Family Business.

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Tu sais, connasse, j’t’avais pas vue venir.

Je me souviens encore de mes plus belles années avec ta petite sœur. On s’marrait bien.

On enchaînait les shots de vodka sur les abdos d’acier du barman, on se faisait des 5 à 7 bien crades dans les chiottes du VIP Room. On avait peur de rien, personne ne pouvait nous arrêter. Ivres mortes, on attendait un taxi à Concorde, 4 du mat’, talons de 12. On gerbait sous la porte cochère et on montait les escaliers en titubant. Mêmes défoncées, dans le miroir de l’entrée, putain, ce qu’on était belles.

Elle a commencé à faire la gueule la première fois que je me suis maquée. Forcément, l’ambiance dîner à table, tous les trois, avec mon mec qui la prenait de haut, elle a moyennement kiffé. Comme un diable sur mon épaule, elle me suppliait de lâcher mon tablier de pute repentie bien sous tout rapport, de foutre mes pommes de terre au four dans la poubelle électronique qui m’avait coûté un SMIC et de me tirer de ce mouroir. Elle voulait qu’on sorte, qu’on danse, qu’on s’enivre, qu’on baise, qu’on ne réfléchisse surtout pas, qu’on se lève tous les matins avec une gueule de bois, une migraine qui nous force à s’hospitaliser à Saint-Anne.

Elle voulait simplement qu’on reste ensemble pour toujours.

Mais le couple, ça la faisait gerber, ta sœur. Elle exécrait ça. Elle aurait préféré finir dans une boîte échangiste plutôt que de s’aliéner pour un mec.  Alors évidemment, quand mon ex m’a plaquée, elle est revenue en miaulant, tous démons dehors, me faisant les yeux doux et me promettant mille caresses.

Mais le charme était rompu et tu me semblais plus attractive, déjà. Plus belle, plus douce, plus tranquille.

Toi et moi, on est devenues proches. De plus en plus proches. Trop proches. Je t’admirais un peu, je te jalousais souvent.  Tu acceptais mes choix, mon mec, ma vie. Mais au fil du temps, on est presque devenues jumelles. Tant et si bien que je l’ai oubliée, l’autre. Toi et moi, on passait du temps à écrire, penser, aimer simplement.

Mais je dois t’avouer un truc. Plus que tout tu m’effraies. Tu me parles d’infinité, de tempérance, d’abnégation, de choix et d’avenir. De putains de crédits immobiliers, crèmes de jour, crèmes de nuit, crèmes anti-rides et de smoothies detox.

Au fond, qu’est-ce que je m’en branle de l’avenir ? Qui de toi ou de ta sœur à raison ? Et si vivre c’était simplement survivre ? Et si, y’avait ni amour toujours ni promesses ? Et si j’avais pas envie, comme tu me le conseilles, de baiser le même mec toute ma vie. Et si, bordel, j’pouvais vous mettre les deux dans une boîte en plastique et vous jeter dans la Seine ?

Tu sais, j’ai jamais compris pourquoi toi et ta sœur vous vous tiriez dans les pattes, comme des garces jalouses et assoiffées de mon âme. Comme si me posséder faisait partie d’un plan machiavélique familial.

Toi, Maturité et ta sœur, Jeunesse, vous n’êtes que deux putes. Je n’en ferais qu’à ma tête. Allez vous faire mettre.

 

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