sur le comptoir.

J’ai grandi, on a enterré mon arrière grand-père et ses trésors indélébiles et alors que j’étais encore outrageusement mineure, j’ai supplié mon père pour qu’il m’emmène chez le tatoueur. Je voulais une étoile. Oui je sais, c’est aujourd’hui d’une banalité affligeante mais à l’époque y en avait pas et c’était MON IDÉE ! Bordel. Le tatoueur, 150 kilos de muscles rugueux et une larme encrée au bord de l’oeil, m’a juste demandé abruptement : « une étoile ? Pourquoi une étoile ?? » Parce qu’une petite étoile, elle est capable de guider le marin dans la tempête.

Se faire tatouer le prénom de ses gosses, c’est un peu comme si on avait tourné Easy Rider en trottinette.

Aujourd’hui, on se fait tatouer comme on va chier un coup. A la chaîne, dans des salons aseptisés après avoir choisi son modèle sur catalogue. Longue et triste cohorte des tatouages vides, des tatouages qui ne veulent plus rien dire, ou le principe du désolant tattoo « fashion ». Un petit français pur beurre optera, sans sourciller, sans trop se poser de questions non plus, pour un tribal géant dans le dos, pendant qu’un autre, les couilles grosses comme des noisettes et parfaitement à jeun commettra l’acte fou de graver à jamais sur sa peau, le nom de son gamin. (ça peut pas t’demander le divorce, un môme.) Quand je vois toute cette flopée de petits sigles japonais et autres dégueulasseries baveuses dans l’même genre, j’en arrive à regretter le mauvais goût des trois points, Mort aux Vaches. Les crèmes anesthésiantes et les gants en latex ont remplacé le goudron et les aiguilles rouillées. Le tatouage n’est plus une histoire de tripes, juste de fric. Il a perdu en cours de route sa mauvaise réputation et son sympathique bonus « hépatite offerte ! » L’âme du tatouage agonise et des gars aussi foireux que Pascal Obispo ou M.Pokora (pour ne citer qu’eux) se chargent de l’achever à grands coups de talon métallique.

Ben oui, je sais bien bambino, c’est moche et c’est triste.

@LilasGoldo

 

26 commentaires

  1. Sur la forme et sur le fond c’est une réussite. Très bon texte. Ton meilleur. Le parallèle entre l’authenticité des anciens et les artifices de la modernité est particulièrement rendu. C’est bien vu, bien visé et servi par une belle écriture. C’est beau, émouvant, piquant. Chapeau !

  2. Merci ça me touche, parce que ça s’voit peut-être pas trop mais ce billet, je l’ai écrit avec l’encre de mon sang et mon coeur en buvard.
    (rho je vais me lancer dans la poèsure, tiens.)

  3. Si justement ça se voit…. Ma première réflexion intime après l’avoir lu c’était de repenser à ce que disaient des types de l’envergure de Thoreau et Bukowski. A savoir qu’il est de loin préférable d’écrire sur des sujets qu’on a éprouvé dans sa chair. Ben ça c’est vu petite et le résultat est là: c’est un fort beau texte. Tu as trouvé une voix dans ta chair. Là non seulement on t’admire mais en plus on t’aime mieux.

  4. @L’abbé Alistair BG : je comprends tout à fait ce que tu veux dire mais c’est pas toujours évident de se foutre à poil pour écrire, surtout sur un blog. Moi j’ai besoin d’alterner, un peu de vrai et beaucoup de « léger » juste pour me convaincre que rien n’est bien sérieux.

  5. Il y a une alternative… Inclure dans un même texte authenticité, gravité, légèreté, humour… Bukowski faisait très bien ça….

  6. Ouais et alors? Ce n’est pas parce que tu es précédée par de grands auteurs que ça t’empêche d’écrire et de trouver ta voix et de chercher la bonne mesure. Hein non?
    Et puis je ne suis pas certain que la pudeur ait été une raison majeure de l’alcoolisme de Bukowski… Pour Kerouac je pense que l’alcool lui permettait de tenir les choses et les êtres à une distance convenable…
    Au travail Lilas!

  7. gnagnagna c’etait mon idee, gnagnagna j’etais la premiere, gnagnagna mon arriere grand-pere il etait tatoue donc moi j’ai le droit mais pas les autres!!!! Maaaiiiiis heuuuuu!!!!!!
    Pitoyable. Digne d’une merdeuse de 16 ans.
    Que ce fut ton idee ou non, se faire tatouer une etoile c’est de la merde. Tu travailles sur un chalutier? Non, alors qu’est-ce que tu ouvres ta gueule?
    Le tatouage, c’est un truc de taulard, de mafioso, c’est un truc qu’on te fait pour effacer ton integrite et t’integrer de force a un groupe. Y’a que les cons et les connes comme toi pour s’en faire faire volontairement.

  8. Très bel article, plein d’émotions et de vécu…
    J’adhère complètement : mon tatouage, c’est à 12 ans que j’ai décidé de le faire (j’y pensais déjà avant), et j’ai attendu (im)patiemment ma majorité pour pouvoir me faire « graver », toujours avec cette même idée fixe, cette détermination… le motif représente beaucoup pour moi, comme l’étoile pour vous…
    Mais j’ai craqué, je l’ai fait un mois avant mes 18 ans (à l’époque, c’était facile, on ne demandait pas de pièce d’identité, et fallait pas signer de décharge), mon cadeau de noël perso en somme…
    Merci pour ce partage!

  9. C’était juste une boutade Lilas Proust.

    Qu’elle ne te plaise pas c’est un fait mais dégonfle un peu STP

    Effectivement à part te faire lécher le cul t’es pas si ouverte que tu veux le laisser paraitre dans tes écrits.

    Et puis entre nous, ma cave, j’y vais plus depuis que tu y es !

    Aristocrac

  10. Mouais.. c’est vrai que le gosses ont ridiculisé le tatouage pure et dur, pas le tiens, celui fait à la lame de rasoir car ta rien d’autre en taule.

    Bon toute façon un tatouage pour ton amant/amante c’est du vol de peau !

  11. @aristo Ouai t’as vu on adore se passer la pommade entre rédacteurs, s’auto-congratuler et en plus on en est fier. Mais si on peut te lire ailleurs que dans les coms de mégaconnard, c’est avec plaisir qu’on viendra te chier dans les bottes. En fait c’est pas désagréable de prendre le melon et de regarder tes petites frustrations s’exprimer à longueur de com. Etre détesté par des internautes insignifiants et non-influents (frisson de mégalomanie) c’est à la limite de l’orgasme. Insulte nous encore un peu s’il te plaît, prends une heure ou deux de ton temps libre (23 heures par jour je suppose) pour me faire de loooongs commentaires bien « grrrrrrr ». Ça me donne l’impression de regarder un petit clebs montrer ses minuscules quenottes inoffensives. Rhooo choupinet a pas eu son susucre et ses deux likes FB? Allez, wouf wouf, fais-moi rêver et t’auras le droit de me renifler les boules.

  12. Cher et tendre Molser fucker,

    Je te trouve attendrissant et je respecte ton point de vue, j’ai bien compris qu’ici c’était le temple de l’endogamie, on ne touche pas au totem et porter un jugement qui n’est, et ce malgré tes injonctions, qu’un reflet de l’objectivité qui te manque, c’est tabou !

    On ne doit pas, ô grand Dieu, émettre une seule critique qui irait à l’encontre de la tribu !

    Pourquoi te sens-tu obligé de parler au nom de ceux qui ne se sont pas manifesté ?

    Tu serais l’élu ? OOOHHH

    Tu me demandes, non tu me défies, de publier autre part que dans les coms de Megaconnard, il n’y a aucun problème je suis prêt à m’inscrire sur le site, celui- là même où il semblerait que tu y joues ta vie, pour publier mes écrits et accepter avec toute l’humilité qui est la mienne, contrairement à ta conclusion hâtive qui n’est fondée (on le verra par la suite) sur absolument rien de concret, les critiques qui me seront adressées.

    Mais vois-tu, il est impossible de s’inscrire sur le site, il y a un message qui indique que les inscriptions sont stoppées jusqu’à nouvel ordre.

    Donc ta première invective est infondée.

    Pour ton information, j’utilise avec bonheur le temps qui m’est imparti, je suis heureux et chaque minute de ma vie me donne envie de connaître la suivante.

    Pour ma part je ne me permettrai jamais d’émettre un jugement sur ce que tu fais de ta vie, car 1/ je m’en contrefous 2 /rien ne me donne le droit de le faire.

    Ensuite tu résumes mes interventions à des étrons, de quelles interventions parles-tu mon grand ?
    Parce qu’à ma connaissance, j’ai écrit ça :

    « C’est plutôt pas mal écrit, y a du style et on sent le vécu. » La carpette à foutre

    « Il n’y a que ceux qui prennent le risque de dévoiler une part de leur âme qui méritent le respect. » La carpette à foutre

    « Continue ma belle, plus ça gueule, plus ça hurle, plus tes écrits seront détestés et plus l’acide de tes mots rongera la frustration de tou(tes)s ces mal(e)s baisé(e)s. » La carpette à foutre

    Ensuite j’ai adressé une réponse aux attaques qui me semblaient injustifiées de la part de Saoul

    « Vla ti pas ma surprise quand ce matin en petit curieux que je suis, je viens me ballader en gondole sur le long fleuve de commentaires qui heureusement est essentiellement engendré par la qualité du papier de Lilas Goldo » La carpette à foutre

    Ensuite J’ai éteins le feu avec Saoul avec qui il était de toute évidence impossible de discuter

    J’ai également réagi au papier de « Lemaire » dans un premier temps de manière à établir un dialogue constructif

    « Benjamin,
    Il y a un splendide numéro spécial de courrier international (canard que j’adore) qui indique quels sont les facteurs qui expliquent que cette série a conquis le monde.
    Je t’en fais une brève synthèse : » etc…

    J’explique par la suite pourquoi je combats le genre de comportement qu’il génère.

    Ensuite il est vrai (personne n’est parfait, ha si, toi, pardon), j’ai sorti 2-3 conneries pour détendre l’atmosphère et je te rappelle qu’il n’y a pas plus méprisant qu’un silence !

    Alors, vois-tu, ce que tu considères comme de la merde version santiag, ce que tu considères comme une prise de melon, n’est rien d’autre que la manifestation d’une envie de ressentir la liberté de débattre et d’exprimer ses opinions, tout comme toi !

    Quand tu parles d’être détesté par des internautes insignifiants et non influents, de quoi et qui parles-tu ?

    Si tu parles de toi en tant qu’être détesté sache que personnellement je ne te déteste pas car je ne dispose d’aucun élément me permettant de pouvoir le faire, ce qui fait donc au moins une personne qui ne te déteste pas.

    Et puis si c’est de cela dont tu parles et je pense que c’est le cas, ce n’est pas le melon que tu as, c’est une plantation de pastèques, mon grand ! Et puis prend ton orgasme ou tu peux, perso je m’en fous également !

    Pour les insultes, je t’ai expliqué, non, je t’ai démontré que ce n’était pas le cas. Bin oui cela aurait été trop facile 😉

    Je te rejoins sur le fait que je fais de longs commentaires, tu sais pourquoi Lucky-Luke ?

    Parce que j’aime la nature humaine et que je me dois de faire comprendre à mon interlocuteur que le temps que je lui accorde, c’est une marque de respect.

    J’espère t’avoir convaincu qu’à l’avenir, avant de dégainer cherche au moins à établir un dialogue comme je l’ai fait avec Lilas, Rosa P, Saoul, Benjamin, La Rotule etc… et toi mon grand.

    Le dialogue ce n’est pas tout le temps faire voir qu’on vaut mieux qu’un autre…

    Aristocrac

  13. OK ça confirme exactement ce que tu ne veux ou ne peuX pas lire ! (j’ai corrigé la faute, rien que pour toi mon ange)

    Merci Molser

    Aristocrac

  14. Je crois que tu n’as rien compris pauvre con, tu te la joues « j’te calcule pas parce que t’es qu’un clébard » mais qui c’est qu’est venu me renifler le trou de balle avec la queue qui frétille ?

    C’est toi mon grand poto

    Regarde bien et essaie de te souvenir de ce que tu as fait à 18h37 alors qu’aucun de mes posts ne te concernait !

    C’est toi qui faisait le beau et c’est moi qui t »ai donné une croquette !

    Allez Waf Waf

    Aristocrac

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*