Confessions d’un vendeur dans le plus gros sexshop de Pigalle

Cette semaine sur Megaconnard, on a rencontré une personne atypique, Emile, bourré d’anecdotes toutes plus « juteuses » les unes que les autres…

Focus sur un métier plein de clichés dans le royaume du sexe Parisien.

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Sexshop de Pigalle

 

MC : Salut Emile

E : Salut

 

MC : T’as quel âge ?

E : 24

 

T’as bossé combien de temps  là bas ?

J’ai bossé environ 6 mois, j’ai pris ce job en été, 3 à 4 jours par semaine, et à la rentrée je faisais la nuit le weekend. C’était pour la thune, je cherchais un taff rapide, je sortais de l’école, pas d’argent…

 

Toi tu faisais quoi comme études ?

J’étais à l’EFAP, j’avais fini mon diplôme, et tu sais quand tu finis ton diplôme le deal parental s’arrête, du coup fallait trouver de la thune.

 

Ecole des attachées de presse, sexodrome, comment ça s’est passé ?

Je cherchais un travail rapide, je n’avais jamais testé vendeur.  J’ai trouvé l’offre sur un site de petites annonces sans préciser exactement ce que c’était, j’envoie mon CV et on me répond en me proposant un entretien, je le passe et ils me prennent.

 

La question qui suit est logique, c’était quoi l’entretien pour bosser dans un sexshop ?

 

C’était glauque.

 

Quels types de questions ?

C’était que des techniques de vente en fait, ça aurait été des fringues c’était la même. Est ce que vous avez le contact avec le client ?… on avait aussi la fiche avec comment aborder le clients en plusieurs étapes. Un vrai VRP du cul.

Après quand t’es pris tu as une formation de 3 jours, tu suis une vendeuse qui est là depuis longtemps. 5000 produits, tu peux pas tout connaître, mais au final tout est pareil, quand tu vends un god c’est la même fonction que tous les autres. Ce qui change c’est la matière, les piles, les formes…

 

T’es devenu un expert un peu ?

Franchement c’est horrible mais ouais, par la force des choses, quand je discute avec une pote et qu’elle me dit qu’elle a un sextoy, je lui demande « ah c’est quelle marque ? c’est tel silicone…

 

C’est du travail allemand de qualité…

Il y a des très bonnes marques allemandes, les meilleurs sont les allemands et les japonais.

 

 

Avant de rentrer dans les détails et les anecdotes « croustillantes », c’est bien payé ?

Non, c’est payé comme un vendeur lambda de fringues. C’est juste que je trouvais ça drôle et instructif sur le genre humain. Tant qu’à faire un boulot chiant, autant faire un truc qui est drôle.

 

Est ce que ça t’est déjà arrivé qu’une cliente te trouve autant à son goût que les produits que tu vendais ?

Ca arrive assez souvent. Elles te le disent en rigolant, « est ce qu’il y a le vendeur qui est vendu avec ? » des trucs comme ça. Ca reste toujours mignon.

T’as tous les âges.

En fait dans n’importe quelle soirée, dans la rue. La plupart du temps tu regardes le public autour de toi et tu juges en disant « elle c’est une salope, elle; elle est soft…etc » et en fait après avoir travaillé 6 mois au sexshop je ne peux plus jamais dire ça. Parce que en fait j’ai vu des filles, des mecs, des personnes, de tous les styles et de tous les âges, ça pourrait être ta mère, ta petite sœur qui achètent des choses que jamais tu ne pourrais imaginer, jamais.

 

C’est quoi les plus gros « trucs » que tu as vendus ?

En sextoy ? Ce sont les art toy, genre 50 cm, large comme ça, qui ne sont pas faits pour le vagin, c’est uniquement pour l’anal. Ce n’est pas fait pour le vagin, ça ne rentre pas…

Là c’est un autre délire, en forme de botte, en forme de poing…c’est presque une performance artistique, un dépassement de soi.

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Ca vaut cher ?

Ouais les bons sextoys c’est plus de 100 balles, 150 balles, et ça se vend bien.

50 % de la clientèle c’était des touristes. Mais pour 50 – 80 euros, on a déjà quelque chose de bien. Après c’est comme tout choisir entre un jeans Levi’s ou APC.

 

T’avais des clients réguliers ?

Ah ouais ouais, t’avais les cabines à l’étage, ça c’était glauque, t’avais des mecs qui venaient 5 fois par jour. Petit café, petite branlette, petite pause.

Genre tous les mecs de sécurité de Pigalle, ils venaient quand ils avaient une pause de 30 minutes. T’avais les clodos qui venaient se poser au chaud 2-3 h dans les cabines, t’avais de tout.

 

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Maintenant on va rentrer dans le dur, les pires trucs que t’as vus ?

Moi les trucs qui m’ont choqué, je ne suis pas prude mais…les esclaves sexuels c’est très bizarre à voir. Un jour j’ai une femme, 30 ans, magnifique, superbe tailleur, la totale qui entre avec derrière elle à un mètre un mec en costard, montre en or et petit collier avec une boucle au bout, la tête baissée. J’étais au rayon SM et elle me demande une laisse. Je lui dis qu’on a des laisses en cuir etc et elle me demande si on n’a pas des laisses en chaine ?  Je lui demande pourquoi et elle me dit « qu’il les tire trop et qu’il les casse. » Je ne sais pas si t’imagines.

Une fois j’ai un papy, 70 ans, petite chemise en lin, lunettes demi lunes, t’as envie de boire le pastis avec lui. Il était avec trois nanas de 50ans , c’était ses trois soumises et il faisait ce qu’il voulait avec. Il en a envoyé une à chaque étage. Moi j’étais au rez-de-chaussée, elle m’a demandé c’était quoi le plus gros god à cet étage :  Je lui dis qu’on a la réplique de on Holmes, l’acteur des années 70, le plus gros qu’on avait à cet étage, elle me dit : « ça me rassure, je dois me le foutre en entier dans le cul ce soir, je suis contente que ce ne soit pas un art toy… »

 

T’avais la mère et la fille qui venaient prendre des conseils pour acheter un god ensemble…t’avais de tout.

 

La question classique ?

La question classique dans un magasin de fringues c’est que tu demandes la taille, là tu demandais si t’étais plutôt vaginale ou clitoridienne …

 

En anecdote tu as quoi d’autre ?

En anecdote bien dégueulasse t’avais tous les papys à 9h du mat’ qui venaient acheter des DVD scato. T’avais des mecs trop pointus en vidéo, oui est ce que vous auriez tel d-type de film, il a été tourné en 96 avec tel boite de prod.

 

Les objets ?

Au rayon SM tu avais des trucs mais mon dieu. T’avais des plaques en bois pour la fessée, avec en bout de plaque des semelles de Timberland…t’avais des trucs électriques aussi, genre des gants en cotte de maille que tu reliais à une petite batterie, t’avais des gods à urètre électrifié…on vendait des cages, des croix…

 

Ce qui était très drôle c’était les petites meufs qui venaient en groupe pour s’acheter des jouets dans la boutique et quand tu sortais le soir en terrasse, elles te reconnaissaient et en mode tu sais ce que tu as dans mon sac, ferme ta gueule mais merci, c’était drôle.

 

 

Si maintenant vous voulez travailler avec Emile, il est DA en freelance, voici son site  , il saura très bien vous conseiller…

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4 commentaires

  1. Merci Emile (collègue Efapien de surcroît), pour cette interview fabuleuse, riche en anecdotes, en authenticité… bref, une interview qui tranche…

    L’Efap mene a tout, même a faire prof de plongée sous les tropiques. Intéressant d’avoir le témoignage de l’intérieur d’un sex shop, un peu trop rare sur un sujet pourtant de plus en plus commun.

    Merci Superconnard ! Heu Megaconnard pardon. Ok Faites pas chier.

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